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100 km à vélo en mémoire des survivants d'Auschwitz

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Louis Garneau et Ivan Waddell, vêtus de chandails de prisonnier, posent avec Marcel Zielinski et un vélo à pneus surdimensionnés.

En ce 76e anniversaire de la libération d'Auschwitz, Louis Garneau (à gauche) et Ivan Waddell (à droite) ont parcouru 100 km à vélo en présence d'un survivant du camp de concentration, Marcel Zielinski.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Martin

« J’ai vu beaucoup de gens mourir et d’autres atrocités à l’âge de 9 et 10 ans. Je me souviens de tout. »

Les mots sont ceux de Marcel Zielinski, un survivant d'Auschwitz. L’homme de 86 ans était de passage à Québec, mardi, ayant accepté l’invitation de son ami Louis Garneau à l’occasion du 76e anniversaire de la libération du plus grand camp de concentration du régime nazi.

L'ex-cycliste était ressorti marqué de sa rencontre avec M. Zielinski, initiée par un ami commun, il y a un an. J’avais beaucoup de problèmes avec l’entreprise et quand j’ai rencontré cet homme là, je me suis dit que lui avait de vrais problèmes. Les miens, j’allais les régler, a relaté Louis Garneau.

La longue vie qu’a mené le survivant après avoir connu les horreurs des camps de concentration est le plus bel exemple de résilience d’un être humain, a fait remarquer l'homme d'affaires avant de céder la parole à son invité, son idole.

Côtoyer la mort tous les jours

La mort faisait partie de notre quotidien. L’atelier dans lequel je travaillais au camp était voisin d’un lieu d'exécution. On regardait à travers la vitre les Allemands abattre des gens d’une balle derrière la tête, a raconté Marcel Zielinski, rappelant notre devoir de mémoire vis-à-vis l’Holocauste.

Ce dernier a également vivement décrit le matin, il y a 76 ans, où l’armée russe est entrée à Auschwitz, libérant les détenus. Ce jour-là, avec un groupe d’enfants du camp, l’homme alors âgé de 10 ans est parti à pied vers le domicile familial de Cracovie dans l’espoir d’y retrouver ses parents.

Une dure marche de 100 km dans le froid, sans nourriture, au bout de laquelle il a réalisé que la maison dans lequel il avait habité avec ses parents avant la guerre était désormais habitée par d’autres qui se l’étaient appropriée.

Louis Garneau, sur son vélo, discute avec Marcel Zielinksi.

Louis Garneau était ressorti marqué de sa rencontre avec Marcel Zielinski, il y a un an, et il tenait à le recevoir à Québec.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Martin

Chaque année, des cyclistes parcourent la route reliant Auschwitz à Cracovie en mémoire de cette marche faite par les survivants du camp, le 27 janvier 1945. Louis Garneau voulait faire écho à cet événement en rassemblant un groupe de cyclistes, mardi, qui se sont relayés en vélos à pneus surdimensionnés sur une distance de 100 km entre Trois-Rivières et Saint-Augustin-de-Desmaures.

Le tout vêtu d’une tenue de prisonnier marquée du numéro B14442, celui-là même que des soldats nazis avaient tatoué sur le bras de Marcel Zielinski, à Auschwitz.

Un drame familial pour Ivan Waddell

Ami de longue date de Louis Garneau, l’ex-olympien Ivan Waddell n’a pas hésité à se joindre à la randonnée commémorative. L’histoire de sa famille est intimement liée à la Deuxième Guerre mondiale, a-t-il raconté mardi.

Un homme d'affaires juif prospère en Tchécoslovaquie, son grand-père a tout laissé derrière pour fuir avec sa famille avant de tomber dans les griffes des soldats allemands.

Ma mère et sa soeur, à 9 et 7 ans, ont traversé les Alpes dans un sac de patates, sauvées par des Italiens, alors que mes grands-parents ont voyagé de leur bord parce que c’était moins risqué. Ils se sont retrouvés deux ans plus tard en Israël et ils sont venus au Canada, à Montréal.

Si ses grands-parents et sa mère ont ensuite vécu une longue vie, ils sont toujours demeurés profondément marqués par ce qu’ils avaient vécu.

Du côté de ma grand-mère, tout le reste de la famille est décédé dans des camps de concentration. C’est important de se souvenir de ce moment important de notre histoire.

Un point de vue partagé par Marcel Zielinski. Je suis un témoin de ce qui est arrivé à 6 millions de personnes. Nous n’oublierons jamais et en continuant d’en parler, on espère éviter que cela se reproduise , a-t-il rappelé dans la langue de Shakespeare.

Avec les informations de Jean-Philippe Martin

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