•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ottawa confirme une nouvelle baisse des livraisons de vaccins de Pfizer-BioNTech

Une travailleuse de la santé remplit une seringue du vaccin de Pfizer-BioNTech.

Une travailleuse de la santé remplit une seringue du vaccin de Pfizer-BioNTech.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Les autorités fédérales ont admis jeudi, pour la troisième fois en deux semaines, que le nombre de doses du vaccin de Pfizer-BioNTech attendu à court terme sera moindre qu'anticipé. Elles maintiennent toutefois contre vents et marées que le Canada recevra les 4 millions de doses prévues d'ici la fin mars.

En conférence de presse, le major-général Dany Fortin, responsable de la logistique entourant la distribution de vaccins au pays, a ainsi annoncé que la réduction de 50 % des doses que la pharmaceutique avait annoncée le 15 janvier allait finalement être de l'ordre de 70 %.

En plus des 79 000 doses qui doivent être livrées la semaine prochaine, le Canada en recevra 70 000 lors de la deuxième semaine de février. Ottawa s'attend ensuite à en recevoir 335 000 et 395 000 lors des deux semaines subséquentes, pour un total de 879 000 doses en février.

Le 8 janvier, le major-général Fortin avait annoncé que 208 650 doses du vaccin de Pfizer-BioNTech seraient livrées au pays chaque semaine d'ici la fin de janvier, puis que ce nombre passerait à environ 365 000 par semaine en février.

Mais une semaine plus tard, il avait annoncé que ces livraisons seraient réduites en raison de travaux d'expansion que Pfizer doit effectuer à son usine de Puurs, en Belgique. Il anticipait alors une baisse minimale lors de la semaine du 18 janvier, puis des baisses de 75 %, 50 % et 25 % pour les trois semaines suivantes.

Il s'est finalement avéré que la baisse a été de 18 % pour la semaine du 18 janvier, de 100 % pour la semaine en cours, d'environ 80 % pour les deux premières semaines de février, et enfin 10 % pour la semaine suivante. Pour la dernière semaine de février, la hausse sera d'environ 8 %.

Le major-général Fortin n'a pas été en mesure de divulguer de chiffres plus précis pour le mois de mars. Il a cependant assuré à de très nombreuses reprises que Pfizer aura bel et bien livré un total 4 millions de doses du vaccin d'ici la fin de mars.

Selon lui, l'engagement contractuel de la pharmaceutique avec le ministère de l'Approvisionnement porte sur ces 4 millions de doses. À l'heure actuelle, Santé Canada calcule que chaque fiole du vaccin contient cinq doses, a-t-il précisé, même si Pfizer a demandé à Santé Canada de confirmer qu'elle en contient six.

Peu importe la décision de Santé Canada, Pfizer livrera 4 millions de doses au Canada d'ici la fin mars, a-t-il assuré, et ajustera ses livraisons en conséquence.

Nous calculons cinq doses par fiole. Pfizer calcule six doses par fiole. La décision [de Santé Canada] n’a pas été prise. […] Mais nous nous attendons à recevoir, tel que Pfizer nous l’a assuré, 4 millions de doses.

Une citation de :Le major-général Dany Fortin

Le réseau Global rapportait plus tôt jeudi que des capitales provinciales avaient reçu des informations selon lesquelles ce nombre pourrait plutôt avoisiner les 3,5 millions de doses, mais le major-général Fortin a fait valoir qu'il s'agissait de chiffres servant à des fins de planification.

Pfizer nous assure que nous allons atteindre un total de 4 millions de doses d'ici fin mars, a réitéré le major-général Fortin. Alors, nécessairement, les chiffres de mars seront ajustés. Il est possible aussi que les chiffres de février soient ajustés à la hausse en conséquence, pour arriver à l'objectif de 4 millions.

COVID-19             : ce qu'il faut savoir

L'enjeu de la sixième dose

Ottawa a reconnu il y a plusieurs semaines déjà que les fioles de Pfizer contiennent suffisamment de liquide pour administrer six doses, mais la monographie d'utilisation du vaccin de Santé Canada continue néanmoins de considérer officiellement qu'une fiole en compte cinq.

Lundi, Santé Canada indiquait qu'il s'agissait là d'un surplus à utiliser, en précisant que ce volume supplémentaire est conforme aux exigences réglementaires mises en place qui exigent que chaque flacon contienne un volume de vaccin suffisant pour administrer le nombre de doses approuvé.

Santé Canada n'a admis que mercredi que Pfizer lui avait demandé de modifier sa monographie. Depuis le début de l'année, la Food and Drug Administation des États-Unis et l'Agence européenne des médicaments ont accepté de donner suite à cette requête.

Selon le sous-administrateur en chef de l'Agence de santé publique du Canada (ASPC), le Dr Howard Njoo, Santé Canada va vérifier, avant de prendre sa décision, s'il y a suffisamment de preuves que la sixième dose peut être obtenue de façon régulière et constante.

L'extraction de cette sixième dose n'est cependant pas automatique. Pour y parvenir avec plus de certitude, il appert que les vaccinateurs doivent utiliser des seringues dites à faible volume mort, qui emprisonnent moins de vaccin autour de l'aiguille après une injection, réduisant ainsi les pertes.

La major-général Fortin et le Dr Njoo ont cependant admis jeudi qu'ils ne savent aucunement à quelle fréquence les vaccinateurs du pays arrivent à extraire cette sixième dose à l'heure actuelle. Certains y arrivent plus régulièrement que d'autres, ont-ils dit, sans pouvoir donner plus de précisions.

On a des données partielles. Des provinces ont indiqué être en mesure d'extraire d'une façon régulière les six doses. Certaines juridictions ont eu des difficultés à extraire ça de façon constante, peut-être en raison de l'équipement, de la pratique, a expliqué Dany Fortin.

C'est une combinaison de facteurs qui va faire en sorte qu'on pourra maximiser ce qu'on peut avoir du produit. Ça inclut non seulement les seringues appropriées, mais aussi l'entraînement.

On n'a pas les données [...] pour indiquer dans chaque province et territoire combien de doses on est capable de tirer de chaque fiole. [...] Ça dépend peut-être de la compétence, de l'expérience des personnes qui sont responsables de l'administration des vaccins. C'est difficile de donner un aperçu à travers tout le pays.

Une citation de :Le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de l'ASPC

Plus tôt cette semaine, le ministère québécois de la Santé a indiqué dans un courriel envoyé à Radio-Canada que les vaccinateurs de la province n'y parviennent qu'à l'occasion. Le CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal a indiqué qu'il réussissait à extraire une sixième dose une fois sur sept.

Inquiétudes à Québec

Le premier ministre Legault gesticule en conférence de presse.

Le premier ministre du Québec, François Legault, s'est s’inquiète des impacts du retard que prennent les livraisons de doses de vaccins sur la protection des populations vulnérables. Une date qui va devenir très importante, c'est quand aurons-nous vacciné toutes les personnes de 65 ans et plus. [...] Malheureusement, avec les nouvelles qu'on a, cette date-là s'éloigne, a-t-il déclaré jeudi, lors d'une conférence de presse.

On a des inquiétudes tant que les personnes de 65 ans et plus ne seront pas vaccinées, a-t-il ajouté.

En dépit de ces critiques, le ministre de la Santé du gouvernement Legault, Christian Dubé, a réitéré que malgré les retards successifs des livraisons de doses de vaccins annoncés par Ottawa, Québec recevra ses 1,3 million de doses de vaccin attendues pour le 31 mars.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !