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Winnipeg pourrait contourner la province pour établir un centre de consommation supervisée

Un panier contenant de l'équipement pour une injection offert au centre d'injection supervisée Insite, à Vancouver.

Le premier ministre Brian Pallister estime que la création d'un centre de consommation supervisée est moins prioritaire que d'autres mesures préventives que son gouvernement finance.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Radio-Canada

Alors que la pandémie a accentué les problèmes de dépendance, une motion du conseil municipal de Winnipeg remet sur la table la question de l’établissement d’un centre de consommation de drogues supervisée dans la capitale manitobaine.

Les conseillères municipales des quartiers Fort Rouge-Fort-Garry Est et Daniel-McIntyre, respectivement Sherri Rollins et Cindy Gilroy, ont déposé jeudi une motion demandant au service public de faire un rapport sur la faisabilité et les avantages d’un centre de ce type.

Des autorités sanitaires, des experts sur la dépendance, et des statistiques sur la criminalité mettent en évidence une crise croissante de l’utilisation de drogues et des surdoses à Winnipeg.

Sherri Rollins considère que cette crise est réelle et que cette motion pourrait être un point de départ pour créer un centre de consommation supervisée.

Nous devons parler de réduction des méfaits et des fonds qu’on ne voit pas venir dans cette ville. C’est le moment, a-t-elle indiqué aux médias.

Contourner la province

En Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique, des communautés ont mis en place ce genre de centre avec des fonds de la province, poursuit-elle.

Au regard des résistances du gouvernement progressiste-conservateur du Manitoba à faire de même, Sherri Rollins croit que la Ville pourrait trouver un autre chemin pour arriver à ses fins.

Je crois que c’est une question constitutionnelle. Devrait-on contourner la province et passer par le fédéral pour traiter ces questions de santé publique primordiales à Winnipeg? Ce n’est pas une trajectoire normale pour le gouvernement, mais c’est là que j’en suis.

Sherri Rollins, souriante, dans un bureau.

La conseillère Sherri Rollins évoque un partenariat possible avec les Premières Nations dans la création du centre.

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

Interrogé en conférence de presse à ce sujet jeudi matin, le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, est resté évasif.

Si un centre de consommation supervisée peut avoir des avantages, selon lui, il considère que c’est un investissement moins prioritaire que les 10 millions de dollars injectés pour d’autres mesures préventives.

Le gouvernement Pallister a dépensé 47 millions de dollars pour financer plus de 27 initiatives en matière de lutte contre la dépendance depuis octobre 2019, souligne de son côté la nouvelle ministre de la Santé mentale, du Mieux‑être et du Rétablissement, Audrey Gordon, dans un communiqué de presse envoyé jeudi.

Brian Bowman hésitant, d’autres conseillers résistants

Je voudrais que nous ayons plus d’information et de données, d’un point de vue sanitaire. J'encouragerais les leaders provinciaux responsables de la santé de nos résidents à faire de même, a dit le maire de Winnipeg, Brian Bowman.

Un gros plan sur le visage de Brian Bowman en conférence de presse devant un drapeau.

Le maire de Winnipeg n'a pas clairement appuyé l'idée de création du centre, mais a indiqué que le gouvernement avait une vision idéologique sur la question, plutôt que de prendre en compte les avis médicaux et scientifiques.

Photo : CBC / Gary Solilak

Je ne soutiens vraiment pas cette mission pour la santé mentale, lance de son côté le conseiller municipal de North Kildonan, Jeff Browaty. Cela va au-delà des compétences de la Ville.

Même son de cloche du côté de Scott Gillingham, conseiller de St. James. La Ville n’a pas de mandat pour la santé mentale, nous n’avons pas les ressources pour cela , dit-il.

C’est une situation complexe et polarisante. En fin de compte, cela concerne les hommes et les femmes qui souffrent de dépendance. Comment peut-on les aider en faisant preuve de compassion?

Avec les informations de Sean Kavanagh

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