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Des hassidim contesteront en cour la limite de fidèles fixée par Québec

M. Ekstein en mêlée de presse.

Abraham Ekstein a pris la parole lundi après-midi au nom du Conseil des juifs hassidiques du Québec devant la synagogue de la congrégation Yetev Lav Satmer, au coin de l'avenue Saint-Viateur et de la rue Hutchison.

Photo : Radio-Canada / Valérie-Micaela Bain

Le Conseil des juifs hassidiques du Québec (CJHQ), qui soutient représenter toutes les communautés hassidiques de la province, se tournera vers les tribunaux pour invalider la limite de 10 personnes par lieu de culte fixée par le gouvernement Legault. Mais selon nos sources, les hassidim ne seraient pas tous d'accord avec cette démarche.

Après avoir épuisé tous les autres moyens pour obtenir des autorités gouvernementales des ajustements afin de permettre aux membres de nos communautés de pouvoir prier dans un environnement sécuritaire, les communautés se tournent vers les tribunaux pour que leurs droits fondamentaux soient respectés, a fait savoir jeudi après-midi le président du CJHQ Max Lieberman dans un bref communiqué.

Par respect pour le processus judiciaire, aucun autre commentaire ne sera fait, a-t-il simplement ajouté.

Selon nos informations, le CJHQ déposera une demande en jugement déclaratoire et en pourvoi en contrôle judiciaire, assortie d'une demande pour l'émission d'une ordonnance en sursis provisoire et d'injonction provisoire en Cour supérieure. Ces requêtes seront entendues vendredi au palais de justice de Montréal.

En guise d'argumentation, le Conseil soumettra à la Cour supérieure que, l'automne dernier, la limite de fidèles – qui avait été fixée à 25 – était calculée par salle et non par bâtiment, et que l'arrêté ministériel du 21 janvier ne précise pas l'existence d'une nouvelle formule qui prévaudrait.

L'escalade

Cette démarche judiciaire fait suite à une série d'interventions policières dans des synagogues de Montréal la fin de semaine dernière, à l'issue de laquelle de nombreux constats d'infraction ont été distribués à des membres des communautés juives hassidiques de la métropole.

Les membres du CJHQ, confus, ont assuré par la suite que ces congrégations avaient agi de bonne foi, expliquant – preuves à l'appui – avoir reçu l'autorisation de la DRSP d'accueillir plusieurs groupes de 10 personnes dans un même bâtiment, à condition que ceux-ci soient réunis dans des zones non contiguës avec des entrées complètement distinctes vers l'extérieur.

Cette autorisation a été retirée depuis. Dix, c'est dix, a martelé mardi le premier ministre du Québec François Legault, précisant qu'il s'était assuré dès lundi matin que c'était un maximum de 10 personnes par bâtiment.

« Il n'y aura pas de passe-droit pour aucune religion », a-t-il lancé.

Des points de vue divergents

Créée le printemps dernier, la Table de concertation interreligieuse – l'interlocuteur des croyants auprès de la santé publique et du gouvernement depuis le début de la pandémie – s'oppose à la contestation judiciaire qui se prépare.

Mais il semble aussi que les juifs hassidiques ne soient pas nécessairement tous d'accord pour demander à la Cour supérieure d'intervenir dans le dossier.

Bien que le CJHQ prétende représenter toutes les communautés hassidiques du Québec, certaines d'entre elles demeurent en quelque sorte indépendantes et détiennent leur propre siège à la Table de concertation interreligieuse. Et elles ne sont pas unanimes.

Mgr Pierre Murray, du Conseil des évêques du Québec, nous a confié que le CJHQ – créé par les Satmars, l'une des cinq principales communautés hassidiques du Québec – a peut-être quitté la Table, mais que les Belz, une autre communauté, s'y trouvent toujours.

Joint par téléphone, le représentant de la communauté Belz n'a pas voulu commenter.

De même, Radio-Canada n'a pu confirmer si les Lubavitch, le groupe hassidique le plus populeux du Québec, endosse la démarche judiciaire qu'intentera vendredi le CJHQ.

Avec la collaboration d'Émilie Dubreuil

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