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Transat suspend toutes ses activités régulières pour trois mois

Plusieurs appareils de la compagnie sur le tarmac d'un aéroport.

Les avions d'Air Transat ne voleront plus pour trois mois.

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

L'annulation par Ottawa de tous les vols entre le Canada et les destinations soleil pour les trois prochains mois pousse Air Transat à interrompre temporairement l'ensemble de ses activités.

Le transporteur québécois suspend immédiatement l'ensemble de ses vols, y compris sur l'Europe, a précisé par communiqué la direction de Transat A.T. vendredi.

Encore une fois, cet arrêt temporaire entraînera des mises à pied parmi le personnel navigant et le personnel de soutien, a-t-elle ajouté, sans préciser combien d'employés seront touchés.

La compagnie avait déjà annoncé mardi qu'elle mettait fin à son service depuis Toronto. Elle ne devait plus offrir qu'une demi-douzaine de liaisons vers Paris, Cancún, Holguin, Port-au-Prince, Punta Cana et Puerto Plata. Les cinq dernières destinations auraient de toute façon été interdites à compter de dimanche.

L'annonce de vendredi du premier ministre Trudeau entraînera également la suspension de 15 liaisons chez Air Canada et de 14 chez WestJet, ont fait savoir les deux compagnies aériennes vendredi.

Ramener au pays les voyageurs à destination

Des plans de contingence seront mis en place dans le but de rapatrier les voyageurs qui se trouvent actuellement à l'étranger. Les compagnies Air Canada, Transat et WestJet, du moins, s'y sont formellement engagées.

L'opération durera deux semaines, ont précisé Transat et WestJet par communiqué.

Air Transat exploitera plusieurs dizaines de vols au cours des deux prochaines semaines pour rapatrier ses clients au Canada, a précisé le transporteur. Les clients de Transat dont le vol de retour au pays est prévu d'ici le 13 février conserveront leur vol initial, alors que les clients dont le vol est annulé seront automatiquement réacheminés sur un autre vol d'Air Transat.

C'est une priorité pour Transat de ramener chacun à bon port.

Une citation de :Extrait du communiqué d'Air Transat

Le voyagiste Sunwing, pour sa part, a fait savoir à Radio-Canada qu'il [travaillait] à informer les clients se trouvant actuellement à destination de toute modification de leurs vols.

Dans tous les cas, les Canadiens à l'étranger devront oublier l'aide d'Ottawa pour assurer leur retour au pays.

Le président du Conseil du Trésor et député de Québec, Jean-Yves Duclos, a rappelé vendredi que son gouvernement avait déjà averti les voyageurs des risques associés aux déplacements internationaux.

Jean-Yves Duclos devant des drapeaux du Canada.

Le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Depuis longtemps, les gens savent qu'il était et qu'il continue d'être découragé de quitter le pays, a-t-il souligné. Le ministère des Affaires étrangères a été très clair là-dessus. Il n'est pas question de procéder à des opérations [gouvernementales] de rapatriement.

Un remboursement ou un crédit voyage?

Les compagnies aériennes Air Canada, Transat et Sunwing ont toutes fait savoir vendredi que leurs clients touchés seraient remboursés.

Ces voyageurs ne se verront pas offrir de crédit sur un prochain voyage, a expliqué Air Canada par communiqué, puisque les services sont suspendus sans possibilité de solutions de rechange.

WestJet, pour sa part, a indiqué qu'elle avisera ses clients qui ont réservé un voyage pendant la période touchée des options qui s'offrent à eux.

La décision d'Ottawa d'annuler tous les vols entre le Canada et les destinations soleil a fait dégringoler les titres d'Air Canada et de Transat A.T. à la Bourse de Toronto vendredi. L'action du plus important transporteur aérien du pays a clôturé à 20,02 $, en baisse de 4,8 %, ou 1,01 $, alors que celle du voyagiste québécois – en passe d'être rachetée par Air Canada – a abandonné 3 %, ou 14 cents, pour terminer à 4,58 $.

L'industrie réclame de l'aide

Les transporteurs aériens, qui ont vu leurs finances piquer du nez depuis le début de la pandémie de COVID-19, demandent maintenant au gouvernement Trudeau de passer à l'action en offrant un soutien financier à l'industrie.

Par voie de communiqué, le Conseil national des lignes aériennes du Canada l'a invité à prendre des mesures immédiates ainsi qu'à travailler avec le secteur pour élaborer une stratégie de redressement de l’aviation.

Cet appel a notamment été relayé par Transat A.T., qui a réitéré l'importance pour le gouvernement fédéral de mettre en place l'aide financière sectorielle annoncée pour soutenir son industrie et les investissements qu'elle a consentis dans les dernières années.

Des avions d'Air Canada attendent sur le tarmac de l'aéroport Pearson, à Toronto.

Air Canada, Transat et Sunwing entendent rembourser leurs clients qui devaient partir dans le Sud au cours des prochains mois.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Les employés des compagnies aériennes sont eux aussi fort inquiets de ce nouveau revirement.

Les décisions annoncées [vendredi] à propos des voyages sont un coup dur pour la situation déjà précaire de notre industrie en difficulté, a résumé par communiqué Robert Giguere, PDG de l'Association des pilotes d'Air Canada.

Si nous ne recevons pas une aide bientôt, le Canada risque de ne plus avoir d’industrie du transport aérien lorsque viendra le temps de la reprise.

Une citation de :Robert Giguere, PDG de l'Association des pilotes d'Air Canada

La division du transport aérien du Syndicat canadien de la fonction publique – qui représente 15 000 agents de bord dans neuf compagnies aériennes au pays – a aussi fait part de ses inquiétudes par communiqué, vendredi, et a souligné que l'absence de mesures d'aide risque d'envoyer d'autres travailleurs au chômage.

M. Trudeau doit se demander pourquoi il reste inactif, alors que les travailleurs de ce secteur crient Mayday! et que des milliers d’emplois sont perdus au Canada, a déclaré son président, Wesley Lesosky.

Un corridor vide.

Les voyageurs se font rares, ces jours-ci, à l'aéroport Montréal-Trudeau.

Photo : Radio-Canada / François Sauvé

Outre Transat, aucune compagnie aérienne n'a annoncé de nouvelles vagues de compressions vendredi. Air Canada a toutefois rappelé qu'elle évaluait ses besoins de personnel chaque fois que ses services étaient réduits.

Le plus important transporteur aérien du pays avait annoncé plus tôt ce mois-ci la suppression de 1900 postes. WestJet avait également licencié plus de 1000 employés.

Un dossier chaud pour le ministre Alghabra

Le gouvernement Trudeau s'est montré disposé par le passé à déployer un plan d'aide pour les compagnies aériennes, pourvu que celles-ci s'engagent à rembourser les voyageurs dont les vols ont été annulés depuis le début de la pandémie.

Or, une telle entente tarde à se conclure. Et l'arrivée en poste d'un nouveau ministre des Transports fait craindre à certains voyageurs de nouveaux reports.

Omar Alghabra a succédé à Marc Garneau à la faveur d'un miniremaniement ministériel plus tôt ce mois-ci. Sa lettre de mandat mentionne qu'il devra trouver une issue à ce cul-de-sac.

En attendant, les plaintes s'accumulent à l'Office des transports du Canada, qui disait en décembre en avoir reçu 22 000 depuis le mois de mars.

Avec les informations de La Presse canadienne

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