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Musée canadien de l’histoire : le sort du PDG entre les mains de Steven Guilbeault

Le Musée canadien de l'histoire en hiver.

L'enquête sur le climat de travail au Musée est terminée et ses conclusions ont été remises au ministre du Patrimoine.

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Le gouvernement fédéral a reçu un rapport d’enquête sur des allégations de harcèlement en milieu de travail au Musée canadien de l’histoire et statuera bientôt sur le sort de son président-directeur général Mark O’Neill.

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, l’avocate spécialisée en relations de travail Michelle Flaherty a récemment terminé l’enquête qui avait été lancée cet été à la suite d’une plainte d’un employé du Musée.

Selon plusieurs sources, la plainte visait les méthodes de gestion de M. O’Neill, y compris des allégations de harcèlement psychologique. Ce dernier est à la tête du Musée depuis 2011.

Mark O’Neill en entrevue à Radio-Canada

Mark O’Neill, PDG du Musée canadien de l'histoire, est en congé maladie depuis l'été dernier (archives).

Photo : Radio-Canada

Les éléments principaux du rapport de Mme Flaherty ont été partagés avec le PDG ainsi qu'avec le plaignant au cours des dernières semaines. Le rapport final a été récemment remis au conseil d’administration de l'institution.

Ce dernier a formulé une recommandation principale qui a ensuite été acheminée au ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault.

Le rapport d’enquête et la recommandation du conseil d'administration seront discutés entre la présidente intérimaire du conseil d’administration et le ministre, affirme Camille Gagné-Raynauld, attachée de presse de M. Guilbeault.

Un homme barbu accorde une entrevue à la caméra.

Steven Guilbeault, ministre du Patrimoine canadien

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Selon Mme Gagné-Raynauld, le rapport final ne sera pas rendu public afin de protéger la vie privée des personnes et de préserver la confidentialité du processus.

Toutefois, elle ajoute que le gouvernement fédéral applique une politique de tolérance zéro en matière de harcèlement sur les lieux de travail.

« Le gouvernement du Canada s’attend des musées nationaux qu’ils incarnent les plus hauts standards en matière de respect, de saines relations de travail et d’inclusion. Cela implique de prioriser, en tout temps, le bien-être physique et mental des membres du personnel. »

— Une citation de  Camille Gagné-Raynauld, attachée de presse du ministre du Patrimoine

Le processus mis en doute

Mark O’Neill n’a pas encore publiquement commenté l’enquête qui le vise. Son avocat, toutefois, a émis des doutes quant au processus, surtout en ce qui a trait à la confidentialité de l’enquête en cours.

Depuis le tout début, M. O’Neill a soulevé de sérieuses préoccupations au sujet du processus. Si ces préoccupations continuent d’être ignorées, il sera impossible d’en arriver à un rapport final qui soit précis ou juste, a affirmé l’avocat David Law.

Dans un communiqué, le conseil d’administration du Musée a confirmé avoir récemment remis sa recommandation dans ce dossier à M. Guilbeault.

« Toutes les mesures nécessaires seront prises pour faire en sorte que les processus et les politiques mis en œuvre puissent garantir un lieu de travail sécuritaire, inclusif et diversifié pour les membres du personnel, favorisant leur cheminement et leur épanouissement. »

— Une citation de  Extrait d'un communiqué émis par le conseil d'administration

Les défis du Musée

Selon d’anciens employés et des experts, le Musée canadien de l’histoire vit la pire tourmente de son histoire. En plus du fait que le PDG est en congé maladie depuis l’été passé, la pandémie a mené à la fermeture du Musée au public pour une longue période ainsi qu’au report de nombreuses expositions.

Les employés actuels du Musée ont reçu une directive de ne pas commenter l’enquête sur M. O’Neill. De plus, le Musée a offert très peu d’informations à ses employés sur le déroulement de l’enquête, ce qui a causé des frustrations au sein de l’institution, selon nos sources.

Yves Bergeron, professeur de muséologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), affirme que l’enquête a créé beaucoup d’insécurité parmi les employés du Musée canadien de l’histoire. Selon lui, cette institution doit servir de modèle en matière de gestion du personnel et de relations de travail, surtout que plusieurs musées ont récemment fait face à différentes crises internes.

C’est peut-être le musée le plus important au pays. C’est là qu’est né le réseau des musées nationaux au Canada, a-t-il affirmé en entrevue avec Radio-Canada.

« Comme c’est un musée qui est majeur, il a la même responsabilité que d’autres grands musées, c'est-à-dire de donner l’exemple. »

— Une citation de  Yves Bergeron, professeur de muséologie à l'UQAM

Le mandat de M. O’Neill arrivera à échéance cette année. Selon M. Bergeron, l’équipe de gestion du Musée devra veiller à y améliorer le climat de travail, en plus de naviguer au sein d’un réseau international de musées qui ont tous été affectés par la pandémie de COVID-19.

Présentement, le calendrier des expositions partout dans le monde est bousculé. C’est devenu beaucoup plus difficile d’emprunter des œuvres ou des collections. On est dans un climat d’insécurité, explique le professeur. Il faudra un certain temps avant de retrouver un équilibre dans la programmation, mais ça touche l’ensemble des musées.

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