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Joe Biden continue de déployer son ambitieux plan pour le climat

Joe Biden parle aux reporters devant un drapeau américain et un portrait d'Abraham Lincoln, sous le regard de John Kerry et de Kamala Harris.

Accompagné de son émissaire pour le climat, John Kerry, et de la vice-présidente, Kamala Harris, Joe Biden a annoncé de nouvelles mesures pour contrer les changements climatiques.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Radio-Canada

Joe Biden a signé mercredi un décret à très large portée s'attaquant à la « menace existentielle » des changements climatiques, concrétisant sa volonté de réengager les États-Unis dans cette lutte.

Il faut s'attaquer à cette menace maximale à laquelle nous faisons maintenant face, les changements climatiques, avec un plus grand sens de l'urgence, a-t-il déclaré d'emblée à la Maison-Blanche, disant voir dans ce défi prioritaire un avenir plein d'espoir et de possibilités.

Le décret portant sur la lutte contre les changements climatiques établit notamment un moratoire sur les forages d’hydrocarbures sur les terres et les eaux fédérales, qu’encourageait Donald Trump.

Il ordonne aussi à toutes les agences fédérales d’éliminer les subventions profitant à l’industrie des combustibles fossiles et d'investir de manière à transformer l’économie dans les zones qui en dépendent.

Le décret prévoit en outre l'augmentation des achats d’énergies renouvelables, notamment éolienne, et des investissements accrus dans la recherche et le développement pour ces sources d’énergie.

Il indique aussi, noir sur blanc, que l'administration Biden fera de la lutte contre les changements climatiques une priorité nationale en matière de sécurité, qui deviendra un élément essentiel de la diplomatie et des politiques de sécurité du pays; une première pour les États-Unis.

La présence de l'émissaire spécial du président pour le climat, l'ancien secrétaire d'État John Kerry, au Conseil de sécurité nationale (NSC), témoignait déjà de cette volonté. C'est la première fois que le NSC compte dans ses rangs quelqu'un dont le rôle est entièrement consacré à la lutte contre les changements climatiques.

Nous avons déjà trop attendu pour faire face à cette crise climatique. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps.

Joe Biden, président des États-Unis

Le décret prévoit également de préserver l'intégrité de 30 % des terres et des eaux fédérales d'ici 2030, afin d'enrayer la perte de la biodiversité, et d'électrifier le parc de véhicules du gouvernement.

Cela signifiera 1 million de nouveaux emplois dans l'industrie automobile américaine, a soutenu M. Biden, qui a d'ailleurs lié les actions pour contrer les changements climatiques à la création d'emplois.

La Maison-Blanche s'est ainsi aventurée sur le terrain de ceux qui opposent régulièrement les deux questions. Certains détracteurs du plan de M. Biden ont d'ailleurs déjà déploré la perte de milliers d'emplois, dont une partie était cependant temporaires, occasionnée par le décret présidentiel invalidant le permis de construction de l’oléoduc Keystone XL.

Le président américain souhaite que les États-Unis abandonnent progressivement les énergies fossiles. Il souhaite que tout le secteur énergétique soit carboneutre d’ici 2035, et que l’ensemble de l’économie le soit en 2050.

Joe Biden a par ailleurs annoncé la création d'un Conseil interagences de la Maison-Blanche sur la justice environnementale, affirmant que la question de la justice environnementale sera au centre des politiques de son administration.

Il faut prendre en compte les impacts disproportionnés des changements climatiques sur la santé, l'environnement et l'économie des communautés afro-américaines, hispaniques et autochtones, mais aussi des Blancs défavorisés, a-t-il dit.

Les agences gouvernementales seront ainsi sommées d’adopter des mesures de soutien aux populations, le plus souvent pauvres et racisées, qui vivent à proximité de sources de pollution.

Au-delà du décret, le président Biden doit présenter au Congrès un plan pour le climat assorti d’investissements de 2000 milliards de dollars, censé placer durablement l’énergie verte au cœur de l’économie américaine.

Un sommet international

U.S. climate envoy John Kerry speaks at a press briefing at the White House in Washington, U.S., January 27, 2021.  REUTERS/Kevin Lamarque

John Kerry a participé au point de presse de la Maison-Blanche pour discuter de la question des changements climatiques.

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Plus tôt dans la journée, John Kerry a indiqué, au cours d'un point de presse de la Maison-Blanche, que les États-Unis entendaient convoquer un sommet des dirigeants de la planète le 22 avril, Jour de la Terre, pour discuter de la lutte contre les changements climatiques.

Il a promis que l'administration Biden annoncera d'ici là une nouvelle série d'objectifs précis détaillant la manière dont les États-Unis réduiraient leurs émissions de dioxyde de carbone selon les termes de l'Accord de Paris.

Joe Biden a confirmé mercredi dernier par décret, dans les heures suivant son investiture, que les États-Unis rejoignaient cette entente internationale que Donald Trump avait abandonnée.

Le sommet annoncé par M. Kerry pourrait offrir l’occasion de préparer le terrain en vue de la prochaine conférence de l’ONU sur le climat (COP26), qui doit avoir lieu au Royaume-Uni en novembre.

L’industrie pétrolière pousse les hauts cris

Des puits de pétrole au Texas.

Des puits de pétrole, au Texas

Photo : Reuters / Nick Oxford

Sans surprise, les objectifs du nouveau président démocrate ont provoqué de vives critiques au sein de l'industrie des énergies fossiles, déjà refroidie par la décision de Joe Biden au sujet de Keystone XL.

Mike Sommers, président de l’American Petroleum Institute, plus grande fédération des professionnels de l'industrie pétrolière et gazière aux États-Unis, a par exemple dit y voir une politique visant à importer davantage de pétrole de pays étrangers hostiles aux intérêts américains.

Certaines associations environnementales, comme l'ONG Oceana, souhaitent au contraire que le nouveau locataire de la Maison-Blanche transforme le moratoire sur les forages en une interdiction permanente.

L'impact du moratoire sur les forages d’hydrocarbures sur les terres et les eaux fédérales, un engagement électoral, pourrait s’avérer limité à court et à moyen termes.

Selon un rapport gouvernemental de 2018, environ un quart des émissions de dioxyde de carbone aux États-Unis était attribuable à de l’énergie produite sur les terres ou les eaux fédérales.

Qui plus est, le moratoire ne concernera pas les terrains privés, qui sont essentiellement gérés par les États, et les concessions déjà accordées sur les propriétés fédérales ne devraient pas être touchées.

D'après une analyse de données gouvernementales effectuée par l'Associated Press, pas moins de 1400 permis d’exploitation ont été accordés par l’administration Trump sur une période de trois mois à la fin de 2020.

Ces permis, qui demeureront valides, permettront à des entreprises de poursuivre leurs activités d’exploration et d’exploitation pour de nombreuses années à venir.

L’approche du nouveau président aura en outre une incidence sur les revenus fédéraux. Selon le département de l’Intérieur, l’octroi de concessions pétrolières, gazières ou d’extraction de charbon a généré 11,7 milliards de dollars en 2019.

La science de retour au centre des politiques

Joe Biden a par ailleurs adopté mercredi un deuxième décret établissant la création d'un conseil de conseillers du président sur la science et la technologie.

Depuis son entrée en fonction, le nouveau président américain a jusqu'ici signé une quarantaine de décrets.

M. Biden a également signé un mémorandum, adressé aux départements et agences gouvernementales, pour rétablir la confiance dans le gouvernement par le biais de l'intégrité scientifique et de l'élaboration de politiques fondées sur des preuves. L'objectif est d'éliminer l'ingérence politique des décisions.

Les résultats scientifiques ne doivent jamais être déformés ou influencés par des considérations politiques, peut-on lire dans le document signé par Joe Biden.

Son prédécesseur, qui a souvent critiqué l'approche des scientifiques de son gouvernement, a été accusé par ses détracteurs de vouloir politiser l'appareil d'État.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, et Washington Post

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