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Il y a 30 ans, l’Afrique du Sud commençait le démantèlement de l’apartheid

Un tramway avec un écriteau sur le devant sur lequel est écrit seulement pour les personnes non-blanches.

Il y a 30 ans, le président Frederik de Klerk annonçait l'abolition des lois constituant les piliers du système de l'apartheid.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 1er février 1991, le président de l’Afrique du Sud Frederik de Klerk annonçait l’abrogation de lois qui constituaient des piliers du système d’apartheid dans son pays.

Une décision inattendue

Le président d’Afrique du Sud, Frederik de Klerk, s’est engagé aujourd’hui à démanteler totalement l’apartheid d’ici les prochains mois.

Charles Tisseyre, 1er février 1991

Le 1er février 1991 s’ouvre dans la ville du Cap, capitale législative de la République d’Afrique du Sud, une nouvelle session du parlement.

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Téléjournal, 1er février 1991

C’est dans ce contexte, comme le souligne l’animateur du Téléjournal Charles Tisseyre, que le président de l’Afrique du Sud, Frederik de Klerk, crée toute une commotion parmi les parlementaires.

Le chef de l’État annonce que les trois principales lois qui forment le socle du système de racisme institutionnalisé du pays, l’apartheid, seront définitivement abolies.

Disparaissait ainsi la Loi sur la classification de la population (Registration Act) qui inscrivait dans un groupe racial déterminé tous les nouveau-nés depuis 1948.

Les Lois sur l’habitat séparé des races (Group Areas Act, Black Communities Act) et sur la propriété des terres (Land Acts) allaient aussi bientôt appartenir au passé.

L’ensemble des députés est éberlué. Certains parmi les plus conservateurs et des nationalistes blancs quittent le parlement en colère. Mais cela ne fait pas changer d’idée Frederik de Klerk.

Après tout, c’est ce président, en poste depuis 1989, qui a légalisé le principal parti politique de la population noire, le Congrès national africain, interdit depuis 1960 et a libéré son chef historique Nelson Mandela.

Le développement séparé des races doit être démantelé, affirme le président sud-africain.

Le système d’apartheid a pour conséquence que l’Afrique du Sud a été placée au banc des nations. Les sanctions internationales affaiblissent considérablement l’économie sud-africaine.

Frederik de Klerk craint aussi une guerre civile en Afrique du Sud dans laquelle les Blancs seraient massacrés.

Racisme au quotidien

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Le Point, 2 juillet 1991

Le 2 juillet 1991, deux jours après l’abrogation programmée des lois de l’apartheid, l’animatrice de l’émission Le Point, Anne-Marie Dussault, nous présente un résumé des principales caractéristiques de ce qu’a été ce système de discrimination raciale.

Anne-Marie Dussault rappelle que l’apartheid séparait les Blancs et les Noirs dans les espaces publics comme les plages.

On souligne aussi que ce système allait jusqu’à interdire les relations sexuelles entre personnes de races différentes.

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Le Point, 17 septembre 1985

Un peu moins de six ans plus tôt, le 17 septembre 1985, Le Point présente un reportage du journaliste Bertrand de la Grange. Simon Durivage anime l’émission.

Le reportage montre comment se passe la vie de la famille de Jacob et Ida Langane à Soweto, le plus important des quartiers (townships) où doivent vivre les populations noires sud-africaines durant l’apartheid.

On estime à l’époque que Soweto compte un et demi, voire deux millions d’habitants et que le quartier serait plus populeux que la métropole blanche de Johannesburg située à côté.

On constate que l’État sud-africain ne s’occupe que très peu de Soweto ni des autres quartiers noirs. Les infrastructures, des routes aux écoles, font cruellement défaut par rapport à ce qui existe à Johannesburg.

Si les Langane appartiennent à la classe moyenne, ce n’est pas le cas de l’immense majorité de la population du quartier de Soweto. La plupart de ses habitants y sont pauvres, voire misérables.

On observe aussi dans ce reportage la grande colère des populations noires.

Jacob Langane confie à Bertrand de la Grange sa frustration d’être privé du droit de vote dans son propre pays par des gens qui sont des étrangers.

Le reportage montre par ailleurs la radicalisation politique des jeunes noirs sud-africains par l’entremise des enfants de Jacob et Ida Langane.

Il y a souvent des velléités de révolte. Mais la répression par les militaires et les policiers sud-africains empêche celles-ci d’éclater ouvertement.

Les jeunes qui militent dans la résistance se demandent comment lutter contre un état si puissant.

Résistance dans une piscine

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Le Point, 18 février 1991

Le démantèlement de l’apartheid ne se fait pas sans résistance de la part de plusieurs membres de la minorité blanche.

Le 18 février 1991, Le Point présente une adaptation d’un reportage de la journaliste Gillian Findlay de l’émission de la CBC Fifth Estate tourné en Afrique du Sud. Le Point est animé par Anne-Marie Dussault.

Gillian Findlay découvre que les municipalités où vivent les populations blanches désobéissent à l’abolition des lois de l’apartheid.

À Ermelo dans l’état sud-africain du Transvaal, cette désobéissance se concrétise par une bataille autour de la piscine municipale.

Après l’abolition de la Loi sur les lieux publics séparés, un Noir a tenté d’aller se baigner dans la piscine de la municipalité accessible jusqu’alors qu’aux seuls Blancs.

Le jeune homme a été battu par des usagers de la piscine assistés par le gardien des lieux. Il risque de perdre un œil.

Le reportage confirme la profonde résistance que mettent de l’avant certains Blancs pour préserver leurs privilèges et le combat d’avocats noirs pour faire respecter la nouvelle réalité de l’Afrique du Sud.

En mai 1994, le président blanc Frederik de Klerk cède son poste au premier président noir de l’Afrique du Sud, Nelson Mandela.

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