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Le tiers des infirmières se disaient réticentes au vaccin contre la COVID cet automne

Quatre employés médicaux marchent de dos dans un couloir d'hôpital.

Les infirmiers et les infirmières qui travaillent dans les unités COVID seraient très largement favorables à vaccination, selon le président de leur ordre.

Photo : iStock

Le tiers des infirmiers et des infirmières du Québec éprouvait une certaine réticence face aux vaccins développés pour lutter contre la COVID-19, selon une étude publiée dans la revue Eurosurveillance. Une proportion élevée qui étonne l’ordre qui les représente.

Oui, ça nous surprend, affirme Luc Mathieu, président de l’Ordre des infirmiers et des infirmières du Québec (OIIQ), qui ajoute que c’est toutefois un phénomène connu qu’il y a de la réticence au sein du personnel infirmier concernant la vaccination.

L’étude en question (Nouvelle fenêtre) découle d’un sondage mené auprès du personnel soignant en France, en Belgique et au Québec.

Plus de 1000 infirmières et infirmiers québécois ont répondu au questionnaire proposé par Kodzo Awoenam Adedzi, du CHU de Québec, et par Eve Dubé, du département d’anthropologie de l’Université Laval.

Parmi les répondants, 31 % affirmaient être hésitants ou réticents face aux vaccins contre la COVID-19.

En France, cette proportion s'élève à 25 % parmi les 1200 répondants. En Belgique, ce taux atteint 24 %, mais seulement 414 personnes ont accepté de se soumettre au questionnaire.

Fait important à souligner : le coup de sonde a eu lieu en octobre et en novembre. À l’époque, aucun vaccin n’avait reçu de feu vert dans le monde occidental. Seul le Spoutnik V avait été approuvé par la santé publique russe.

Autres données

  • 92 % des infirmiers et des infirmières qui ont répondu au questionnaire ont confiance que la science peut développer de nouveaux vaccins sécuritaires et efficaces.
  • 87 % croient que les autorités de la santé sont en mesure de garantir la sécurité des vaccins mis en marché.
  • Seulement 60 % des répondants ont indiqué avoir reçu un vaccin contre la grippe saisonnière en 2019-2020.
  • 39 % estiment que l’efficacité et la sécurité d’un vaccin développé dans l’urgence, en pleine épidémie, ne peuvent être garanties.

Manque de formation mise en cause

Luc Mathieu croit que le manque de formation en matière de vaccination peut être en cause dans la résistance révélée par les résultats du sondage.

Une fois qu'un professionnel de la santé est bien formé, avec des informations basées sur la science, c'est difficilement compréhensible pourquoi elle aurait des réticences par rapport à la vaccination.

Luc Mathieu, président de l'Ordre des infirmiers et des infirmières du Québec

Par contre, il indique que les formations collégiale et universitaire n’offrent peut-être pas suffisamment de contenu concernant les processus biologiques et microbiologiques derrière les vaccins et sur le PIQ, le programme d’immunisation du Québec.

Luc Mathieu remarque cependant que le personnel soignant qui côtoie au quotidien des patients atteints de la COVID se révèle largement favorable à la vaccination.

Il y a très peu de réticence à se faire vacciner parce qu'ils voient ce que ce virus-là peut faire, souligne le président de l’OIIQ. Parmi ce personnel, il y a même une certaine fierté à se faire vacciner.

L’OIIQ rappelle par ailleurs que le code déontologique de leurs membres les oblige à baser leur intervention sur la science. 

Il faut être des modèles et inciter nos proches, nos collègues à se faire vacciner. Déontologiquement, ce serait inacceptable qu'une personne fasse campagne contre la vaccination.

Luc Mathieu, président de l'Ordre des infirmiers et des infirmières du Québec

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