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Le Conseil scolaire Centre-Nord veut pouvoir imposer un lock-out

Les enseignants du Conseil scolaire Centre-Nord ont voté à 94 % en faveur de la grève.

Des pupitres dans une classe vide.

Le CSCN pourrait déclencher un lock-out en donnant un avis de 72 heures.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Le CSCN a réagit publiquement au vote de grève des enseignants mercredi soir lors d’une réunion diffusée en ligne.

Il déposera jeudi une demande pour instaurer une situation cadenas, mieux connu comme un lock-out, auprès de la Commissions des relations du travail pour faire face à une éventuelle grève du syndicat des enseignants, a annoncé une de ses conseillères, Nathalie Lachance.

Nous sommes maintenant dans une situation où, tout comme le syndicat des enseignants, nous pouvons donner un préavis de 72 heures dans l’éventualité ou le lock-out serait nécessaire, explique-t-elle.

La décision a été prise d’exercer nos droits en vertu du code des relations de travail de l’Alberta.

Une citation de :Nathalie Lachance, conseillère, CSCN

En cas de grève des enseignants ou de lock-out, elle indique qu'il y aura des répercussions pour les élèves. Les parents devront notamment garder les enfants à la maison en cas de fermetures des écoles, souligne-t-elle.

La présidente du CSCN, Tanya Saumure, dit que c’est une décision difficile qui a été prise à contrecœur.

Toutefois, le syndicat demande à l’employeur d’accepter unilatéralement sa requête sans modification, ce qui n’est pas possible, affirme l'employeur. Le CSCN reproche qui plus est au syndicat de mener une négociation sous le signe de la menace et de la charge émotionnelle.

L’état des négociations fait en sorte que le CSCN se voit maintenant dans l’obligation de prendre des décisions en fonction du bien-être et de la sécurité des élèves.

Une citation de :Nathalie Lachance, conseillère, CSCN

Nathalie Lachance dit qu’une grève aura une incidence sur la capacité du CSCN à offrir une éducation aux élèves, en plus de nuire aux employés partenaires, comme les chauffeurs d’autobus ainsi que les employés de soutien et de conciergerie.

Le CSCN dit vouloir trouver des solutions et des compromis acceptables pour les deux parties, mais estime qu'il y a un manque d’ouverture de la part du syndicat.

Le Conseil espère conclure des négociations par une entente mutuellement satisfaisante et dit être ouvert à la réunion proposée par le syndicat des employés le 30 janvier.

Des parents solidaires

Au lendemain de l’adoption d’un mandat de grève par les enseignants, de nombreux parents d’élèves qui fréquentent le Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) soutiennent leurs revendications.

De nombreux parents s’inquiètent également des effets qu’un conflit de travail pourrait avoir sur la qualité de l’éducation en français.

Le président du conseil de l’École Gabrielle-Roy, Vincent Bouchard, fait partie de ceux qui se rangent du côté des enseignants.

Je trouve ça extrêmement décevant la manière dont le Conseil scolaire Centre-Nord a mené ces négociations-là, mentionne-t-il.

La convention collective des enseignants est échue depuis le 1er septembre 2018. Le retard est beaucoup trop long, selon Vincent Bouchard, qui pense que les enseignants méritent un meilleur traitement après tous les efforts qu’ils ont déployés depuis le début de la pandémie.

Patrycja Twardecka, dont les deux enfants fréquentent respectivement les écoles Michaël-Jean et Gabrielle-Roy, est elle aussi favorable aux revendications des enseignants.

Moi, mon expérience et celle de mes enfants avec les enseignants est 100 % positive, dit-elle.

Elle déplore cependant que le conseil scolaire n’ait pas donné davantage d’information sur ce qui achoppe entre ses négociateurs et ceux de l’Association des enseignants de l’Alberta.

Le site web du Conseil (Nouvelle fenêtre) fournit un aperçu des demandes syndicales et des raisons qui le poussent à s’y opposer.

Isabelle Settle, dont les deux enfants fréquentent l’École La Prairie de Red Deer, a également appris il y a seulement quelques jours qu'un conflit de travail se dessinait.

Elle reconnaît que les enseignants ont une charge de travail importante. Elle est d'accord avec l'idée d’offrir des conditions de travail équivalentes à ce qui existe dans d’autres conseils scolaires. 

Je demande juste qu’ils soient raisonnables, explique-t-elle en rappelant que plusieurs travailleurs du secteur privé ont perdu leur emploi ou ont dû accepter de moins bonnes conditions de travail depuis quelques années en raison de la pandémie et du ralentissement de la croissance économique en Alberta.

Protéger le système francophone

Vincent Bouchard espère de son côté qu’un conflit de travail n’aura pas d'effet négatif à long terme sur le réseau d’éducation francophone.

On sait tous que c’est très facile pour les enseignants de se trouver un emploi dans une école d’immersion ou dans un autre conseil scolaire, explique-t-il. Si on veut garder nos enseignants, qui sont excellents, c’est important de les respecter.

Patrycja Twardecka abonde dans le même sens. J’ai peur que certains parents décident de retirer leurs enfants de l’école francophone. C’est déjà difficile de les envoyer à l’école francophone à cause des trajets d’autobus et des grandes distances. Si, en plus il n’y a pas d’école [à cause d’une grève], j’ai peur que certains parents se disent que ça n'en vaut pas la peine.

Isabelle Settle, dont le mari ne parle pas français, est, quant à elle, bien consciente des bénéfices que lui apporte l’école francophone. Ses enfants ont accès gratuitement au transport scolaire qui les emmène de Sylvan Lake à Red Deer tous les matins.

S’ils allaient seulement à l’école d’immersion, ils ne parleraient pas aussi bien français. Je suis très chanceuse qu’ils puissent aller à l’école francophone.

Une citation de :Isabelle Settle, mère de deux élèves de l'École La Prairie de Red Deer

Le président de la section locale 24 de l'Association des enseignants de l'Alberta, Éric Cloutier, affirme que, si rien ne débloque d'ici le 30 janvier, la grève sera déclenchée.

Le syndicat doit cependant d'abord donner un préavis de 72 heures au Conseil avant de débrayer.

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