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4 ans de l'attentat à la mosquée : Legault pressé de reconnaître le racisme systémique

Abderrahim Loukili s'adresse aux représentants des médias lors d'une conférence de presse se déroulant à l'extérieur du Centre culturel islamique de Québec.

Le président du Centre culturel islamique de Québec, Abderrahim Loukili, a pris la parole pour rappeler l'importance de promouvoir le vivre-ensemble.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

Les organisateurs de la commémoration de l’attentat contre la grande mosquée de Québec invitent le gouvernement Legault à sortir du « déni » en reconnaissant l’existence du racisme systémique et en faisant de la lutte à l’islamophobie un enjeu de société.

Lors d’une conférence de presse organisée vendredi matin à Québec afin de souligner le quatrième anniversaire de l’attaque, plusieurs intervenants ont profité de l’occasion pour décocher des flèches au premier ministre.

Le coordonnateur du comité de commémoration citoyenne de l’attentat du 29 janvier 2017, Sébastien Bouchard, a reproché à François Legault de nier l’existence du racisme systémique et de faire preuve d’hésitation lorsque vient le moment de désigner l’islamophobie comme un enjeu.

Il faut que ce soit nommé et que ce soit reconnu, a insisté M. Bouchard.

Il a néanmoins souligné les mesures annoncées par Québec l’automne dernier afin de lutter contre le racisme. Sébastien Bouchard espère qu’elles se transformeront en actions concrètes.

Trois banderoles montrant les visages et les noms des six victimes sont suspendues le long d'un mur.

Des banderoles ont été déployées en hommage aux victimes de l'attentat : Khaled Belkacemi, Azzeddine Soufiane, Abdelkrim Hassane, Aboubaker Thabti, Mamadou Tanou Barry et Ibrahima Barry.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) Boufeldja Benabdallah a pour sa part rappelé que le gouvernement Legault avait rejeté l’idée de faire du 29 janvier une journée de lutte contre l’islamophobie.

Tourner la page

Il a affirmé que le premier ministre faisait preuve de déni lorsque vient le moment de reconnaître l’ampleur réelle de ce problème et du racisme en général au sein de la société québécoise.

L’islamophobie [...] comme le racisme systémique, ça ne sert à rien de gloser puis de sortir des rapports. Reconnaissons ça et mettons les équipes pour travailler et on tourne la page [...] Plus on hésite dans des décisions importantes [...] et sociétales, et plus le mal est fort, a lancé M. Benabdallah, aujourd’hui représentant du comité C29j2021 du CCIQ.

Boufeldja Benabdallah s’adresse aux médias lors d’une conférence de presse se déroulant à l’extérieur du Centre culturel islamique de Québec.

Boufeldja Benabdallah presse le premier ministre François Legault de reconnaître l’existence du racisme systémique au Québec.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Selon lui, cette hésitation à appeler les choses par leur nom est le résultat de calculs politiques.

Le PM de tous les Québécois

Invité à prendre la parole au nom des rescapés de l’attentat du 29 janvier, Mohamed Khabar a également dit souhaiter une plus grande reconnaissance des enjeux liés au racisme et à l’islamophobie.

Tu vois qu'il y a de l'islamophobie, qu'il y a un système racial, des trucs comme ça. Moi, comme blessé, je ne comprends pas [l’attitude du gouvernement]. Je veux que M. Legault réagisse comme le premier ministre de tous les Québécois, a demandé M. Khabar, qui a été atteint par deux balles le soir de l’attaque contre la grande mosquée.

Mohamed Khabar parle devant un micro à l'extérieur de la grande mosquée de Québec.

Mohamed Khabar a été invité à prendre la parole au nom des rescapés de l’attentat du 29 janvier.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

La vice-première ministre, Geneviève Guilbault, a mentionné que son gouvernement avait toujours reconnu l’existence de comportements haineux, racistes et islamophobes dans la société québécoise.

Notre position a toujours été claire là-dessus et [...] on veut agir pour lutter concrètement contre tous ces courants haineux, ces courants tout à fait inappropriés, a insisté Mme Guilbault.

Elle a ajouté qu’en cette journée de commémoration des événements du 29 janvier 2017, ses pensées et ses énergies, comme celles de son gouvernement, allaient à la mémoire des victimes.

Une cérémonie sans public

L'absence de public n'allait pas empêcher de commémorer l'attentat à la grande mosquée, mais la cérémonie était plus sobre en raison de la pandémie.

Si le premier ministre François Legault a pris la parole par message enregistré appelant à la solidarité, le maire Régis Labeaume s’est rendu à la mosquée en début de soirée.

Régis Labeaume derrière un lutrin à l'extérieur de la grande mosquée de Québec, en hiver.

Régis Labeaume a pris la parole lors de la cérémonie de commémoration de l'attentat à la grande mosquée de Québec.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Le visage de Québec change et continuera à changer. Notre population se métisse, et continuera à se métisser , a-t-il dit lors de son discours devant la poignée d'organisateurs qui étaient présents à l’extérieur du Centre culturel islamique de Québec.

Le maire de Québec a livré un plaidoyer en faveur de la diversité qui, selon lui, enrichit notre vie sociale, culturelle et économique.

Hurlons à l'unisson que nous honnissons le racisme et que notre seule intolérance sera à ses dépens a prié le maire de Québec.

Des survivants de l'attentat ont aussi pris la parole au cours de la cérémonie qui a duré environ 45 minutes et qui était diffusée sur Facebook.

Avec la collaboration d’Alexandre Duval

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