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Motion unanime aux Communes pour que Badawi devienne citoyen canadien

Une personne tient une pancarte de Raif Badawi dans ses mains.

La motion présentée par le Bloc québécois visant à accorder la citoyenneté canadienne à Raif Badawi a été adoptée à l'unanimité.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Bloc québécois a fait adopter à l'unanimité, à la Chambre des communes, une motion qui demande au ministre fédéral de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marco Mendicino, d’accorder la citoyenneté canadienne à Raif Badawi.

En faisant la lecture de sa motion, le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, a invité le ministre Mendicino à user de son pouvoir discrétionnaire étant donné que le blogueur saoudien se retrouve dans une situation particulière et inhabituelle de détresse.

Article 5 (4) : Malgré les autres dispositions de la présente loi, le ministre a le pouvoir discrétionnaire d’attribuer la citoyenneté à toute personne afin de remédier à une situation d’apatridie ou à une situation particulière et inhabituelle de détresse ou de récompenser des services exceptionnels rendus au Canada.

Source : Loi sur la citoyenneté

La nouvelle a été accueillie avec joie par la femme de Raif Badawi, Ensaf Haidar, qui réside à Sherbrooke.

C'est une nouvelle extraordinaire. Cela donne de l'espoir à Raif, ça me chauffe le coeur, s'est-elle exclamée, en ajoutant qu'elle l'annoncera à son mari dès leur prochaine rencontre téléphonique. Il [va] voir que les gens n'ont pas oublié Raif, le Canada, le Québec n'a pas oublié Raif.

Ça faisait longtemps qu'on attendait une bonne nouvelle comme ça.

Ensaf Haidar, femme de Raif Badawi

Difficile pour elle de dire dans quel état se trouve son mari, puisqu'elle n'a le droit qu'à deux courtes conversations téléphoniques par semaine, mais elle estime qu'il va bien.

Le cabinet du ministre Mendicino a pour sa part assuré qu'il reste bien au fait du cas de Raif Badawi et a affirmé son désir de travailler avec tous les parlementaires dans ce dossier.

Les responsables canadiens continuent de soulever son cas au plus haut niveau et nous avons demandé à maintes reprises que la clémence lui soit accordée, a indiqué l'attaché de presse Alexander Cohen lorsqu'invité à réagir au nom du ministre.

Un geste avec une portée limitée?

Bien qu'elle salue l'adoption de cette motion, la responsable de la coordination Arabie saoudite – pays du golfe d'Amnistie internationale, Mireille Elchacar, craint que cela ne soit qu'un coup d'épée dans l'eau.

On est extrêmement content que les citoyens et les politiciens n'oublient pas Raif Badawi, qui est toujours en prison [...] Mais nous, chez Amnistie internationale, la demande de la citoyenneté canadienne ne faisait pas partie de nos demandes, explique-t-elle.

Pas qu'on s'y oppose, mais on ne voit pas comment ça pourrait nous aider, parce que l'Arabie saoudite ne reconnaît pas la double citoyenneté.

Mireille Elchacar, responsable de la coordination Arabie saoudite - pays du golfe, Amnistie internationale

Mireille Elchacar souligne qu'Amnistie a adopté d'autres voies pour tenter de faire libérer Raif Badawi, notamment en faisant campagne auprès des États membres du G20 lors de la tenue du sommet présidé par l'Arabie saoudite en 2020. On a fait pression commune pour que l'Arabie saoudite se plie aux normes minimales en matière de droits humains, explique-t-elle, et fasse libérer Raif Badawi, ainsi que de nombreux prisonniers d'opinion, qui se trouvent derrière les barreaux.

Mireille Elchacar croit néanmoins qu'il y a des circonstances favorables qui pourraient jouer en faveur du blogueur. L'Arabie saoudite détient des prisonniers d'opinion depuis longtemps, analyse-t-elle, dont 13 femmes qui n'avaient pas eu de charges portées contre elles [...] Et là, on sent que l'Arabie saoudite commence à bouger.

On se dit que peut-être que l'Arabie saoudite veut se sortir de quelques impasses, en termes de droits humains. Peut-être que l'administration Biden a quelque chose à voir là-dedans. On se dit que c'est le moment où jamais de demander clairement que Raif Badawi sorte de prison.

Mireille Elchacar, responsable de la coordination Arabie saoudite – pays du golfe, Amnistie internationale

La deuxième fois fut la bonne

En décembre 2019, une motion similaire du Bloc québécois n'a pu être adoptée en raison de l'opposition des conservateurs.

Raif Badawi est détenu depuis 2012 en Arabie saoudite, où il purge une peine de 10 ans de prison pour des propos jugés critiques à l'égard du régime saoudien et de l'islam.

La famille du blogueur bénéficie de la citoyenneté canadienne, qui a été refusée au père de trois enfants, même à titre honorifique.

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