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Le revenu de base garanti pour tous n'est pas la solution, affirment des experts

Un jeune homme tend un verre vide alors qu'un passant lui donne de la monnaie.

Un panel a soupesé le pour et le contre d'offrir un revenu de base garanti aux Britanno-Colombiens.

Photo : getty images/istockphoto / Motortion

Jeudi, trois universitaires embauchés par le gouvernement britanno-colombien en 2018 ont publié leur rapport sur le revenu minimum de base ainsi que leurs conclusions sur les meilleures stratégies pour réduire la pauvreté et aider les personnes les plus vulnérables tout en les traitant avec dignité.

Ce rapport est le fruit de multiples consultations avec les populations ciblées, avec des organismes communautaires, et avec des représentants gouvernementaux. Les panélistes ont également étudié tous les programmes et stratégies en place pour aider les plus démunis de la province et consulté d'autres études réalisées sur le sujet.

Le panel soutient qu'offrir un revenu garanti de base n'est pas la meilleure façon d'aider les plus démunis à sortir de la pauvreté.

Selon le président du panel et professeur d'économie à l'Université de la Colombie-Britannique, David Green, il serait très coûteux pour la province d'offrir un revenu de base garanti à tous et celui-ci ne serait pas assez avantageux pour ceux qui en bénéficieraient.

L'objectif du revenu de base garanti est de donner plus de stabilité à une personne. Si celle-ci n'a pas à se soucier de ses prochains revenus, elle pourrait décider d'entreprendre un projet d'éducation, de bien-être ou d’entrepreneuriat, précise le président.

En plus d'étudier le bien-fondé d'un revenu de base garanti pour tous en Colombie-Britannique, les experts devaient évaluer si un projet pilote dans lequel on tenterait l'expérience d'offrir ce revenu de base pendant un certain temps, serait une bonne idée.

Mais même un projet pilote de 5 ans ne serait pas assez long, selon le président David Green, pour mesurer les effets bénéfiques à long terme du revenu garanti. Le panel recommande plutôt une combinaison de stratégies sociales et d'aides financières ciblées.

Les besoins des personnes dans notre société sont trop divers pour pouvoir y répondre avec seulement un chèque du gouvernement!

Une citation de :David Green, professeur d'économie, UBC

Recommandations à court et long terme :

  • soins de santé complémentaires (comme les soins dentaires) et aide financière au logement pour tous
  • aide financière et appui social pour des groupes ciblés comme les jeunes qui doivent quitter leur foyer d'accueil à l'âge adulte et les femmes qui fuient la violence.
  • réforme du programme d'assistance-invalidité et hausse des prestations de 500 $/mois
  • réforme du programme d'assistance sociale et hausse de l'exemption de revenus (pour permettre à ceux qui le désirent de travailler et de conserver leurs revenus)
  • révision des exemptions d'impôts fonciers pour les travailleurs à faibles revenus
  • coordonner davantage tous les programmes sociaux
Des pièces de 2 dollars canadiens sur une table, à côté d'une calculatrice.

L'inquiétude financière est grande durant la crise de la COVID-19.

Photo : Getty Images / Osarieme Eweka

Le panel fait remarquer dans son rapport qu'une tranche de la population vulnérable est le travailleur à faible revenu, car les personnes sur l'assistance sociale ont droit à beaucoup d'aide et de programmes et les familles ont droit à de l'aide financière pour les enfants, mais les travailleurs célibataires arrivent difficilement à joindre les deux bouts.

Nous avons besoin de stratégies pour les travailleurs pauvres.

Une citation de :David Green, professeur d'économie, UBC

Chaque année, de 800 à 1000 jeunes atteignent l'âge adulte et quittent leur foyer d'accueil en Colombie-Britannique, ajoute David Green, et les deux tiers d’entre eux sont d'origine autochtone. Il devrait y avoir un ministère pour s'occuper uniquement de ces jeunes, croit le président.

Le panel affirme que le coût de ses recommandations, des aides financières jumelées à des services sociaux, se situe entre 3,3 et 5 milliards de dollars.

Tandis qu'offrir un revenu de base garanti à tous en Colombie-Britannique équivaudrait à une dépense de 52 milliards de dollars, selon les experts du panel.

Le ministre de la Réduction de la pauvreté du Développement social de la Colombie-Britannique, Nicholas Simons, a affirmé par écrit que son ministère va étudier les recommandations du panel et continuer à aller de l'avant avec TogetherBC (Nouvelle fenêtre), la stratégie actuelle de réduction de la pauvreté de la province.

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