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Québec vise à réduire de moitié les déchets enfouis d'ici 5 ans

Il donne une conférence de presse.

Le ministre de l'Environnement Benoît Charrette

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charette, vise à réduire de 50 % d’ici 2025 les 17 000 tonnes de déchets qui sont quotidiennement enfouis dans la province. « C'est un bilan qu'on doit changer et qu'on doit améliorer », dit-il. Même si le ministre estime avoir commencé le grand ménage dans les sites d’enfouissement, leur avenir pourrait se décider d’ici la fin de l’année. Il a mandaté le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) pour l'aider à y voir plus clair.

60 % des déchets sont de la matière organique. Déjà, en partant, cette matière-là ne devrait pas se retrouver dans les centres d'enfouissement parce que ça se valorise bien, indique le ministre. C'est-à-dire que les déchets organiques peuvent être facilement réutilisés.

Ils se trouvent souvent dans les déchets résidentiels, et on peut les traiter avec la biométhanisation et produire du gaz utilisé comme source d'énergie. Les plastiques, le verre et les métaux peuvent être recyclés ou consignés. Québec a d'ailleurs déjà annoncé une partie de sa stratégie pour détourner ces déchets des sites d'enfouissement et les réutiliser proprement.

Il restera toujours des résidus, comme certains détritus de construction, avec lesquels on ne peut rien faire et qui sont voués à être enfouis. On les appelle les résidus ultimes.

Les communautés qui s'inquiètent d'avoir un centre dans leur cour pourront être rassurées et avoir l'heure juste sur la durée d'exploitation du site et leurs contaminants potentiels, assure-t-il. Depuis des années, on renouvelle des contrats sans savoir quels sont les besoins d'enfouissement pour les prochaines années, mais cette pratique tire à sa fin, selon le ministre.

Le BAPE a pour mandat de lui fournir un portrait de la situation. Le ministre veut connaître avec précision le nombre de sites d'enfouissement au Québec, mais aussi leur capacité pour les 20 prochaines années afin de mieux planifier les besoins en gestion des matières résiduelles. Il estime que le Québec accuse un certain retard parce que cette évaluation n'a jamais été faite en profondeur.

Finie la dépendance?

L'organisme gouvernemental doit ensuite lui fournir des pistes de solutions pour réduire encore plus la proportion de déchets, en lui indiquant les nouvelles technologies développées à l'étranger. Selon Benoit Charette, si le Québec traite mieux ses déchets, il ne devrait rester que les résidus ultimes dans les dépotoirs. Il croit qu'il ne faut plus tarder pour trouver comment revaloriser les déchets et leur donner une deuxième vie utile.

On pense qu'au cours des prochaines années, 100 % de la matière organique dans les commerces, les institutions, mais également les industries, pourra être récupérée et revalorisée. Québec investira 1,2 milliard de dollars d'ici 2030 pour y parvenir et développer une économie autour de cette matière.

On a une très grande dépendance à l'égard de certains marchés internationaux actuellement. Ce sont des marchés qui se sont refermés beaucoup ces dernières années. On a vu des conteneurs de papiers et d'autres déchets nous revenir d'Asie parce que la qualité n'était pas suffisante, même pour les marchés asiatiques. Il faut cesser de dépendre des marchés internationaux et arriver à les revaloriser ici même au Québec et trouver des débouchés chez nous. Ça touche le quotidien de tout le monde! On met chacun à la rue notre bac bleu et notre sac de déchets, ajoute-t-il.

Déjà, plusieurs dizaines de millions de dollars ont été annoncés dans le dernier budget pour moderniser les centres de tri de la province. La stratégie sur la réduction des déchets de plastique sera détaillée l'automne prochain. Celle sur la consigne a été annoncée.

Le rapport du BAPE, quant à lui, est attendu d'ici la fin de l'année. Benoit Charrette prétend qu'il aura ensuite tout en main pour une vaste réforme des dépotoirs du Québec.

Dans une lettre adressée au ministre Charrette l'automne dernier, Équiterre a réclamé que le BAPE pousse plus loin son analyse concernant les déchets qui ne peuvent être réutilisés, recyclés ou revalorisés

Nous croyons qu’il est inévitable de discuter des enjeux à la source du problème de l’élimination des déchets ultimes, soit leur production. Ainsi, dans le cadre du BAPE, la réduction à la source doit être abordée, ainsi que l’économie circulaire. L’écoconception doit être au cœur de l’analyse du prochain mandat afin que le résidu ultime soit chose du passé.

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