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Pas toujours facile, l’école virtuelle pour des enfants de la maternelle

Un enfant habillé d’un chandail rouge écrit son nom sur une feuille installée devant un ordinateur portable.

Tous les matins, Élise Beauregard installe son fils Mathéo, 4 ans, devant sa classe de maternelle en ligne. Ce dernier n’y reste jamais bien longtemps avant de tourner son attention vers ses jouets dans la maison.

Photo : Élise Beauregard

Le ministère de l'Éducation a annoncé jeudi que les élèves de quatre bureaux de santé retourneront en classe le lundi 1er février. Le bureau de santé de Simcoe-Muskoka n’est pas de ceux-là. Des parents du comté de Simcoe témoignent de leur expérience avec l’apprentissage en ligne pour leur jeune enfant.

Sophie Gravel a un garçon de 4 ans, Max, qui fréquentait la maternelle de l’école Notre-Dame de la Huronie à Collingwood lorsque la présence en classe était permise.

Lorsque l’enseignement est passé en ligne, la mère de famille a tout de même tenté le coup de faire suivre les cours à la maison. Ça a duré trois jours!, dit-elle. Au bout de vingt minutes devant l’écran, Max semble davantage malheureux, parfois fâché, mais surtout désintéressé, explique sa mère.

Moi-même, en vidéoconférence je trouve ça difficile [de garder] le focus.

Une citation de :Sophie Gravel, mère de famille

Mme Gravel a tout simplement abandonné l’idée d'asseoir son fils devant un ordinateur pour faire l’apprentissage à distance, après en avoir avisé l’école. Elle ajoute qu’installer son garçon devant un écran va à l’encontre de ses valeurs : Comme famille, on essaye très très fort de limiter le temps d’écran.

Dans la famille d’Élise Beauregard, Mathéo, 4 ans, se branche chaque matin. Il fréquente lui aussi la maternelle de l’école Notre-Dame de la Huronie. Sa mère lui demande d'au moins écouter la prière et l’hymne national qui entament les journées d’école. Elle admet que Mathéo reste rarement plus longtemps devant son écran par la suite.

Je laisse l’ordi ouvert et, bien souvent, la moitié des enfants ne sont plus devant leur écran.

Une citation de :Élise Beauregard, mère de famille

Ce n’est pas réaliste

Mmes Gravel et Beauregard sont très conscientes que les enseignantes de leur fils sont extrêmement dévouées et inventives pour stimuler les touts petits à travers un écran.

Mme Gravel croit cependant qu’un enfant de 4 ans a besoin d’espace pour bouger et pour manipuler des objets. Je préfère qu’il joue dehors, ou aller marcher dans la forêt; il va apprendre plein d’autres choses.

Ce n’est pas réaliste!, affirme pour sa part Mme Beauregard. Elle explique qu'à cet âge-là, le parent se retrouve contraint de rester à côté de l’enfant pendant tout le cours.

Un adulte tire deux jeunes enfants dans leur traîneau sur un sentier enneigé.

La famille de Sophie Gravel préfère passer des journées à l’extérieur plutôt que de contraindre Max, 4 ans, à l’apprentissage en ligne.

Photo : Sophie Gravel

À chaque parent de décider

Thierry Karsenti, professeur à la faculté d'éducation de l’Université de Montréal, reconnaît que l’apprentissage en ligne sur une plateforme de visioconférence pour un enfant de cet âge implique nécessairement la présence constante du parent. Pour les 4 et 5 ans, si le parent n’est pas là, c’est presque impossible, déclare-t-il.

Selon M. Karsenti, il appartient évidemment à chaque parent de déterminer ce qui convient à son enfant par rapport à l’école à distance.

Par ailleurs, il ajoute qu’il n’existe actuellement aucune recherche consacrée spécifiquement à l'apprentissage en ligne impliquant des enfants aussi jeunes que 4 et 5 ans.

M. Karsenti tient une tablette électronique dans les mains.

Selon Thierry Karsenti, il faut distinguer les types de temps d’écran : un temps d’écran dit ludique où l'enfant reste passif ou s’adonne à deux jeux violents n’a pas le même effet qu'un temps d’écran où l’enfant apprend et où il est stimulé.

Photo : Radio-Canada

Présence réduite

À la suite de commentaires reçus de la part de parents d’enfants en maternelle quant à la difficulté de suivre l’école en ligne, certains conseils scolaires ont procédé à des ajustements concernant l’assiduité requise.

Le ministère de l'Éducation de l’Ontario indique que les conseils scolaires doivent permettre aux élèves d'être exemptés de l'apprentissage en ligne sur une base individuelle. Les conseils sont aussi tenus de proposer des approches alternatives comme des exercices envoyées par courriel aux parents du jeune exempté.

Le ministère précise qu’un parent qui choisit de retirer son enfant de la maternelle durant la fermeture actuelle des écoles peut généralement l’inscrire à nouveau auprès de son conseil scolaire et ainsi reprendre l'apprentissage en personne à une date ultérieure.

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