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La C.-B. devra payer 964 000 $ à un ancien agent correctionnel victime de racisme

Levan Francis, vu de profil.

Levan Francis a fait face à des insultes raciales et des agressions physiques répétées au travail (archives).

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Radio-Canada

Le Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique a ordonné à la province de verser une indemnité de près d'un million de dollars à un ancien agent correctionnel qui a été ciblé au travail parce qu'il est noir.

Dans sa décision sur l'indemnisation du 28 janvier, la présidente du tribunal a ordonné à la province de payer à Levan Francis un total de 964 197 $, plus les intérêts. Le montant comprend un montant de 176 000 $ pour atteinte à la dignité, du jamais vu en Colombie-Britannique.

M. Francis, 51 ans, a mis fin à ses 15 ans de carrière aux services correctionnels de la Colombie-Britannique en 2013 après avoir fait face à des insultes raciales et des agressions physiques répétées au travail au Centre de détention préventive North Fraser, à Port Coquitlam.

Il a déposé une plainte en 2012 et se bat depuis lors, un processus qui lui a coûté son domicile familial et sa santé mentale.

Malgré la décision, M. Francis dit qu'il reste déçu que les personnes qu'il croit responsables n'aient pas été tenues de rendre des comptes et que la province ait combattu sa cause pendant si longtemps.

Je suis tellement déçu du Canada. Je ne suis pas avocat, mais j'ai un cerveau. Je n'ai rien fait de mal. Le gouvernement de la Colombie-Britannique doit me guérir. Ils ont tellement essayé de faire dérailler ça, déplore-t-il.

Un précédent, dit son avocat

Son avocat, Larry Smeets, a décrit la décision de la présidente du tribunal, Diana Juricevic, comme établissant un précédent.

Je pense que c'est un commentaire sur le système judiciaire en Colombie-Britannique, dit-il.

Smeets a soutenu que son client devait recevoir 1,2 million de dollars pour couvrir les frais juridiques et la perte de salaire et de pension, ainsi que pour atteinte à sa dignité. Une précédente tentative de compensation des frais juridiques n'était pas couverte par la législation actuelle.

La province avait voulu limiter le dédommagement à près de 400 000 $. Mme Juricevic a cependant rejeté l'argument de la province selon lequel M. Francis avait une maladie mentale préexistante et avait aggravé sa propre situation.

Dans sa décision, Mme Juricevic écrit que M. Francis a été victime d'attaques et de représailles après avoir déposé sa plainte. Il a aussi été étiqueté avec des stéréotypes racistes malgré un excellent dossier de travail.

J'accepte le témoignage de M. Francis selon lequel sa maladie mentale s'est prolongée et aggravée par les événements survenus après son départ du travail, écrit-elle dans son jugement.

Après avoir déposé sa plainte relative aux droits de la personne en octobre 2012, M. Francis a souffert de dépression sévère et du syndrome de stress post-traumatique.

Mme Juricevic ordonne donc à la province de lui verser 264 060 $ pour la perte de revenus passée, 431 601 $ pour la perte future de revenus et 65 881 $ pour la perte de pension.

Elle a également ordonné le paiement de plus de 26 000 $ en dépenses et débours, ainsi que la somme sans précédent de 176 000 $ en compensation pour atteinte à sa dignité, ses sentiments et son estime de soi.

Avec les informations d’Yvette Brend

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