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Les règles entourant la circulation du journal The Epoch Times au pays pourraient changer

Une main tire un journal Epoch Times d'une boîte aux lettres.

La ministre responsable de Postes Canada serait en train de revoir les règles entourant la circulation du journal The Epoch Times au Canada.

Photo : Radio-Canada / Pierrick Pichette

Une porte-parole de la ministre responsable de Postes Canada, Anita Anand, affirme que la ministre « est en train de revoir attentivement les règles concernant la circulation du journal The Epoch Times » alors que deux postiers employés par Postes Canada à Regina ont été suspendus plus tôt en janvier pour avoir refusé d’en distribuer une édition gratuite.

The Epoch Times a été créé en 2000 par des Américains d’origine chinoise suivant le mouvement Falun Gong, un courant spirituel d’inspiration bouddhiste.

Selon son exemplaire gratuit, The Epoch Times a pour but d’offrir des nouvelles honnêtes et non censurées aux personnes opprimées par la tromperie et la tyrannie de la Chine communiste et se qualifie d’indépendant de toute influence de la part de corporations ou de partis politiques.

Dans les dernières années, le journal a élargi sa couverture de la politique américaine. Il a notamment gagné la faveur de certains partisans de l’ancien président américain, Donald Trump, en écrivant des articles qui portent sur des théories du complot de QAnon ainsi que des allégations non fondées de fraude aux élections présidentielles.

Le président de la section locale de Regina du Syndicat des travailleurs et travailleuses de la poste (STTP), William Johnson, indique que les deux employés ont été escortés hors du bâtiment lorsqu’ils ont informé leurs superviseurs qu’ils n’allaient pas livrer l’exemplaire. Ils ont alors été suspendus trois jours sans salaire.

L’un de ces postiers, Ramiro Sepulveda, s’est surtout indigné du fait que le journal ait nommé le coronavirus le virus du PCC, en faisant référence au Parti communiste chinois.

Je ne suis pas contre la censure ni pour la liberté d’expression. Par contre, ce qui m’inquiète est le fait qu’il n’y ait pas de clause dans le journal indiquant que c’était une théorie.

Une citation de :Ramiro Sepulveda, employé suspendu

La deuxième employée, Linying Su, née en Chine, dit s’être sentie mal à l’aise de déposer un journal qui pourrait, selon elle, contribuer à un sentiment anti-asiatique au Canada.

La discrimination injuste envers les Canadiens d’origine chinoise se transformerait en discrimination à l’endroit de tous les Canadiens d’origine asiatique, soutient-elle.

Je ne peux peut-être pas empêcher d'autres personnes de livrer ces journaux, mais je peux m'empêcher de faire des choses qui trahissent ma propre croyance

Une citation de :Linying Su, employée suspendue
Linying Su est au bureau de poste en train d'organiser des lettres.

Linying Su s'inquiète de la possibilité que la circulation du journal The Epoch Times puisse contribuer à un sentiment anti-asiatique au Canada.

Photo : Fournie par Linying Su

The Epoch Times se défend

Dans un courriel envoyé à CBC et puis publié sur son site web (en anglais) (Nouvelle fenêtre), l’éditrice de la version canadienne du The Epoch Times, Cindy Gu, affirme que l'envoi d’exemplaires gratuits est une pratique courante dans l’industrie de l’information afin de faire croître son entreprise.

Le Canada est un pays qui croit en la liberté de la presse, et nous croyons que les lecteurs sont assez sages pour juger d’eux-mêmes de la véracité des nouvelles que nous rapportons, ajoute l’éditrice.

Cindy Gu affirme par ailleurs que si la distribution du journal est laissée à la discrétion d’un postier en particulier, personne ne peut plus faire confiance à la poste.

La décision de Postes Canada d’arrêter de [livrer nos produits] serait l’équivalent du gouvernement qui censure un média indépendant, violant ainsi la Charte des droits et libertés.

Une citation de :Cindy Gu, éditrice de la version canadienne du The Epoch Times

Si certaines personnes ne veulent pas lire notre exemplaire gratuit, elles n’ont qu’à le traiter de la même façon que tout autre article promotionnel, conclut-elle.

Une situation qui se répète ailleurs au pays

En avril 2020, des postiers du Grand Toronto se sont aussi opposés à l’idée de devoir livrer The Epoch Times. Leur syndicat local a alors déposé une requête auprès du gouvernement fédéral demandant un ordre provisoire pour arrêter la livraison du journal. Cette demande a été rejetée.

La section nationale du STTP affirme qu’elle est actuellement en discussion avec Postes Canada à ce sujet.

De son côté, Postes Canada déclare que les postiers sont obligés de livrer tout le courrier correctement préparé et payé.

Le syndicat est d’accord, mais le président de la section locale de Regina de la STTP, William Johnson, estime qu’il devrait y avoir une meilleure solution outre que la suspension des travailleurs qui se sentent mal à l’aise de livrer ce journal.

Un individu non-identifié tient entre ses mains un exemplaire de l'édition d'avril 2020  du journal Epoch Times expédié dans une boîte postale de Kelowna, en Colombie-Britannique

Exemplaire de l'édition d'avril 2020 du journal Epoch Times expédié dans une boîte postale de Kelowna, en Colombie-Britannique

Photo : Photo fournie à CBC par Lisa Armstrong

Je ne veux pas devoir passer à travers ce genre de processus tous les mois, si c’est un journal qui doit être livré mensuellement, soutient William Johnson. C’est un moment très stressant pour les employés.

Dans un courriel envoyé à CBC, Postes Canada dit comprendre que c’est une situation difficile, mais que les tribunaux ont déclaré à Postes Canada que son rôle n’était pas de censurer le courrier ou déterminer l’étendue de la liberté d’expression au Canada.

Postes Canada a le droit de refuser la livraison que des articles qui répondent à leur définition d’objets inadmissibles, par exemple des produits illégaux, obscènes ou frauduleux.

Les Canadiens qui ne veulent pas recevoir les exemplaires gratuits de The Epoch Times doivent demander de se retirer de tout courrier publicitaire, y compris les dépliants des épiceries et communautaires ainsi que tout autre matériel promotionnel.

Avec les informations de Katie Nicholson, Jason Ho et Andrea Bellemare

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