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Le nombre de faillites en chute libre depuis le début de la pandémie

Une personne tient trois cartes de crédit dans sa main.

Contrairement à l'idée que plusieurs se font, le nombre de faillites a reculé durant la pandémie (archives).

Photo : Matt Cardy/Getty Images

Le nombre de faillites, tant chez les particuliers que chez les entreprises, a largement chuté dans l'Est-du-Québec et ailleurs dans la province depuis le début de la pandémie.

Moi ça fait 30 ans que je fais ce métier-là et c’est du jamais vu, indique Michel Paré, syndic autorisé en insolvabilité et associé au bureau de comptabilité Mallette à Québec. Il précise que la tendance à la baisse touche autant les particuliers que les entreprises et s’est maintenue à l’automne 2020, à sa grande surprise.

On est rendu à la fin janvier et c’est encore très tranquille, observe le comptable, qui traite régulièrement des dossiers dans l'Est-du-Québec.

Éric Villeneuve, syndic autorisé en insolvabilité chez Tremblay & Cie, fait des constats similaires à son collègue.

Il indique que le nombre de faillites et de propositions de particuliers (deux types de recours pour des personnes en situation d’insolvabilité) ont diminué d’environ 34 % au Québec depuis le début de la pandémie.

Une aide gouvernementale sans précédent

Plusieurs facteurs peuvent expliquer la diminution du nombre de faillites. Selon les experts à qui nous avons parlé, les plus significatives sont les différentes subventions gouvernementales visant à garder les ménages et les entreprises à flot durant la pandémie.

Ce sont des subventions, surtout fédérales. Il y a eu la PCU, maintenant il y a la PCRE, plus pour les consommateurs. Il y a aussi tout le système de prêts que le gouvernement fédéral a fait par le biais des banques, énumère Michel Paré.

Le comptable mentionne également les subventions pour les salaires et les loyers accordées par le fédéral aux entreprises canadiennes.

Pour Éric Villeneuve, le fait que ces subventions soient accessibles à toute la population canadienne explique pourquoi la même tendance s’observe dans toutes les régions.

Il mentionne également que Revenu Québec, dont les employés sont en télétravail, est aussi moins efficace qu’avant la pandémie pour collecter les sommes qui lui sont dues.

C’est jumelé à une patience très augmentée des banques. Il y a eu beaucoup de moratoires accordés [sur le remboursement des dettes].

Une citation de :Michel Paré, syndic autorisé en insolvabilité et associé au bureau de comptabilité Malette

Une patience qui dure encore, mais qui ne peut pas s’éterniser, selon le comptable.

La façade extérieur de la caisse.

Depuis le début de la pandémie, les banques sont beaucoup plus patientes en ce qui a trait au remboursement des dettes (archives).

Photo : Radio-Canada

Plus de faillites après la pandémie?

Les deux comptables prévoient un éventuel retour du balancier et une augmentation du nombre de faillites après la crise sanitaire.

On pense effectivement qu’il pourrait y avoir un ressac, indique Éric Villeneuve. S’il croit que certaines entreprises sauront se replacer avantageusement après la crise, il prévoit que la faillite de plusieurs est prévisible.

On a habituellement un volume de dossiers qui, d’un mois à l’autre, sauf exception, se ressemblent. Là on se dit que les dossiers qu’on n'a pas pris et que normalement on aurait pris, on pense qu’un jour ou l’autre, il va y avoir un rattrapage, devine pour sa part Michel Paré.

Les entreprises les plus vulnérables aux conséquences du confinement pourraient être nombreuses à être emportées par cette vague de faillites pressenties.

On sait pertinemment qu'il y en a qui ne passeront pas à travers. Surtout dans les domaines du tourisme, de la restauration, de l’hôtellerie, tout ce qui est commerce au détail.

Une citation de :Michel Paré

Chaque mois qui passe les met de plus en plus en difficulté, estime le comptable.

Une personne protégée par un masque et des gants livre deux pizzas à une autre personne.

Le domaine de la restauration est grandement fragilisé par la pandémie (archives).

Photo : iStock

Il dit d’ailleurs observer récemment une hausse des consultations de la part d’entreprises qui sentent la soupe chaude.

En attendant, les entreprises peuvent toujours profiter de l'aide gouvernementale, puisque la fin des subventions fédérales pour les soutenir durant la crise sanitaire est prévue pour l’été prochain.

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