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La FCFA réclame de Radio-Canada un centre de production nationale hors Québec

La salle des nouvelles de la MRC, au 1400 René-Lévesque Est.

Bien que Radio-Canada possède un vaste réseau dans les régions du Québec et dans les autres provinces du Canada, c'est à Montréal que se concentre l'essentiel des décisions de production nationale, y compris en ce qui a trait à l'information.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Au tour de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) de dénoncer le « montréalocentrisme » de Radio-Canada, qui devrait, selon elle, décentraliser sa production nationale.

La société d’État devrait même créer un deuxième centre de production nationale de langue française ailleurs au pays, dont relèverait une partie des contenus nationaux quotidiens de Radio-Canada, estiment les représentants de la FCFA, qui témoignaient mercredi devant le CRTC dans le cadre des audiences visant à renouveler les licences des stations de télévision et de radio du diffuseur public.

Bien que Radio-Canada possède un vaste réseau dans les régions du Québec et dans les autres provinces du Canada, c'est à Montréal que se concentre l'essentiel des décisions de production nationale, a rappelé le président de la FCFA, le Franco-Albertain Jean Johnson.

Clairement, tant que les décisions sur ce qui est d’importance nationale se prendront uniquement à Montréal, le changement de culture dont nous avons besoin n’aura pas lieu.

Jean Johnson, président de la FCFA

Les sujets, l’angle de traitement, les intervenants et les intervenantes sont choisis en fonction du milieu que connaissent les équipes de production nationales, et en ce moment, c’est largement Montréal, a-t-il soutenu.

Une deuxième Maison de Radio-Canada

M. Johnson n'a pas voulu dire où cette seconde Maison de Radio-Canada devrait être construite. L'important, c'est de [la] sortir de la grande ville métropolitaine de Montréal, a-t-il estimé.

Le directeur des communications de la FCFA, Serge Quinty, a rappelé pour sa part que la station de Winnipeg, par exemple, a déjà été une référence, au tournant des années 1990, non seulement en matière d'information, mais aussi en matière de production d'émissions; que la société d'État a construit une toute nouvelle station à Calgary, où elle a emménagé en 2017; et que Moncton demeure un centre régional pour les quatre provinces de l'Atlantique.

Bref, le réseau des stations hors Québec de Radio-Canada est en train de se rebâtir, [et] on sent qu'il y a encore un petit bout de chemin à parcourir, mais ça n'empêche pas qu'une de ces stations-là pourrait aisément devenir le tremplin ou le socle pour un centre de production nationale, a-t-il lancé.

Ce serait quoi si l'émission 24/60, au lieu d'être produite à Montréal pour le réseau, était produite [...] à Winnipeg, ou encore à Moncton ou à Halifax? Quel changement de lunettes est-ce que ça créerait pour le regard sur l'actualité?

Serge Quinty, directeur des communications de la FCFA

Comme d’autres l’ont fait avant elle, la FCFA a déploré le manque de visibilité des communautés francophones et acadiennes hors Québec à l’antenne nationale de Radio-Canada. C’est un message qui n’est pas nouveau, a rappelé Jean Johnson. Cela fait des décennies qu’on en parle. C’est un irritant historique.

Étude à l’appui (Nouvelle fenêtre), la FCFA soutient que les sujets concernant uniquement une province ou un territoire autre que le Québec sont rares. Et ça, c’était avant la pandémie. Depuis, les organismes membres de la Fédération se sont plaints qu'ICI RDI fasse davantage de place aux points de presse du premier ministre du Québec qu’à ceux des autorités fédérales de la santé.

On nous dira peut-être qu’il faut s’y attendre, considérant que la grande majorité des francophones du pays se trouvent au Québec, a convenu M. Johnson. Mais ça ne permet pas à Radio-Canada de remplir complètement sa mission, qui est de rendre compte de la diversité régionale du pays, tant au plan national qu’au niveau régional.

Cela dit, la FCFA reconnaît que, malgré des années de compressions, Radio-Canada réussit à maintenir son empreinte partout au pays. Elle se réjouit aussi du fait qu’en temps de pandémie, les services régionaux de langue française de Radio-Canada aient maintenu leurs nouvelles locales sept jours sur sept, contrairement à ceux de CBC.

Les francophones ignorés par CBC

Par ailleurs, la Fédération estime que CBC, le réseau anglais de Radio-Canada, s’intéresse très peu à la francophonie et que, dans la foulée de crises linguistiques provoquées, en partie, par la remontée de discours intolérants envers la dualité linguistique, il pourrait en faire davantage.

Une des choses qui nous a vraiment fait allumer profondément par rapport aux besoins de développer une plus grande sensibilité chez le pendant anglais de Radio-Canada, c'est lorsque la fameuse série Canada: The Story of Us est sortie, en 2017, a raconté Serge Quinty.

Lorsqu'on est arrivé à l'épisode sur le Nouveau-Brunswick, c'est comme si les Acadiens n'avaient jamais existé, a-t-il déploré. On s'est dit : "Attendez une seconde, là... Il manque un bout!"

La FCFA, qui parlait au nom des 2,7 millions de francophones hors Québec, était le dernier intervenant à comparaître devant le CRTC au sujet du renouvellement des licences de Radio-Canada.

La société d’État répondra aux critiques jeudi.

La publicité nuit, selon d’ex-employés

Plus tôt mercredi, le groupe Diffusion publique au Canada pour le 21e siècle a plaidé devant le CRTC pour que la société CBC/Radio-Canada soit restructurée afin de la débarrasser des contraintes commerciales et, ainsi, de mieux servir les Canadiens.

Le groupe se décrit comme un regroupement d'anciens employés du diffuseur public.

Le poids de la quête de publicité à tout prix prend trop d'importance à Radio-Canada, a affirmé l'ex-directeur de l'information de Radio-Canada Alain Saulnier.

Ce dernier a aussi montré du doigt le nouveau service de publicité Tandem, qui menace la crédibilité de l'information du diffuseur public, selon lui. Ce service a été critiqué au cours des derniers jours par les syndicats représentant les journalistes.

Il est assis derrière un micro.

Alain Saulnier, communicateur et ancien directeur général de l'information des services français de Radio-Canada

Photo : Radio-Canada / Étienne Côté-Paluck

Le groupe de M. Saulnier appuie aussi les recommandations du rapport Yale, qui proposait l'an dernier la fin progressive de la publicité sur les plateformes de la société d'État.

Les réductions successives des budgets et les impératifs de la commercialisation [...] ont mené [...] à une centralisation de plus en plus grande de la production au détriment du véritable service public, a ajouté l'ex-journaliste et gestionnaire Alain Pineau.

M. Pineau a déploré lui aussi qu’un représentant des ventes commerciales ait son mot à dire sur les choix de programmation du diffuseur public, ce qui est, à ses yeux, une distorsion inacceptable de son rôle.

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