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Québec octroie 11 millions $ pour mieux détecter les variants de la COVID-19

Illustration montrant la main d'un scientifique qui modifie les gènes de l'ARN du coronavirus en laboratoire.

Potentiellement plus transmissibles et plus virulents, trois variants du virus sont en circulation au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Brésil.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec annonce vendredi un financement de 11,1 millions de dollars à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui aura à déployer le Programme de surveillance des variants de la COVID-19 à travers la province.

Pour le gouvernement Legault, il s’agit de séquencer 65 000 échantillons positifs (10 %) au nouveau coronavirus d'ici la fin de l'année 2021 pour détecter l'apparition potentielle de variants du coronavirus.

Grâce à un projet de Génome Canada mis sur pied en avril dernier, environ 7000 échantillons ont déjà été séquencés sur les 250 000 prélevés sur des cas positifs au Québec, soit l'équivalent de 2,8 %.

Ce qu’on va faire c’est d’augmenter la capacité de séquençage. Présentement, on fait 3 % des échantillons positifs, on veut augmenter à 10 % des échantillons positifs.

Une citation de :Michel Roger, microbiologiste en chef au Laboratoire de santé publique du Québec

Mais avec la propagation rapide dans le monde de nouveaux variants du coronavirus qui font craindre une troisième vague de COVID-19 encore plus contagieuse, les efforts de détection de ces virus en mutation passent à la vitesse supérieure.

Le programme, qui reçoit aujourd'hui 11,1 millions de dollars de Québec, permettra une détection plus rapide des variants préoccupants du virus. Il sera dirigé par l'INSPQ, conjointement avec les Fonds de recherche du Québec et Génome Québec.

Le Centre de génomique de l'Université McGill, le Laboratoire national de microbiologie du Canada (LNM) et plusieurs chercheurs y participeront également.

Le but ce n’est pas que de retracer, mais aussi d’agir rapidement avec nos collègues de la santé publique.

Une citation de :Michel Roger, microbiologiste en chef au Laboratoire de santé publique du Québec
Un technicien de laboratoire teste le nouveau coronavirus.

Un technicien de laboratoire teste le nouveau coronavirus COVID-19, au laboratoire du Biogroup Laboratory à l'ouest de Londres, le 21 janvier 2021.

Photo : Getty Images / JUSTIN TALLIS

Potentiellement plus transmissibles, plus mortels et plus virulents, trois variants découverts au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Brésil font craindre une évolution rapide de la maladie dans le monde, voire plus rapide que les campagnes de vaccination en cours.

Aucun cas des variants sud-africain et brésilien n'a encore été détecté au Québec, précise le Dr Roger. Par contre, au moins huit cas du variant britannique ont été identifiés au Québec et plusieurs dizaines en Ontario.

Au Royaume-Uni, le nouveau variant, beaucoup plus contagieux que sa version originelle, a littéralement fait déborder les hôpitaux du pays ces dernières semaines, portant à plus de 100 000 morts le bilan des victimes dues à la COVID-19 dans le pays.

C’est sûr qu’on redoute un variant qui augmente la transmission comme le variant d’Angleterre, où on a démontré que ça pouvait augmenter la transmission de 70 %. […] Et c’est pour ça que le programme est mis en place.

Une citation de :Michel Roger, microbiologiste en chef au Laboratoire de santé publique du Québec

C'est pour éviter un tel scénario que, désormais, au Québec, le pourcentage de séquençage des échantillons prélevés sur des personnes qui ont été déclarées positives à la COVID-19 passera de 3 % à 10 %.

La recherche de nouveaux variants sera également faite de façon aléatoire dans toutes les régions du Québec afin d'augmenter les chances d'en découvrir, précise l'INSPQ. On veut aussi cibler des populations à risque, précise Michel Roger. On va faire des séquençages dans des cibles de patients pour lesquels on pense qui ont un risque augmenté d’avoir un variant.

À ce chapitre, le Dr Roger rappelle que la meilleure façon de bloquer la propagation des variants et d'observer à la lettre les recommandations actuelles de la santé publique. Une personne qui contracte le virus et qui s'isole adéquatement en appliquant les règles en vigueur brisera la chaîne de contagion, même s'il s'agit d'un variant, souligne-t-il.

COVID-19             : ce qu'il faut savoir

En résumé, les 11,1 millions de dollars annoncés aujourd'hui serviront à repérer les mutations génétiques du virus, à identifier les variants et à déterminer leur impact sur la transmission, la gravité de la maladie et la réponse aux vaccins afin d'aider le gouvernement du Québec à gérer la pandémie.

Selon le microbiologiste Michel Roger, une attention particulière sera apportée notamment aux nouvelles éclosions, aux tests diagnostiques discordants, aux voyageurs qui reviennent de l'étranger, aux personnes réinfectées par le virus ou encore aux infections qui surviendraient après la réception d'un vaccin contre la COVID-19.

Au Québec, les chercheurs disposent par ailleurs d'une biobanque d'au moins 120 000 échantillons de cas positifs de COVID-19 constituée ces derniers mois pour poursuivre leurs travaux, souligne l'INSPQ.

Avec les informations de La Presse canadienne

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