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Un taux d'inoccupation des logements locatifs inquiétant à Sherbrooke

Affiche à louer.

Sherbrooke a affiché un taux d'inoccupation de ses logements locatifs de 1,3% en 2020, selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement. (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Contrairement à la tendance provinciale, les logements locatifs se font exceptionnellement rares à Sherbrooke. La ville a affiché un taux d'inoccupation de 1,3 % en 2020, selon des données publiées cette semaine par la Société canadienne d'hypothèques et de logement. C’est très peu, s’inquiète le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), qui indique que ce taux devrait être d’environ 3 % pour que le marché soit en équilibre.

À Sherbrooke, ça fait 15 ans qu’on n’a pas eu un taux d’inoccupation aussi bas, explique Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU.

« Il faut remonter à 2006, où le taux d’inoccupation était de 1,2 %, pour voir un taux d’inoccupation aussi bas dans la grande région métropolitaine de Sherbrooke. Ça laisse présager des jours difficiles pour les ménages locataires qui se retrouvent en recherche de logement, et d’autant plus pour les logements locataires à plus faible revenu qui ont de plus en plus de difficultés à trouver un logement qu’ils sont capables de payer. »

— Une citation de  Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU. 

Elle n’est cependant pas surprise de ces données.

Sur le terrain, l’Association des locataires constatait de graves difficultés pour les ménages locataires à la recherche de logements. [...] L’écho qu’on avait sur le terrain, c’était que la situation risquait d’être difficile.

L'Association des locataires avaient d'ailleurs mentionné, à la suite de la vague de déménagement de juillet dernier, que la recherche de logements avait été excessivement difficile en raison de la pénurie de loyers, particulièrement pour les personnes seules.

Une exception québécoise

Sherbrooke représente toutefois un cas particulier, puisque beaucoup de villes québécoises ont plutôt vu leur taux d'inoccupation augmenter cette année.

Le taux d’inoccupation général pour la province a augmenté légèrement, et ce qu’on voit dans les villes, c’est une tendance à la hausse. Dans le cas de Montréal, par exemple, [c'est] en raison de la baisse de l’immigration et des étudiants et étudiantes qui n’ont pas pu aller à l’université, rapporte Mme Laflamme.

Est-ce que le fait que des cours soient maintenus en présentiel par les institutions d’enseignement supérieur a joué un rôle dans le fait que la tendance constatée dans d’autres villes universitaires ne s’applique pas à Sherbrooke? Peut-être, ajoute-t-elle.

Grande augmentation des mises en chantier

Ces résultats sont d’autant plus surprenants que la construction s’est beaucoup accélérée à Sherbrooke cette année, avec une augmentation de 20 % des mises en chantier.

C’est difficile de faire une analyse complète à ce moment-ci, mais une chose est certaine, il y a plus de demandes que d’offres, en particulier pour les logements abordables. Mais dans toutes les catégories de logements, les taux d'inoccupation sont très très bas, remarque Mme Laflamme.

Dans le contexte, on craint que des ménages à faible revenu soient victimes de discrimination, parce que quand il y a un taux d’inoccupation très bas, les propriétaires ont le gros bout du bâton, et dans certains cas, ils vont oser demander des hausses abusives de loyers, vont discriminer davantage certains ménages. On appelle les locataires à la vigilance et de contacter l’Association des locataires avant d’accepter des demandes abusives, conclut-elle.

Elle croit aussi que le gouvernement devrait investir dans plus de logements sociaux.

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