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Trois rencontres marquantes dans le parcours de l’illustrateur Christian Quesnel

La série Artiste sous influence met en lumière les gens et événements qui ont façonné le parcours de créatrices et créateurs de la grande région de la capitale nationale.

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Christian Quesnel raconte comment trois enseignants ont joué un rôle déterminant dans la suite de son parcours professionnel.

Photo :  Isabelle Aubin

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Il suffit parfois de peu de choses pour ouvrir tout un univers : l’illustrateur et bédéiste Christian Quesnel témoigne du rôle essentiel joué par trois de ses enseignants dans sa trajectoire professionnelle.

Né à Saint-Pierre-de-Wakefield, en Outaouais, Christian Quesnel a démontré très jeune un intérêt pour les arts comme la littérature, la musique et le dessin. Il n’est pas étonnant qu’il réunisse ses passions en imageant, par exemple, les mots de Félix Leclerc (L’alouette en liberté, 2019) ou, au cours des prochains mois, ceux de Dédé Fortin.

L’illustrateur et bédéiste réalise aujourd’hui à quel point trois enseignants, en particulier, ont allumé des feux qui brûlent encore des décennies plus tard… et sont même à l’origine de nombreuses créations.

Ludwig, 30 ans après

Christian Quesnel se souvient du jour où sa professeure de troisième année, Victoire Saint-Amour (aujourd’hui dénommée Faubert), a apporté en classe la collection de livres incluant le titre Un bon exemple de don de soi : Beethoven raconté aux enfants (Grolier, 1980).

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La classe de troisième de Madame Victoire : Christian Quesnel est sixième à partir de la gauche dans la rangée du haut.

Photo : Avec la gracieuseté de Christian Quesnel

Ça m’a tellement marqué que j’en ai fait une obsession, raconte-t-il. Alors âgé de neuf ans, le petit Christian s’est mis à emprunter tous les livres contenus dans la bibliothèque de l’école pouvant l’informer davantage sur le célèbre compositeur.

Je me suis vraiment intéressé à [lui]. Veut, veut pas, c’est un peu l’origine de mon projet Ludwig que j’ai fait 30 ans après, révèle l’illustrateur.

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La BD symphonique « Ludwig », illustré par Christian Quesnel, aux côtés du bouquin qui est à l'origine de sa passion pour le célèbre compositeur Beethoven.

Photo : Avec la gracieuseté de Christian Quesnel

Retrouvailles à Mégantic

Inspiré par Madame Victoire et par le père de la fameuse sonate dite Clair de lune (une des préférées de Christian Quesnel), le nouveau mélomane a par la suite suivi des cours de piano avec sa professeure de quatrième année. C’est un peu la suite logique de cette obsession [pour Beethoven], plaisante-t-il.

Louise Grondin, aujourd’hui Pagé (elle est la mère de l’auteure Lucie Pagé), lui faisait répéter ses gammes après l’école, le préparant pour de petits concerts devant les autres élèves. J’ai appris le piano, mais j’ai désappris : je n’ai rien retenu, malheureusement. Je me suis concentré sur le dessin, où j’avais plus d’avenir, avoue l’artiste en riant.

En 2018, soit près de 35 ans plus tard, Christian Quesnel s’est rendu à Lac-Mégantic pour se documenter : il préparait une bande dessinée, adaptée de l’essai Mégantic : une tragédie annoncée d’Anne-Marie Saint-Cerny (à paraître en 2021). Sachant que Louise Pagé habitait désormais cette région de l’Estrie, il en a profité pour la revoir.

Moi, j’ai vu la même personne qu’elle était, mais elle a découvert l’homme, parce qu’elle ne connaissait que l’enfant, souligne-t-il.

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Louise Pagé a hébergé Christian Quesnel lors de son séjour à Lac-Mégantic en 2018.

Photo : Avec la courtoisie de Christian Quesnel

(Re) Trouver son chemin

C’est au secondaire, à l’École polyvalente de l'Érablière de Gatineau, que Christian Quesnel s’est intéressé pour la première fois aux bandes dessinées. À 15 ou 16 ans, il s'est mis à dévorer les albums de Druillet, de Moebius et, plus particulièrement, les titres de Jean-Claude Mézières (Valérian) proposés par son professeur Jean-Rock Perreault.

C’est un maniaque de bande dessinée et de science-fiction, un peu l’école Métal hurlant, à l'époque des années 1970, précise son ancien élève.

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Mot de Jean-Rock Perreault dans l'album de finissants de Christian Quesnel, 1989.

Photo : Avec la gracieuseté de Christian Quesnel

Par un drôle de hasard, Christian Quesnel a croisé son inspiration de jeunesse, Jean-Claude Mézières, il y a deux ans, lors d’un festival international de BD en Allemagne. Il était perdu et je l’ai aidé à trouver son chemin à Erlangen, s’amuse l’illustrateur.

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Christian Quesnel a rencontré le bédéiste Jean-Claude Mézières lors du festival international de la BD d'Erlangen, en Allemagne.

Photo : Avec la gracieuseté de Christian Quesnel

Cette suite logique d’obsessions a mené Christian Quesnel, de rencontre en rencontre, à devenir l’artiste qui tente aujourd’hui de cerner l’humain pour mieux le transposer au dessin.

C’est aussi pourquoi il a entre autres analysé chacun des 20 000 dossiers de coroner avant d’illustrer la bande dessinée Vous avez détruit la beauté du monde portant un regard scientifique sur le suicide, publiée en août dernier. La méthode de travail de Christian Quesnel l’amène à entretenir des liens durables avec ses collaborateurs, allant jusqu’à développer des amitiés.

Ce que je découvre avec le temps, c’est que derrière chaque livre, chaque projet, il y a des gens, puis c’est ça qui reste après. L'œuvre reste, oui, mais les liens avec ces personnes-là sont vraiment présents et ça se poursuit avec les années , conclut-il.

Avec la collaboration de Mélanye Boissonnault

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