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L'UE ne veut ni interdire ni restreindre les exportations de vaccins, assure-t-elle

Stella Kyriakides, derrière un lutrin, retire son masque.

La commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, en conférence de presse, mercredi, à Bruxelles

Photo : Getty Images / AFP/OLIVIER HOSLET

Radio-Canada

L’Union européenne (UE) n’entend aucunement interdire les exportations de vaccins fabriqués sur son territoire ni même les restreindre, affirme la commissaire européenne à la Santé.

La volonté de l’exécutif européen de mieux contrôler les exportations de vaccins avait soulevé des craintes au Canada, qui s’approvisionne en bonne partie dans des usines ayant pignon sur rue en Europe.

L’Union européenne ne va pas imposer une interdiction d’exporter ou restreindre les exportations de vaccins vers des pays tiers, a assuré Stella Kyriakides lors d’une conférence de presse tenue mercredi à Bruxelles.

Ce que la Commission a proposé, c’est un mécanisme de transparence sur les exportations de vaccins, a-t-elle poursuivi. Cela va permettre d’avoir de la clarté sur les capacités de production des manufacturiers, sur le nombre de doses produites dans leurs centres de productions et [de savoir] quelles doses sont vendues à chaque pays, incluant les 27 de l’UE.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a dit avoir obtenu les mêmes informations de la part de la Commission européenne, mercredi, lors de la période de questions, à la Chambre des communes, à Ottawa.

J’ai parlé à Ursula van der Leyen, la présidente de la Commission européenne, justement pour souligner nos préoccupations à ce niveau-là, a-t-il dit. On est tous inquiets de pouvoir recevoir les doses de vaccin qu’on a achetées sous contrats.

J'ai été assuré que les mesures de transparence qui vont être prises par l’Europe ne vont pas affecter les livraisons de Pfizer et de Moderna au Canada.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le porte-parole du président français Emmanuel Macron a livré un message similaire lors d’une conférence de presse tenue à Paris.

Selon Gabriel Attal, le mécanisme européen doit permettre d’aller observer ce qui se passe dans les usines dès lors que des difficultés sont évoquées par des fabricants pour justifier des problèmes de livraison.

Il soutient d’ailleurs que cette capacité d’audit est prévue dans les contrats qui ont été signés avec des compagnies pharmaceutiques.

Le président Macron souhaite que puissent s’exercer des contrôles à l’export, non pas pour empêcher des exportations, mais pour vérifier et confirmer que les commandes réalisées, que les commandes signées sont honorées, a dit M. Attal.

Il y a des exportations de vaccins et c’est normal. Il y a des vaccins qui sont produits sur le sol européen qui sont exportés, de même qu’il y a des vaccins produits aux États-Unis, en Grande-Bretagne, qui sont exportés en France ou en Europe. Il ne s’agit pas, évidemment, de revenir sur cela.

Une citation de :Gabriel Attal, porte-parole du président français Emmanuel Macron

Étant donné la rapidité avec laquelle les vaccins ont été mis au point, des difficultés passagères de production peuvent se produire, a encore dit Gabriel Attal.

Dans ces cas-là, on les met sur la table, on s’en explique et on établit un calendrier, un échelonnement. C’est ce qui a été fait avec le laboratoire Pfizer : il y a eu un ralentissement sur une semaine et, ensuite, les doses sont revenues à un rythme qui était celui prévu. Elles sont même rattrapées, a-t-il fait valoir.

Au Canada, les problèmes engendrés par des travaux que Pfizer doit effectuer pour augmenter ses capacités de production à son usine de Puurs, en Belgique, ont eu des conséquences sur plus d’une semaine.

Ottawa ne reçoit aucune dose de ce vaccin cette semaine, et les livraisons prévues pour la première semaine de février sont aussi bien moindres que ce qui était initialement prévu.

L’incidence doit aussi se faire ressentir lors de la deuxième semaine de février, même si aucun ordre de grandeur n’a encore été annoncé par Ottawa.

Selon le gouvernement fédéral, les livraisons doivent ensuite reprendre à un rythme accru, afin que le pays reçoive les quatre millions de doses du vaccin que la pharmaceutique s’est engagée à lui livrer d’ici la fin du mois de mars.

L'Europe veut obtenir des vaccins d'AstraZeneca

En Europe, ce sont davantage les retards de livraison annoncés la semaine dernière par AstraZeneca qui ont braqué les pays membres de l'UE.

Ces pays ont commandé 400 millions de doses de ce vaccin, mis au point en collaboration avec l’Université d'Oxford, qui pourrait être approuvé par l’Agence européenne des médicaments dès vendredi.

Le laboratoire suédo-britannique a annoncé la semaine dernière qu'il ne pourrait livrer qu'une petite portion des doses initialement promises à l'UE au premier trimestre en raison d’une baisse de rendement dans l'une de ses usines.

Bruxelles n'est pas convaincu par les justifications avancées et fulmine contre les explications fournies par la compagnie, qui assure que le contrat signé avec Londres en juin 2020, trois mois avant l'accord signé avec l'UE, spécifie que la production issue de la chaîne d'approvisionnement britannique ira d'abord au Royaume-Uni.

Qu’à cela ne tienne, a insisté pour sa part la Commission européenne : les termes du contrat conclu avec l’Union européenne stipulent qu’AstraZeneca doit recourir à quatre usines pour assurer sa production – deux dans l'UE, dont une en Belgique, et deux au Royaume-Uni.

Il n'a jamais été question que ces deux usines [britanniques] soient au second plan ou en réserve, a soutenu Stella Kyriakides.

Nous ne sommes aucunement engagés auprès de l'UE. [...]  Ce n'est pas un engagement contractuel. On a dit : on fera de notre mieux, sans garantie de réussir, a répliqué pour sa part le PDG du laboratoire britannique d’AstraZeneca, Pascal Soriot.

Londres dit attendre deux millions de doses hebdomadaires du vaccin.

Le nouveau calendrier d'AstraZeneca est jugé d'autant plus inacceptable que l'UE lui avait alloué 520 millions de dollars pour mettre au point son vaccin et accroître ses capacités de production. L'intégralité de la somme n'a pas été versée, a précisé Mme Kyriakides.

L'UE demande maintenant à AstraZeneca d’accorder son autorisation pour rendre public le contrat signé avec elle.

Ottawa a aussi conclu une entente de principe pour acheter 20 millions de doses du vaccin d'AstraZeneca, mais cet achat ne pourra pas se concrétiser tant que Santé Canada n'aura pas approuvé ce vaccin.

Avec les informations de Agence France-Presse

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