•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Attentat à la bombe : la France demande un nouveau procès pour Hassan Diab

Un homme qui à la tête baissée.

Hassan Diab est soupçonné par les autorités françaises d'avoir participé à un attentat à la bombe à Paris en 1980. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Radio-Canada

La Cour d'appel française ordonne un nouveau procès pour Hassan Diab, trois ans après sa libération pour manque de preuve. L'universitaire canadien qui habite Ottawa est soupçonné d’avoir orchestré un attentat à la bombe devant une synagogue de Paris, en 1980.

Les avocats français d'Hassan Diab entendent faire appel de la décision devant la Cour suprême française.

Le professeur à l'Université d'Ottawa, maintenant âgé de 67 ans, a été accusé par les autorités françaises d’avoir participé à l’attentat de la rue Copernic à Paris qui a fait quatre morts et plus d’une quarantaine de blessés, en 1980.

Hassan Diab a été arrêté en 2008 par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), placé sous des conditions strictes avant d’être libéré sous caution, et puis extradé en France en 2014, où il a passé plus de trois ans en prison.

Hassan Diab a toujours nié toute implication dans cet acte terroriste.

Ma vie a été bouleversée à cause d'allégations et de soupçons non fondés. Je suis innocent des accusations portées contre moi. [...] Je n'ai jamais participé à aucune attaque terroriste. Je ne suis pas un antisémite, a déclaré M. Diab en 2012.

Hassan Diab a été libéré en janvier 2018 après que deux magistrats français ont estimé que les preuves contre lui n'étaient pas suffisamment solides pour être jugées. Il n'a jamais été officiellement inculpé.

Les procureurs français ont fait appel de la libération d’Hassan Diab. L'affaire a évolué lentement pendant que les procureurs cherchaient à trouver de nouvelles preuves contre le Canadien et que les procédures judiciaires étaient retardées en raison de la pandémie de COVID-19.

Un « bouc émissaire » selon un militant

En point de presse mercredi, l’avocat canadien d’Hassan Diab, Don Bayne, a décrit son client comme un père de famille dévasté et a qualifié les preuves retenues contre lui de très faibles.

Selon Roger Clark, membre du groupe de soutien d’Hassan Diab et ancien directeur au sein d’Amnistie internationale, M. Hassan était innocent lors de son extradition vers la France pour être jugé et l’est toujours aujourd’hui.

Un homme accorde une entrevue via visioconférence.

Roger Clark, membre du groupe de soutien d’Hassan Diab et ancien directeur au sein d’Amnistie internationale.

Photo : Radio-Canada

Les erreurs se maintiennent. Il y a encore moins de preuves contre lui [Hassan Diab] aujourd’hui qu’il y a 12 ans au moment où son extradition a été demandée. Toutes les preuves qui ont été présentées à ce moment-là, en 2008, ont été soit démolies ou retirées. On ne peut pas croire qu’il s’agit maintenant d’un processus qui va arriver à une conclusion juste, estime M. Clark.

Selon l’ancien directeur chez Amnistie internationale, la France subit de fortes pressions provenant de groupes de soutien aux victimes de l'attentat pour trouver un coupable.

Mais on ne trouve pas justice avec un bouc émissaire, dit-il.

Preuve discréditée

La principale preuve matérielle sur laquelle le Canada s'est appuyé pour extrader Hassan Diab vers la France était une analyse graphologique reliant l'écriture de l’universitaire à celle du présumé poseur de bombe.

Mais en 2009, l'équipe juridique d’Hassan Diab a produit une contre-expertise de quatre experts internationaux en écriture manuscrite qui remet en cause les méthodes et les conclusions des experts français.

Ils ont également prouvé que certains des échantillons d'écriture utilisés par les analystes français n'appartenaient pas à l’accusé, mais à son ex-femme.

Les juges d'instruction français ont rejeté les preuves de l'écriture manuscrite lorsqu'ils ont ordonné la libération d’Hassan Diab en janvier 2018.

Mais tout en considérant l'appel de la libération du prévenu, un autre juge a ordonné un examen indépendant des preuves d'écriture litigieuse.

Les juges d'instruction français qui ont libéré Hassan Diab ont également découvert que ce dernier avait un alibi pour le jour de l'attentat de Paris. À l'aide de dossiers universitaires et des entretiens avec les camarades de classe de M. Diab, les juges d'instruction ont déterminé qu'il était probablement au Liban, en train d'écrire des examens lorsque l'attentat à la bombe a eu lieu.

Lorsque Hassan Diab a finalement été libéré d'une prison française en 2018, les juges français ont soulevé l'absence d'empreintes digitales correspondantes sur un formulaire d'hôtel et sur l'une des autres preuves présentées par la France.

Les fonctionnaires français n'ont pas partagé les preuves de comparaison d'empreintes digitales en leur possession avec leurs homologues canadiens. Les documents judiciaires montrent que les procureurs français ont nié l'existence même de la preuve.

En 2018, CBC a confirmé que la France était au courant et avait omis de divulguer des empreintes digitales qui ont fini par jouer un rôle critique dans la libération de M. Diab.

Depuis sa libération, Hassan Diab vit avec sa femme et ses deux enfants. Il a repris son travail comme chargé de cours à mi-temps.

Il réclame aujourd’hui 90 millions de dollars au gouvernement fédéral pour le rôle qu'a joué le Canada dans son extradition vers la France.

Selon un reportage de David Cochrane de CBC et des informations de Nafi Alibert

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !