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Des artistes se confient dans La santé mentale : une note à la fois

Montage de quatre portraits des artistes

Safia Nolin, Laurence Jalbert, David Goudreault et Steve Veilleux dans le documentaire « La santé mentale : une note à la fois »

Photo : Bell Média

Radio-Canada

À l’occasion de la journée Bell Cause pour la cause, le documentaire La santé mentale : une note à la fois est présenté sur l’ensemble des chaînes francophones de Bell Média jeudi. Les artistes musicaux David Goudreault, Safia Nolin, Laurence Jalbert et Steve Veilleux, du groupe Kaïn, y racontent leur combat contre la dépression, l'anxiété ou encore la bipolarité.

Auteur, slameur et travailleur social, David Goudreault lutte à la fois contre l’anxiété et des dépendances. L’autrice-compositrice-interprète Safia Nolin est atteinte d’un trouble d’anxiété généralisé et d’un trouble panique.

Quant à Steve Veilleux, il a été diagnostiqué d’un trouble bipolaire de type 2 il y a un an.

Participer à La santé mentale : une note à la fois a représenté un coming-out libérateur pour le leader du groupe Kaïn. Peu de personnes, à l’exception de sa famille, étaient au courant de sa bipolarité.

Depuis l’annonce de [ce diagnostic], je gère maintenant beaucoup mieux mes highs et mes downs, a-t-il déclaré en entrevue avec Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18.

Parler ouvertement

Apprendre qu’il était bipolaire alors qu’il avait initialement consulté pour des problèmes d’insomnie chronique a été un grand soulagement, en fin de compte.

C’est comme si j’avais mon manuel d’emploi, et ça a simplifié toutes les facettes de ma vie, a-t-il expliqué. Quand tu n’as pas ton manuel d’emploi, tu es ton pire ennemi.

Depuis, je m’accepte beaucoup mieux et je me mets beaucoup moins de pression, a ajouté Steve Veilleux, qui veut contribuer à lever les tabous et les craintes entourant la question de la santé mentale.

L’autrice-compositrice-interprète Laurence Jalbert a voulu témoigner pour aider des personnes comme elle.

Lorsqu’elle a traversé une profonde dépression il y a une dizaine d’années, c’est le fait d’entendre Normand Brathwaite parler de son traitement contre la dépression qui l’a menée vers la guérison. Je me suis assise, je l’ai écouté et j’ai dit à mon ex-mari : "Je veux ce médicament."

La très intense vie d’artiste

Si les troubles de santé mentale touchent des personnes de tous les milieux, les artistes sont souvent plongés dans une réalité particulière.

On est des hypersensibles, a souligné Laurence Jalbert. À 50 ans, sa tête a craqué, comme elle le dit. J’ai été morte pendant trois mois, couchée sur le divan à pleurer.

Une dépression dans laquelle elle est tombée après des années remplies de trop : trop de fatigue, d’insécurité, de don de soi à un milieu qui en demande toujours plus...

On vit constamment en déséquilibre, tu ne peux pas vivre comme ça. J’ai négligé tellement de facettes de ma vie, a-t-elle précisé.

Dans le domaine artistique, la conscience d’avoir la chance d’exercer un métier de passion tend à pousser les gens à taire leurs difficultés.

Sur les plateaux, personne ne dit jamais qu’il est fatigué, que ça ne va pas.

Une citation de :Laurence Jalbert

Privilégier la créativité ou le mieux-être?

Autre particularité des artistes en matière de santé mentale : la crainte de voir les médicaments nuire à leur créativité. 

Il y a un deuil à faire des mégas highs où tu déplaces des montagnes, de ces périodes qui peuvent être prolifiques au niveau de la création, a expliqué Steve Veilleux. Je n’ai pas hésité à prendre un traitement, car je voulais voir ce que pouvait être ma vie avec un milieu.

J’étais terrifié à l’idée d’écrire à nouveau. Quand j’ai recommencé, ça s’est super bien passé. L’écriture s’est faite de manière très saine et candide.  

Laurence Jalbert a aussi eu peur de perdre un peu de folie à cause des antidépresseurs. Elle ne ressent plus un besoin viscéral d’écrire des chansons ou de composer des mélodies, et elle a moins envie de chanter qu’avant, mais elle ne croit pas que les médicaments en soient la cause. 

La médication m’a permis de m’arrêter pour réfléchir. Elle a provoqué en moi des changements. Peut-être que je suis allée au bout de ce que je voulais écrire.  

Malgré les défis particuliers posés par la vie de chanteur ou de musicien, Steve Veilleux affirme qu’il est possible d’être artiste et de vivre avec un trouble de santé mentale comme la bipolarité. 

Recevoir un diagnostic s’est révélé un gros pas vers le bien-être pour lui. Ce n’est pas le bonheur, il n’y a rien de parfait, mais cela permet de mieux vivre avec soi.

Après avoir été diffusé jeudi soir sur Canal Vie, Canal D et VRAK, La santé mentale : une note à la fois pourra être regardé sur la plateforme Crave et sur Noovo.ca. 

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