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Facebook prié de restaurer des messages controversés ayant été supprimés

L'homme est vêtu d'un polo gris.

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Agence France-Presse

Le conseil de surveillance de Facebook juge « vague » la politique de modération des contenus de la plateforme et a annulé quatre décisions du réseau social de supprimer des publications sur cinq cas examinés, estimant ces choix problématiques.

L'une des annulations porte sur une publication en France que la société avait considérée comme présentant un risque imminent... de danger physique, selon un communiqué daté de jeudi.

Ce message d'octobre 2020 était une vidéo et un texte d'accompagnement en français dans un groupe Facebook consacré à la COVID-19. La publication faisait état d'un prétendu scandale à l'Agence nationale du médicament, le régulateur du secteur de la santé, qui avait refusé d'autoriser l'utilisation de l'hydroxychloroquine contre la COVID-19.

L'utilisateur critiquait l'absence de stratégie sanitaire en France et jugeait que l'hydroxychloroquine pouvait sauver des vies.

Le conseil, dont la mission est d'évaluer des décisions de la plateforme sur certains contenus controversés, a demandé à Facebook de restaurer ce message, jugeant que le règlement du site sur la désinformation et le danger physique imminent étaient indûment vagues.

Les cas examinés sont des publications supprimées en octobre et en novembre sur quatre continents – Europe, Amérique du Nord, Asie et Amérique du Sud – par Facebook. Le conseil, qui a commencé son travail en décembre, s'est saisi de six premiers cas au total.

Ils portent sur des contenus ayant enfreint les règles du réseau sur les discours de haine, les organisations dangereuses ou encore la nudité. Mis à part la publication française, les exemples concernent les tensions politiques en Birmanie, le conflit entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie ou encore une citation d'un dirigeant nazi par un utilisateur de Facebook aux États-Unis.

Le flou persiste

Dans l'un des cas, le conseil de surveillance mentionne s'être interrogé sur la question suivante : le réseau social avait-il le droit de retirer une publication contenant une injure haineuse dans le contexte d'un conflit armé?

Dans plusieurs cas, les membres se sont demandé si le règlement de Facebook était suffisamment clair, ajoute le conseil de surveillance, qui a émis plusieurs recommandations, demandant notamment au groupe de Mark Zuckerberg d'être plus transparent sur la façon dont il modère la désinformation.

Facebook doit se conformer aux décisions de cette instance.

Le projet d'une sorte de Cour suprême ayant le dernier mot sur les contenus controversés sur Facebook et Instagram avait été annoncé à la fin de 2019 par M. Zuckerberg. Le patron du groupe californien essuie, depuis des années, des critiques et des enquêtes sur sa politique de modération, souvent considérée comme trop laxiste.

La plateforme se voit reprocher son manque de réactivité contre certains appels à la violence, liés par exemple aux massacres de Rohingyas en Birmanie en 2017 ou au récent meurtre du professeur Samuel Paty en France.

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