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Le couvre-feu n'est pas près de disparaître, prévient Legault

MM. Legault, Dubé et Arruda marchant dans un corridor de l'Assemblée nationale.

Les restrictions actuelles seront maintenues en grande partie après le 8 février, a annoncé le premier ministre Legault, jeudi.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Québec a tempéré les attentes, jeudi, après avoir indiqué que certaines mesures prises pour lutter contre la pandémie de COVID-19 pourraient être assouplies dans deux semaines.

La plupart de ces restrictions vont rester, a indiqué le premier ministre François Legault lors d'une conférence de presse à laquelle le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, ont également participé.

Il y a des attentes qu'il y ait beaucoup d'assouplissements. Je veux être très clair aujourd'hui : il va y avoir des assouplissements le 8 février, mais la plupart des mesures vont rester.

François Legault, premier ministre du Québec

Quant au couvre-feu en vigueur depuis le 9 janvier, il devrait être maintenu, à Montréal comme ailleurs, a laissé entendre Christian Dubé.

Il y a une chose qu'on voit : c'est que ça fonctionne avec le couvre-feu, a-t-il déclaré. Les gens qu'on rencontre nous disent : "Au moins c'est clair, on connaît les règles." Et ce qui est encourageant, c'est qu'on voit que ça a baissé.

Bien que les nouvelles infections et les hospitalisations soient effectivement en baisse au Québec, le premier ministre Legault estime que le moment n'est pas encore venu de baisser la garde ou de renoncer au délestage des opérations chirurgicales.

Comme il l'avait indiqué mardi, son gouvernement fera le point la semaine prochaine pour préciser ses intentions.

Le couvre-feu devait initialement se terminer le 8 février, mais tout indique qu'il se poursuivra après cette date. Autrement dit, la grande majorité des Québécois devront continuer à prendre leur mal en patience, semble-t-il.

Des inquiétudes en vue de la relâche

Il ne faut pas non plus s'attendre à un allègement important des mesures à l'occasion de la semaine de relâche, a averti M. Legault, jeudi. Celle de l'an dernier avait été désastreuse, alors que plusieurs Québécois ayant voyagé aux États-Unis avaient rapporté le coronavirus de ce côté-ci de la frontière.

Pour éviter une propagation inutile, M. Legault demande aux Québécois de rester dans leurs régions respectives cette année, mais le retour des barrages routiers lui semble superflu. La surveillance du couvre-feu occupe déjà assez les policiers sans que ceux-ci soient davantage sollicités, a-t-il expliqué.

Par contre, M. Legault a demandé aux parents de ne pas compter sur les grands-parents pour garder les enfants pendant cette semaine-là. Il a rappelé que les personnes âgées de 65 ans et plus représentent toujours 80 % des hospitalisations et 95 % des décès liés à la COVID-19.

D'autant plus que tout porte à croire que la majorité des aînés devront encore attendre avant de se faire vacciner. Le calendrier de livraison du gouvernement fédéral est constamment revu, a déploré Christian Dubé.

Ce ne sont pas de bonnes nouvelles qu'on a eues du côté des vaccins aujourd'hui, soyons clairs, a pesté le ministre, en référence à l'annonce d'un autre retard dans la livraison des doses du vaccin de Pfizer attendues à court terme.

On avait des gens qu'on prévoyait faire dans les RPA [résidences privées pour aînés] et qu'on n'est pas capables de faire en ce moment.

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Le premier ministre Legault s'est également montré insatisfait de l'indécision de Justin Trudeau quant aux voyages non essentiels, qu'il a reconnu ne pas être lui-même en mesure d'interdire.

Sa confiance envers le gouvernement fédéral est-elle ébranlée?

Ce n'est jamais simple et il n'y a rien de parfait, a répondu M. Legault. Mais il faut voir l'alternative. Est-ce que les Québécois sont prêts à voter oui dans un référendum demain matin? Je pense qu'avoir un parti et un gouvernement qui essaient de rendre le Québec plus autonome [...], c'est encore la meilleure [solution].

La peur du variant britannique

La santé publique du Québec a recensé jeudi 37 décès de plus et 1368 nouveaux cas, ce qui porte à 258 698 le nombre de cas confirmés depuis le début de la pandémie.

Le nombre d'hospitalisations a quant à lui reculé de 26 par rapport aux données de la veille, pour un total de 1264 patients alités en raison de la COVID-19. De ce nombre, ­212 sont traités aux soins intensifs, soit 9 de moins que la veille.


L’évolution de la COVID-19 au Québec


Dans ce contexte, le premier ministre Legault a estimé que la propagation du nouveau variant britannique pourrait mener à une catastrophe dans les hôpitaux du Québec s'il venait à s'y installer.

Le Royaume-Uni compte actuellement plus de 37 000 hospitalisations dues à la COVID-19. C'est comme si le Québec en dénombrait environ 4600, a-t-il illustré.

En attendant, le gouvernement Legault investira pour mieux détecter la présence des nouveaux variants au cours des tests de dépistage de la COVID-19. Une annonce à cet effet sera faite sous peu, a indiqué le ministre Dubé.

Une journée pour se souvenir

François Legault a par ailleurs fait savoir jeudi qu'une journée nationale de commémoration aura lieu le 11 mars prochain pour rendre hommage aux victimes du nouveau coronavirus.

Il est encore trop tôt pour déterminer si cet événement reviendra chaque année, a fait savoir le cabinet du premier ministre après la conférence de presse.

Un sans-abri traverse une rue la nuit tombée.

Les constats d'infraction remis aux itinérants pour avoir violé le couvre-feu seront annulés, a promis le premier ministre Legault jeudi.

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

Enfin, le premier ministre Legault a déclaré qu'il avait lui-même décidé que le gouvernement ne contesterait pas l'ordonnance de sauvegarde de la Cour supérieure suspendant l'application du couvre-feu pour les sans-abri.

Les amendes remises aux itinérants pour avoir violé le décret du 8 janvier seront annulées, a-t-il promis.

Il a précisé qu'à sa connaissance, moins de 10 constats d'infraction avaient été distribués spécifiquement pour cette raison.

Avec Sébastien Bovet, Hugo Lavallée et La Presse canadienne

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