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Il n'est plus viable pour les médias sociaux de s'autoréglementer, selon Facebook

Le directeur des politiques publiques de Facebook Canada, Kevin Chan, souriant, lors de son témoignage devant le comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique, le 19 avril 2018 à Ottawa.

Le directeur des politiques publiques de Facebook Canada, Kevin Chan, estime qu’il n'est plus viable pour les médias sociaux de contrôler eux-mêmes le contenu en ligne.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Il n'est plus viable pour les médias sociaux de contrôler eux-mêmes le contenu en ligne et le temps est maintenant venu pour les gouvernements d'intervenir, a déclaré vendredi le responsable des politiques publiques chez Facebook Canada.

C'est pourquoi le géant des médias sociaux accueille favorablement le travail en cours au gouvernement libéral pour mettre en œuvre un plan d'intervention, a déclaré Kevin Chan au Comité permanent du patrimoine canadien de la Chambre des communes.

À l'heure actuelle, ce sont des entreprises privées comme Facebook qui décident de ce qui est autorisé ou non sur Facebook, et nous pensons que beaucoup de gens sont insatisfaits, qu'ils veulent des règles publiques où il y a une responsabilité publique et démocratique légitime, a-t-il dit.

Je pense que ce serait certainement une bonne chose de nous l'imposer, dans la mesure où les législateurs peuvent s'entendre sur l'endroit où cette ligne doit être tracée.

Une citation de :Kevin Chan, responsable des politiques publiques chez Facebook Canada

Le ministre du Patrimoine Steven Guilbeault a indiqué au comité que les travaux sont en cours dans le cadre d'une réponse à trois volets aux défis que les plateformes de médias sociaux et d'autres grands fournisseurs de contenu Internet posent aux façons dont les médias au Canada ont été réglementés, financés et contrôlés jusqu'à présent.

Steven Guilbeault est assis à une table les mains jointes pendant une conférence de presse.

Le ministre du Patrimoine canadien Steven Guilbeault.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Taxation et discours haineux

Une partie de la réponse réside dans un projet de loi, déposé aux Communes, pour moderniser le régime de radiodiffusion au pays. Il faut ensuite déterminer comment les grandes entreprises du web sont imposées et, par la bande, comment les médias traditionnels sont financés.

Enfin, il y a le problème des contenus haineux en ligne, a rappelé le ministre Guilbeault. Un nouveau projet de loi devrait définir un cadre réglementaire sur les discours haineux, la pornographie juvénile et les contenus qui incitent à la violence, a déclaré M. Guilbeault.

Un organisme de réglementation, qui sera créé pour mettre en œuvre les nouvelles règles, aura le pouvoir d'imposer des amendes.

La comparution du ministre Guilbeault et de Kevin Chan devant le comité des Communes a eu lieu au beau milieu d'un débat sur la tension entre la liberté d'expression sur les plateformes numériques et les appels à une réglementation gouvernementale - certains craignent la censure.

Ce débat social a été particulièrement amplifié lors des émeutes meurtrières dans la capitale américaine du 6 janvier, qui avaient été coordonnées et facilitées par le contenu publié sur les réseaux sociaux.

Ainsi, plusieurs plateformes de médias sociaux ont désactivé les comptes appartenant à l'ancien président américain Donald Trump à la suite des émeutes : certains ont parlé de censure déguisée en protection de la sécurité publique.

« Un peu trop proche? »

Les deux hommes n'avaient pas été convoqués devant le comité pour débattre de ces questions éthiques et sociales. L'opposition voulait savoir s'il était approprié, pour Facebook, d'avoir demandé à des fonctionnaires du ministère de M. Guilbeault s'ils connaissaient un bon candidat pour un emploi au sein de l'entreprise.

Les conservateurs et les néo-démocrates se demandent si Facebook ne serait pas un peu trop proche du gouvernement, à un moment où de nouvelles réglementations sont envisagées pour encadrer ce secteur.

Kevin Chan et Steven Guilbeault ont rejeté ces allégations, arguant que l'affichage avait été largement diffusé dans les cercles publics et que rien de fâcheux ne s'était produit.

Le ministre Guilbeault a reproché aux députés d'avoir même soulevé la question, laissant entendre qu'ils essayaient de saper la confiance dans la fonction publique d'une manière qui sapait la démocratie elle-même.

Le Canada dispose d'une fonction publique de renommée mondiale et il est essentiel que nous ne les attaquions pas pour essayer de marquer des points politiques, a déclaré M. Guilbeault.

Je veux dire : nous avons vu le 6 janvier où cela peut mener, juste au sud de la frontière.

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