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Le Canada devrait accroître sa capacité de fabrication de vaccins, pense un expert

Une fiole du vaccin de Pfizer-BioNtech contre la COVID-19.

Le Canada a prévu vacciner tous les Canadiens contre la COVID-19 d'ici le mois de septembre 2021.

Photo : Getty Images / Fredrik Lerneryd

La Presse canadienne

Le Dr Alan Bernstein, expert du milieu de la santé et membre du groupe de travail du gouvernement fédéral sur la COVID-19, estime que la pandémie devrait être considérée comme une occasion pour le Canada d'augmenter sa capacité de fabrication de vaccins.

Avec l'émergence de nouveaux variants du coronavirus, les Canadiens pourraient avoir besoin de plusieurs vaccins pendant de nombreuses années, croit le Dr Bernstein, qui dirige aussi l'Institut canadien de recherches avancées (ICRA).

Le gouvernement devrait s'y mettre le plus tôt possible, soutient-il.

Selon lui, le pays doit acquérir cette capacité de fabrication pour gérer les prochaines pandémies, ainsi que l'actuelle : avec les nouveaux variants, on aura probablement besoin de vaccins de deuxième et de troisième génération pour les deux ou trois prochaines années, explique-t-il.

Vendredi, Moderna a annoncé qu'en raison de retards de production, les prochaines livraisons de doses de vaccin au Canada seraient réduites. Pfizer avait déjà annulé une livraison entière de son vaccin contre la COVID-19 cette semaine, après avoir réduit son expédition précédente de 20 % en raison d'un ralentissement temporaire de ses activités pendant que son installation de production en Belgique est en cours de modernisation.

D'après le Dr Bernstein, qui est aussi fondateur des instituts de recherche en santé du Canada et membre du comité consultatif scientifique de la Fondation Bill et Melinda Gates, il faut s'attendre à des contretemps avec les expéditions de vaccins, mais cela ne devrait pas empêcher le gouvernement de faire pression sur les sociétés pharmaceutiques pour assurer des livraisons en temps opportun.

C'est une chose de faire un essai où vous fabriquez suffisamment de vaccins pour 60 000 personnes. C'en est une tout autre d'augmenter la production pour vacciner non seulement 35 millions de Canadiens, mais aussi environ un milliard de personnes en Europe occidentale et en Amérique du Nord, sans parler du reste du monde, a-t-il souligné.

Si Pfizer et Moderna tiennent leur promesse de livrer six millions de doses d'ici la fin du mois de mars, cela exercera une énorme pression sur le gouvernement fédéral et les provinces pour qu'ils finissent de vacciner en temps opportun jusqu'à trois millions de personnes dans les huit prochaines semaines, selon l'expert.

C'est beaucoup de gens à vacciner en très peu de temps. Les provinces aussi bien qu'Ottawa ont donc leur travail à faire pour exiger des comptes à ces entreprises, a-t-il avancé.

Selon le Dr Bernstein, le fait que les Canadiens s'inquiètent des retards dans la livraison des vaccins suggère que l'hésitation à la vaccination tant redoutée n'est peut-être pas aussi répandue que les experts de la santé le craignaient.

Les pays en voie de développement

Même si c'est contre-intuitif, les Canadiens et les citoyens d'autres pays développés doivent accepter que de 5 à 10 % de leurs approvisionnements en vaccins soient destinés aux pays moins développés, ajoute le spécialiste.

Sinon, dit-il, le commerce mondial et le tourisme international en souffriront, et ce sera au détriment de tous les États, y compris des pays riches.

Nous nous faisons des illusions si nous pensons qu'en vaccinant tous les Canadiens, nous serons en sécurité.

Une citation de :Le Dr Alan Bernstein

Nous ne le serons pas, car il y aura des mutations et des gens se déplaceront malgré l'interdiction des transports annoncée par le premier ministre, prévient le Dr Bernstein.

Cela signifie qu'un Canadien de 20 ans, par ailleurs en santé, devra peut-être comprendre qu'il n'est pas dans son intérêt de se faire vacciner avant une personne âgée d'un pays plus pauvre, précise-t-il.

Nous sommes une nation commerçante, poursuit-il. Si nous ne pouvons pas échanger nos marchandises avec d'autres pays, et vice versa, parce que nous ne voulons pas que des gens ou des objets provenant d'autres pays entrent chez nous, le jeune de 20 ans va souffrir parce qu'il va perdre son emploi.

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