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Le transport collectif quasi absent de l'Est-du-Québec

Un autocar est stationné près du restaurant Le Héron, à Carleton-sur-Mer.

La Gaspésie ne sera plus desservie par Keolis Canada à partir du 7 février et ce, jusqu'à nouvel ordre (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Radio-Canada

Train, avion, taxi longue distance, covoiturage et maintenant autocar : les options en transport collectif pour se déplacer dans l'Est-du-Québec s’amenuisent comme une peau de chagrin.

Comme plusieurs le craignaient depuis quelque temps, Keolis Canada a confirmé la suspension de presque l'entièreté des liaisons de son service Orléans Express avec la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent. La décision sera effective à partir du 7 février. Seule la liaison entre Québec et Rimouski sera maintenue.

L’ensemble de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent–à l’exception de Rimouski–se retrouveront ainsi sans service d’autocar interurbain.

Les maires de Matane et de Gaspé déplorent une telle décision, qui pénalise particulièrement les personnes qui doivent se déplacer, notamment à Rimouski, pour recevoir des soins de santé.

J'aimerais seulement rappeler que le transport doit être un service essentiel qui doit être soutenu de la même manière que les autres services essentiels par les gouvernements, soutient Daniel Côté, maire de Gaspé.

La suspension des liaisons pénalise aussi les étudiants, selon Jérôme Landry, le maire de Matane, qui note aussi qu'il n'y a presque plus d'alternatives pour se déplacer dans la région.

Sur la colline Parlementaire, Joël Arseneau, porte-parole en matière de transport pour le Parti québécois, demande au ministre des Transports, François Bonnardel, de sortir de son mutisme et d'assumer ses responsabilités.

Pour la chef du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, il s'agit d'un service essentiel pour la région.

Si on veut occuper notre territoire, encourager notre monde à être présent dans les différentes régions, encore faut-il se donner les moyens, et ça c'est un moyen concret, explique-t-elle.

Le cabinet du ministre des Transports indique être en lien avec différents acteurs de l'industrie, dont Keolis.

La semaine dernière, Keolis avait interpellé le gouvernement pour demander une aide financière.

Une décision d'affaires

Le président-directeur général de l'entreprise, Pierre-Paul Pharand, justifie ces suspensions temporaires en raison de l'achalandage du transport interurbain qui a connu une baisse importante depuis le début de la pandémie.

Cette baisse, selon Pierre-Paul Pharand, entraîne des pertes de millions de dollars pour l'entreprise privée.

Les conditions financières [...], c’est vraiment très très difficile, explique-t-il. Il faut prendre cette décision puisqu’il n’y a rien qui nous fait croire à ce moment-ci que la situation pandémique va s’améliorer à court terme.

On perd des millions par mois.

Une citation de :Pierre-Paul Pharand, PDG de Keolis Canada

Pierre-Paul Pharand précise qu'avant la pandémie, Keolis Canada offrait 80 voyages par jour. Après une interruption de ses activités en mars dernier, Keolis Canada a repris du service en juillet en offrant 16 voyages quotidiens.

Avec les mesures qui entreront en vigueur le 7 février, seulement 8 voyages par jour seront offerts par le transporteur. La région de la Mauricie–Centre-du-Québec perd aussi des liaisons.

Les passagers qui ont déjà réservé un voyage pourront modifier leur billet, obtenir un crédit ou un remboursement.

Avec les informations d'Isabelle Damphousse et de Bruno Lelièvre.

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