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Matimekush-Lac John réclame plus de logements pour lutter contre l'itinérance

Plusieurs maisons semblables sur une rue enneigée de Matimekush-Lac John.

Selon le chef Mckenzie, 128 logements sont nécessaires pour répondre aux besoins de la communauté (archives).

Photo : Radio-Canada / LAURENCE ROYER

Radio-Canada

Le chef de la communauté innue, Réal Mckenzie, lance un appel à l'aide aux gouvernements provincial et fédéral, pour mettre fin à la pénurie de logements dans sa communauté. Cette pénurie est, selon lui, un facteur qui contribue à la présence de membres de la communauté parmi la population itinérante du Québec.

Selon le chef, Matimekush-Lac John aurait besoin d’au moins 128 logements ainsi que des infrastructures publiques plus adéquates.

M. McKenzie estime le coût d'un tel projet à 70 millions de dollars, dont une partie seulement pourrait être financée grâce à l'entente de réconciliation et de collaboration signée avec la minière Rio-Tinto IOC, en décembre dernier.

J'ai demandé 45 % [du financement] du fédéral, 45 % du côté de Québec, et 10 %, c'est le maximum que je peux aller. À partir des retombées économiques de l'entente avec la minière, je ne peux pas y aller plus que ça. Alors il faut que tout le monde s'y mette pour régler ce problème de logement là, parce que je n’y arriverai pas tout seul.

Réal Mckenzie en gros plan.

Réal Mckenzie souhaite aussi que les rues de la communauté soient enfin asphaltées pour y améliorer la qualité de vie (archives).

Photo : Radio-Canada / LAURENCE ROYER

Quitter la communauté par manque de logement

Cet appel a été lancé alors que sont célébrées mercredi les funérailles de Raphaël André, cet homme en situation d’itinérance qui est mort dans de tristes circonstances à Montréal la semaine dernière. M. André était originaire de Matimekush-Lac John.

Réal McKenzie affirme que si d'autres membres de sa communauté quittent le village, c'est qu'il est trop difficile d'y avoir accès à un logement adéquat. Lors du recensement pour l’opération de vaccination contre la COVID-19, le conseil de bande a fait le constat que 137 membres de la communauté vivent à Sept-Îles, 38 à Québec et une dizaine à Montréal.

Sans savoir exactement combien de ces personnes vivent dans la rue, M. Mckenzie dit être très inquiet de la situation.

On parle de gens qui n'ont pas de logement, là, qui vont à l'extérieur [de Matimekush-Lac John] pour en chercher, rappelle Réal Mckenzie. Malheureusement, certains tombent dans l'itinérance comme monsieur André. [...] Mais je ne peux pas savoir exactement combien sont des itinérants, je ne peux pas les dénombrer exactement.

Un symbole de liberté

Sur le terrain de la famille de Raphaël André à Matimekush, une tente traditionnelle a été installée en sa mémoire. Selon M. Mckenzie, qui s’est entretenu avec les parents du défunt, elle représente l’idée que la précarité aurait finalement eu raison de M. André.

Les funérailles de Raphaël Nada André se sont déroulées le 27 janvier à Matimekosh-Lac-John.

Les funérailles de Raphaël Nada André se sont déroulées le 27 janvier à Matimekosh-Lac-John.

Photo : Radio-Canada / Courtoisie: Serge Ashini

Le père de Raphaël m’a répondu : “Nos ancêtres ont toujours vécu dans une tente, ils ne sont jamais morts gelés, malgré les hivers qu’on connaît dans notre territoire ancestral. On voulait amener la symbolique à savoir que si mon enfant avait eu cet équipement-là, une tente et un poêle à bois, peut-être qu’il ne serait pas mort gelé”, relatait le chef Mckenzie.

Par ailleurs, Réal Mckenzie se dit satisfait que les itinérants soient finalement exemptés du couvre-feu au Québec, tel que décrété par la Cour supérieure du Québec.

Avec les informations de Marc-Antoine Mageau

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