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Des démocrates veulent expulser du Congrès une républicaine conspirationniste

Marjorie Taylor Green, parlant à quelqu'un, la main levée, portant  sous sa bouche son masque, sur lequel on distingue le mot « Trump ».

Marjorie Taylor Green, arborant en Chambre un masque sur lequel est inscrit « Trump a gagné ».

Photo : Reuters / Bill O'Leary

La nouvelle élue républicaine Marjorie Taylor Greene, une adepte des théories du complot dont les commentaires sur les réseaux sociaux ont soulevé la controverse, fait face à des appels à la démission. La représentante de la Georgie fera même l’objet d’une résolution visant à l'expulser du Congrès, une initiative vraisemblablement vouée à l’échec.

Dans un communiqué publié mercredi, le démocrate Jimmy Gomez, un représentant de la Californie, a indiqué qu'il présenterait sous peu une résolution appelant à son expulsion de la Chambre des représentants, en invoquant son soutien répété à la sédition, au terrorisme national et à la violence politique.

Un reportage de CNN publié la veille révélait qu'avant son arrivée en politique, en 2018, Marjorie Taylor Greene, fervente partisane de l'ex-président Donald Trump, avait déjà aimé ou semblé approuver des commentaires sur Facebook appelant à l’exécution de démocrates, dont la présidente de la Chambre Nancy Pelosi et l'ex-président Barack Obama.

Sa seule présence en fonction représente une menace directe contre les élus et le personnel qui sert notre gouvernement, et c'est en pensant à leur sécurité ainsi qu'à celle des institutions et des fonctionnaires de notre pays que j'appelle mes collègues de la Chambre à soutenir ma résolution visant à écarter immédiatement la représentante Marjorie Taylor Greene de cet organe législatif, a écrit M. Gomez.

Son collègue Jake Auchinloss, du Massachusetts, a pour sa part demandé sa démission. Si elle ne le fait pas, le Congrès doit l'expulser, a-t-il fait valoir sur Twitter.

Si vous ne comprenez pas qu'appeler au meurtre de rivaux politiques est une menace pour la démocratie, vous ne devriez pas être autorisée à en représenter une.

Une citation de :Jake Auchinloss, représentant démocrate du Massachusetts

Abonnée aux controverses, Marjorie Taylor Greene s'est de nouveau retrouvée sous le feu des projecteurs après que CNN eut déterré certaines de ses activités sur les réseaux sociaux, plus tôt cette semaine.

En janvier 2019, elle avait aimé un commentaire d'une publication Facebook qui mentionnait qu'une balle dans la tête serait plus rapide pour se débarrasser de Nancy Pelosi, selon le réseau.

En avril 2018, à un commentaire suggérant de pendre [...] H & O, en référence à l'ancienne candidate à la présidence démocrate Hillary Clinton et à Barack Obama, elle aurait répondu : Le décor est planté. Les joueurs sont en train de se mettre en place. Nous devons être patients. Cela doit être fait parfaitement, sinon les juges libéraux les laisseraient partir.

Selon CNN, elle a également aimé des commentaires sur l'exécution d'agents du FBI qui, à ses yeux, font partie de l'État profond (deep state), qui aurait travaillé en coulisses pour saboter le travail de Donald Trump.

Marjorie Taylor Greene, qui a depuis effacé ses commentaires controversés, a attaqué le réseau en reprenant la rhétorique de l'ex-président républicain. Je ne reculerai jamais devant l'ennemi du peuple américain, a-t-elle écrit sur Twitter, dénonçant de fausses nouvelles et une opération de salissage.

Elle a en outre soutenu que plusieurs équipes de personnes avaient géré ses comptes au fil des ans et que certains des statuts qu'elle avait partagés ou aimés ne représentaient pas ses points de vue.

Selon un décompte de CNN fait jeudi matin, la représentante a supprimé 19 tweets au cours des 12 heures précédentes.

Des républicains silencieux

Après la diffusion du reportage, un porte-parole de Kevin McCarthy, leader de la minorité républicaine de la Chambre, a qualifié les propos de profondément troublants. Il assuré que M. McCarthy aurait une conversation avec elle.

Marjorie Taylor Greene, qui a récemment été nommée par le leadership républicain au comité responsable des enjeux liés à l'éducation, ne semble cependant pas avoir subi de conséquences.

Bien isolé dans son camp, le représentant Adam Kinzinger, l’un des 10 républicains à avoir appuyé la mise en accusation de Donald Trump pour incitation à l'insurrection, a déclaré jeudi que sa collègue ne devrait siéger à aucun des comités de la Chambre. Ses collègues républicains sont largement restés silencieux.

Ce qui m'inquiète, c'est que les dirigeants républicains de la Chambre des représentants sont prêts à ignorer ces déclarations, a d'ailleurs déploré Nancy Pelosi.

Trumpiste convaincue

Des partisans de Donald Trump à l'assaut du Capitole.

Des partisans de Donald Trump ont pris d'assaut le Capitole, le 6 janvier dernier.

Photo : Reuters / SHANNON STAPLETON

Marjorie Taylor Greene fait partie des élus républicains qui ont refusé de valider la victoire de Joe Biden et continuent d'affirmer, à tort, que Donald Trump s'est fait voler l'élection.

Elle a par ailleurs accusé les antifas et le mouvement Black Lives Matter (La vie des Noirs compte) d'être responsable de l'assaut du Capitole du 6 janvier, pourtant mené par des pro-Trump.

Ceux qui alimentent l'insurrection et répandent des conspirations ont du sang sur les mains, a-t-elle ironiquement écrit sur Twitter au sujet d'élus démocrates.

Il y a 10 jours, Twitter avait suspendu temporairement son compte en raison de multiples violations des politiques d'intégrité civique après un tweet dans lequel elle dénonçait des fraudes électorales.

La représentante, qui a véhiculé plusieurs autres théories farfelues, a affiché son soutien au mouvement conspirationniste QAnon, qui croit que Donald Trump mène une guerre contre une cabale mondiale sataniste et pédophile, à laquelle participent des démocrates.

Plusieurs des adeptes du mouvement, convaincus de la victoire électorale de Donald Trump, ont participé à l'invasion du Capitole.

Des survivants de Parkland veulent la voir partir

Un élève de l'école secondaire Parkland prend sa mère dans ses bras, près d'un mémorial des victimes de la tuerie.

Un élève de l'école secondaire Parkland prend sa mère dans ses bras, près d'un mémorial des victimes de la tuerie.

Photo : Reuters / Carlos Garcia Rawlins

La semaine dernière, des parents de victimes et des survivants de la fusillade de Parkland, qui avait fait 17 morts en février 2018 dans une école secondaire de la Floride, ont appelé à la démission de Marjorie Taylor Greene, après la publication d'un texte révélant qu'elle avait exprimé son accord avec des commentaires sur les réseaux sociaux qualifiant la tuerie de mise en scène.

Elle avait également répondu à un internaute qu'il était vrai que la fusillade de l'école primaire Sandy Hook, de Newtown, au Connecticut, en 2012, était elle aussi mise en scène.

Nancy Pelosi a d'ailleurs exprimé son inquiétude devant le fait que les dirigeants républicains de la Chambre l'aient affectée au comité de l'éducation, alors qu'elle s'était moquée du meurtre de petits enfants à l'école primaire de Sandy Hook et de celui d'adolescents de Parkland.

On me dit que Nancy Pelosi dit à Hillary Clinton plusieurs fois par mois que nous avons besoin d'une autre fusillade dans les écoles afin de persuader le public de vouloir un contrôle strict des armes à feu, avait entre autres écrit Marjorie Taylor Greene sur Facebook en 2018, d'après ce qu'a rapporté le site Media Matters for America, une organisation qui scrute les médias de droite.

Dans une vidéo circulant sur Twitter, Marjorie Taylor Greene laisse entendre qu'une fusillade qui a fait quelque 60 victimes et des centaines de blessés lors d'un festival de musique country à Las Vegas, au Nevada, en 2017, a été spécifiquement orchestrée pour convaincre les partisans du deuxième amendement à renoncer à leurs armes.

Il y avait de fortes chances pour que cette foule soit conservatrice, vote républicain, soit composée de partisans de Trump et soit pour le deuxième amendement, soutient-elle.

Une vidéo ayant émergé cette semaine sur Twitter la montre en outre suivre David Hogg, un élève qui a survécu à la fusillade de Parkland et qui est devenu militant pour le contrôle des armes à feu, l’accusant d’être payé par des lobbys pour attaquer son droit au deuxième amendement.

Mardi, Media Matters for America a également rapporté, capture d'écran à l'appui, qu'elle avait exprimé son accord avec un commentaire disant qu'Hillary Clinton avait participé au meurtre d'un enfant au cours d'un rituel satanique et ordonné de tuer un agent de police pour couvrir son crime.

Elle a aussi déjà contesté le fait qu'un avion ait percuté le Pentagone lors des attentats du 11 septembre 2001.

Représentante d'un bastion républicain, Marjorie Taylor Greene a remporté le 14e district de la Georgie en novembre dernier avec 75 % des voix.

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