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AstraZeneca mis en cause sur l'efficacité de son vaccin chez les personnes âgées

Le groupe pharmaceutique continue néanmoins de défendre l'efficacité de son vaccin contre le coronavirus chez les aînés.

Une infirmière vaccine une femme âgée. Un homme âgé est assis tout près.

Un couple d'octogénaires allemands reçoit le vaccin de Pfizer-BioNTech au centre des congrès de Wiesbaden, le 19 janvier.

Photo : Reuters / ARNE DEDERT

Agence France-Presse

« Pas assez de données disponibles » : la commission de vaccination allemande déconseille le vaccin AstraZeneca pour les personnes âgées de plus de 65 ans, un revers pour le laboratoire britannique.

Faute de preuves d'efficacité chez les plus âgés, le vaccin [contre la] COVID-19 d'AstraZeneca est présentement recommandé uniquement pour les personnes âgées de 18 à 64 ans, écrit la commission de vaccination (STIKO) dans un document consulté par l'AFP.

L'avis remis au ministère de la Santé précise que les données disponibles actuellement sont insuffisantes pour évaluer l'efficacité du vaccin au-delà de 65 ans.

Cette recommandation nationale intervient alors que le régulateur sanitaire européen doit se prononcer vendredi sur l'autorisation du vaccin britannique sur l'ensemble du continent.

AstraZeneca a vivement répliqué aux experts allemands, assurant que les dernières analyses [...] confirment l'efficacité du vaccin dans le groupe des plus de 65 ans, selon un porte-parole.

Le vaccin d'AstraZeneca, élaboré avec l'Université d'Oxford, est largement distribué au Royaume-Uni où il est administré à toutes les catégories d'âge.

Deux médias allemands avaient mis en doute cette semaine son efficacité auprès des personnes âgées de plus de 65 ans. Ces propos avaient déjà été démentis par le fabricant comme par le gouvernement allemand.

Le directeur général d'AstraZeneca, Pascal Soriot, avait cependant reconnu qu'il existait une quantité limitée de données pour la population âgée et avait donc jugé possible que certains pays préfèrent ne pas l'administrer à cette catégorie pour l'instant.

Il y avait certes trop peu de cas chez les personnes âgées dans les essais d'AstraZeneca pour observer des niveaux précis de protection dans ce groupe, observe la responsable des vaccinations au sein de l'agence gouvernementale de santé britannique Mary Ramsay. Mais les données sur les réponses immunitaires sont très rassurantes, a-t-elle ajouté.

Selon AstraZeneca, le vaccin est efficace à 70 %, contre plus de 90 % pour Pfizer-BioNTech et Moderna, un résultat validé par la revue scientifique The Lancet.

Le laboratoire britannique subit depuis plusieurs jours les foudres des dirigeants de l'Union européenne (UE) en raison de retards de livraisons prévues sur les quantités déjà commandées par l'UE.

AstraZeneca avait argué la semaine dernière d'une baisse de rendement à une installation de fabrication européenne, expliquant ne pouvoir livrer qu'un quart des doses initialement promises à l'UE au premier trimestre.

Bruxelles, qui a précommandé jusqu'à 400 millions de doses du vaccin AstraZeneca-Oxford, n'est pas convaincu par ces justifications qu'elle juge insatisfaisantes.

Un frein à la vaccination

Le vaccin d'AstraZeneca est attendu avec impatience dans tous les États membres, où il doit permettre d'accélérer les campagnes de vaccination en ajoutant des millions de doses supplémentaires à celles des laboratoires Pfizer-BioNTech et Moderna, les deux premiers produits autorisés sur le continent.

Si son accès devait être réservé uniquement aux moins de 65 ans, cela contraindrait la plupart des gouvernements européens à réexaminer leur stratégie présentement axée sur la vaccination prioritaire des plus âgés.

Les pays européens se plaignent de la lenteur de fabrication des vaccins, mis au point en un temps record.

Pour autant, 70 % des doses administrées présentement le sont dans les pays riches (Europe, États-Unis et pays du Golfe) et aucun programme de vaccination de masse n'a commencé dans un pays pauvre alors que la pandémie ne reflue pas.

Au total, elle a fait au moins 2,17 millions de morts et infecté plus de 100,8 millions de personnes depuis la fin de décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP jeudi.

Sortie jeudi de quarantaine en Chine, une équipe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a entamé une mission ultra-sensible destinée à enquêter sur les origines de la pandémie dans ce pays où elle s'était déclarée il y a plus d'un an.

Le régime chinois, qui ne veut pas se voir mis en cause, a mis en garde contre toute ingérence politique.

L'OMS favorable aux mesures sanitaires

Les nouveaux variants de ce virus mondial ne cessent de se propager : celui apparu au Royaume-Uni s'est étendu à 70 pays et le variant sud-africain à 31, selon l'OMS. De premiers cas du variant sud-africain ont été détectés aux États-Unis.

L’OMS a exhorté jeudi à ne pas lâcher du lest sur les restrictions en Europe.

Certains pays prévoient d'ailleurs de renforcer les contraintes, comme l'Allemagne qui compte imposer une réduction importante du trafic aérien avec le Royaume-Uni, le Brésil, l'Afrique du Sud et le Portugal, des pays qu'elle considère comme les plus touchés par les nouveaux variants.

Le Portugal, où le virus provoque une pression gigantesque sur les hôpitaux, a enregistré jeudi un nouveau record de décès, avec 303 morts supplémentaires en 24 heures.

Au Royaume-Uni, premier pays européen à avoir dépassé les 100 000 morts, la pression sur le système hospitalier reste forte.

Le truc avec ce virus, c'est que vous avez l'impression de disparaître, a confié un malade de la COVID-19 de 47 ans, Justin Flemming, soigné à l'hôpital King's College de Londres. Il évoque sa terreur à l'idée de ne peut-être plus voir ses proches, d'être un ami disparu, juste une statistique.

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