•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le sport électronique a une nouvelle arme, l’entraînement professionnel

De plus en plus de cyberathlètes ont maintenant des gens qui les entraînent.

Une scène de sport électronique au milieu d'un aréna.

Le tournoi Six Invitational attire des athlètes et un vaste public.

Photo : Yann Roy, Ubisoft

Agence France-Presse

Comme les athlètes de soccer, de basket ou de football, les grands noms du sport électronique perfectionnent leur entraînement pour être plus performants dans ce secteur très compétitif.

 C'est certainement un peu plus petit que, disons, une équipe de la NBA ou de la NFL, mais je ne pense pas que ce soit si différent d'être un entraîneur dans les sports traditionnels, souligne Josh Jatt Leesman.

Salarié de la structure Team Liquid, basé en Californie, le jeune Canadien est l'entraîneur en chef de l'équipe qui participe à League of Legends (LoL), un jeu lancé en 2009 mais qui reste à la pointe des tendances en matière de sport électronique.

Son équipe compte de cinq à six personnes pour superviser les entraînements. Si vous êtes entraîneur en chef, alors une grande partie de vos responsabilités consiste à vous assurer que les autres font leur travail correctement et que les responsabilités sont réparties de manière égale, détaille-t-il.

Il y a moins de 10 ans, voir une équipe de sport électronique bénéficier de services d’entraînement pouvait sembler incongru, mais ce sport, désormais installé partout sur la planète, s'est rapidement professionnalisé avec des équipes et des compétitions pesant plusieurs millions de dollars.

Lui-même ancien joueur et ancien commentateur de tournois, Leesman a vu comment l'aspect entraînement des jeux vidéo en ligne avait évolué. Au début, l'idée prévalait que les cinq membres d'une équipe étaient les personnes qui connaissaient le mieux le jeu : elles n'avaient pas besoin de quelqu'un comme nous pour leur dire quoi faire.

Cette opinion a changé en grande partie parce qu'un nombre croissant d'anciens joueurs et joueuses ont maintenant l'expérience et l'expertise nécessaires pour devenir entraîneurs et entraîneuses.

 Je prévois qu'au cours des 10 ou 15 prochaines années, le processus de nomination ressemblera beaucoup à celui des entraîneurs sportifs professionnels, soutient Leesman, qui, à 33 ans, pense être probablement l'entraîneur le plus âgé dans son domaine en Amérique du Nord.

 Il n'y a pas vraiment eu beaucoup d'adultes pour entraîner des équipes. La plupart du temps, ce sont des enfants qui entraînent des enfants, note-t-il.

Des athlètes très jeunes

Pour Arnold Hur, directeur de l'exploitation de la structure sud-coréenne Gen.G, qui possède également une équipe de League of Legends, le défi particulier des entraîneurs et entraîneuses est l'âge de leurs athlètes.

Je pense que nous nous souvenons tous, quand nous avions 18, 19 ou 20 ans, à quel point il aurait été difficile de nous gérer, explique-t-il. Donc, une partie du rôle est d'être aussi une figure de mentor et d’encadrement pour les athlètes électroniques.

Il existe de nombreux points communs avec les sports dits traditionnels par rapport à l'entraînement, par exemple la tactique, le travail d'équipe, la formation et la sélection de l’équipe.

Six athlètes de sports électroniques sont assis devant un écran d'ordinateur lors d'un match du jeu <i>Counter Strike : Global Offensive</i>.

Des joueurs de sports électroniques en action

Photo : ESL / Adela Sznajder

Sauf qu’en général, en sport électronique, lorsque l'action commence, l'entraîneur ou l’entraîneuse ne peut être sur la ligne de touche pour donner des instructions aux athlètes.

En match, il n'y a pas de communication vocale de la part des entraîneurs, mais avant et après chaque type de set, vous pouvez faire des ajustements, une rapide analyse, et ensuite, parler de stratégie, précise Hur.

Pour Leesman, le fait de ne pas pouvoir interagir avec ses joueurs et joueuses au plus fort de la bataille est plus stressant que tout.

Leesman et Hur envisagent dans un futur proche de mettre en place des équipes techniques plus importantes, avec plus de spécialistes, afin d'obtenir un avantage, le plus minime soit-il, dans un domaine où chaque milliseconde compte.

Mais Hur est réticent à ce que les vedettes du sport électronique qui prennent leur retraite se recyclent dans l’entraînement. On le voit parfois dans les sports traditionnels, les meilleurs athlètes ne deviennent pas toujours les meilleurs spécialistes de l’entraînement, rappelle-t-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !