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Robinhood, Desjardins et TD limitent les échanges d'actions de GameStop

Des passants marchent devant un magasin GameStop à New York.

GameStop, connu au Québec sous le nom d'EB Games, est au cœur d'une tempête boursière sans précédent.

Photo : Associated Press / John Minchillo

Radio-Canada

La saga de la société GameStop a pris une nouvelle tournure jeudi, alors que Robinhood et d’autres maisons de courtage en ligne ont imposé des restrictions sur les échanges de ses actions. Une mesure qui suscite la colère des petits investisseurs amateurs, « redresseurs de spéculation boursière », qui utilisent l'application de Robinhood.

L’action de GameStop, qui ne valait que 20 $ l’action au début du mois, a enregistré une nouvelle hausse de 20 % jeudi matin, atteignant 415 $ l’action. Cette augmentation est modérée comparativement à celles enregistrées au cours des derniers jours. L’action est toutefois retombée à quelque 240 $ pièce, chutant de plus de 30 % dans les échanges, après l’annonce des mesures restrictives entourant les échanges de ces titres.

La popularité de l’application boursière Robinhood, qui permet de faire gratuitement des transactions, a explosé, cette année, entraînant une prolifération de l’activité de petits investisseurs. Ce boom boursier est alimenté par des forums de discussions en ligne, dont l’influent Reddit, qui ont fait grimper le prix des actions de GameStop au cours des dernières semaines.

Les petits investisseurs ont ainsi défié les grandes institutions qui avaient misé sur une baisse de la valeur de ces titres.

Prises de court, des entreprises de Wall Street ont encaissé des pertes de plusieurs milliards de dollars.

Qu'est-ce que GameStop?

GameStop est une chaîne de détaillants de jeux vidéo et d’objets ludiques. L’entreprise américaine a eu du mal à s’adapter à l’explosion du commerce en ligne causée par la pandémie de COVID-19. La chute draconienne des ventes de jeux vidéo en magasin a amené bon nombre d’investisseurs à quitter le navire et d’autres à parier sur l’effondrement de son titre boursier. Cet effondrement n'a toutefois pas eu lieu, en raison de l'implication de petits investisseurs.

Robinhood appuie sur les freins

La maison de courtage Robinhood a toutefois freiné cette frénésie, jeudi, en indiquant à ses utilisateurs qu’elle restreindrait les transactions d’actions d’un certain nombre de sociétés qui ont enregistré des hausses vertigineuses, notamment GameStop, BlackBerry, Bed Bath & Beyond ou Nokia.

Le logo de l'application de transactions boursières Robinhood.

L'application de transactions boursières Robinhood a restreint les échanges sur le titre de plusieurs sociétés comme GameStiop.

Photo : Associated Press / Patrick Sison

La valeur des actions de ces sociétés a plus que quadruplé cette année, entraînée par la frénésie des petits investisseurs.

Robinhood a indiqué que les transactions des actions touchées par le phénomène seraient limitées aux investisseurs souhaitant liquider les leurs.

Nous avons également augmenté les exigences en matière de marge pour certains titres, a déclaré Robinhood.

Les investisseurs devront donc composer avec de nouvelles limites sur la quantité d'argent qu'ils sont autorisés à emprunter pour acheter certaines actions. Cela aura pour effet de rendre les actions plus difficiles à acquérir.

Ces mesures ont été prises à la suite de restrictions similaires appliquées mercredi par les maisons de courtage Schwab et TD Ameritrade.

Desjardins et la Banque TD suivent

Au cours de la journée, la Banque TD a confirmé à CBC News qu’elle emboîtait le pas à Robinhood en limitant les transactions sur certains titres.

Un porte-parole a déclaré que la banque avait mis en place des mesures de précaution pour limiter la vente à découvert et la négociation d'options pour certains titres, comme l'ont fait plusieurs maisons de courtage et plateformes de négociation en Amérique du Nord.

Un jeune prend un jeu sur une tablette d'un magasin de jeux vidéo.

GameStop opère plus de 5 800 magasins dans 14 pays.

Photo : The Associated Press / Albert Cesare

Desjardins a imité les autres grandes entreprises en restreignant les transactions d’actions de sociétés comme GameStop et AMC Entertainment, dont les actions sont jugées trop volatiles par l’entreprise québécoise.

Dans le souci de protéger ses clients contre les risques de pertes de ces pratiques, Desjardins Courtage en ligne a décidé jeudi de retirer la marge [de crédit] pour acquérir les titres visés par le mouvement, a indiqué le porte-parole de Desjardins, Richard Lacasse, à Radio-Canada.

En clair, ces titres ne pourront être achetés qu’au comptant, a indiqué M. Lacasse.

Ce dernier précise que ces restrictions sont monnaie courante.

On le fait à chaque fois que nos clients sont exposés à des risques trop élevés de pertes.

Une citation de :Richard Lacasse, porte-parole de Desjardins

Une décision inacceptable, selon une élue américaine

Alexandria Ocasio-Cortez, représentante au Congrès américain d’une partie de la ville de New York, a critiqué la décision de Robinhood de restreindre les échanges des actions de sociétés qui ont enregistré des gains spectaculaires.

[Robinhood a décidé] d'empêcher les petits investisseurs d'acheter des actions alors que les fonds spéculatifs peuvent librement échanger les actions comme ils l'entendent.

Une citation de :Alexandria Ocasio-Cortez, représentante du 14e district congressionnel de New York

Mme Ocasio-Cortez a déclaré que cette décision est inacceptable, ajoutant que le Congrès doit en savoir plus sur la décision de Robinhood.

Elle a déclaré que l'enquête de la commission des services financiers de la Chambre des représentants ne devrait pas se limiter à Robinhood, mais examiner tout service transactionnel gelant les achats d'actions dans le cadre d'enquêtes potentielles – en particulier celles autorisant les ventes, mais gelant les achats.

David contre Goliath

Certaines grandes institutions telles que Citron Research et Melvin Capital avaient parié que les actions de GameStop chuteraient au fur et à mesure que la société se transformerait d'un détaillant briques et mortier en un vendeur en ligne.

Les petits investisseurs ont toutefois coupé l’herbe sous le pied de ces grandes institutions en soutenant l’action de GameStop, achetant massivement des titres de cette société. En faisant grimper l'action de GameStop, ils ont forcé les grands joueurs à couvrir leurs paris. Ces derniers ont dû racheter ces actions, contribuant ainsi à en faire augmenter davantage leurs valeurs.

L'objectif déclaré de Robinhood est de démocratiser l'investissement et d’amener plus de gens ordinaires à investir.

L'entreprise s’est toutefois heurtée aux régulateurs qui soutiennent que l'entreprise minimise les risques de ces échanges. Elle assure prendre les mesures nécessaires pour éduquer les utilisateurs de sa plateforme.

Avec les informations de Associated Press, CBC News, et BBC

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