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Exemption du couvre-feu pour les itinérants : soupir de soulagement en Outaouais

Un homme sur un trottoir se frotte les mains pour se réchauffer.

Les organismes de lutte contre l'itinérance de l'Outaouais sont soulagés de l'exemption du couvre-feu. (archives)

Photo : iStock

Radio-Canada

Des organismes de lutte contre l'itinérance en Outaouais se réjouissent de la décision selon laquelle les sans-abri pourront rester dehors après 20 h sans craindre d'être sanctionnés par la police. Au début du couvre-feu, des organismes avaient exigé la clémence des policiers envers cette population.

Dans une ordonnance de sauvegarde rendue mardi, la juge Chantal Masse, de la Cour supérieure du Québec, a suspendu l'application de l'article 29 du décret numéro 2-2021 quant aux personnes en situation d'itinérance.

En entrevue à l’émission Les matins d’ici, la directrice générale du Gîte Ami, Lise Paradis, s’est dite heureuse que la décision ait été prise, mais déçue qu’il ait fallu mort d’un homme pour que la situation change.

Je pense que nos regroupements provinciaux, régionaux, ont décrié cette situation pour qu’il y ait des actions de prises […] c’est dommage que ça se soit rendu à cette étape-là, mais résultat, c’est fait et on s’en félicite, soutient Mme Paradis.

Une femme devant le Gîte Ami.

La directrice générale du Gîte Ami de Gatineau, Lise Paradis. (archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Selon elle, aucun itinérant n’a reçu de contravention en Outaouais. Avec tous nos partenaires, on a passé le mot aux travailleurs de rue, si jamais quelqu’un avait reçu une contravention, de nous en aviser. Personne n'a reçu de contravention jusqu’à présent, mais l’anxiété, elle était là quand même.

Interrogés lors du dépôt de la requête devant la cour supérieure lundi, bon nombre d'organismes de l’Outaouais ont dit appuyer l’initiative.

Le couvre-feu est un fardeau pour les itinérants, mais surtout, il complique notre travail, a expliqué à Radio-Canada Michel Kasongo, directeur général de la Soupe Populaire de Hull.

Il a souligné l'impact psychologique du couvre-feu sur les personnes sans-abri déjà stigmatisées par la société. La nervosité se ressent, le climat est tendu, stressé. On devrait les laisser tranquilles comme le fait l'Ontario, a lancé M. Kasongo.

Même son de cloche de la part d’Alexandre Deschênes du Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais (CRIO).

Selon lui, le respect du couvre-feu est difficile à respecter puisque les refuges sont débordés. Les organismes doivent demander à des dormeurs de quitter pour donner la place à ceux qui n'ont pas d'endroit où dormir, a-t-il soutenu.

Selon M. Deschênes, c'est un non-sens que les travailleurs essentiels comme eux aient le droit de se promener, mais pas les bénéficiaires de ces services essentiels.

La directrice adjointe du Bureau régional d'action sida (BRAS) et coordinatrice à la halte-chaleur de la soupière de l’amitié, Annie Castonguay, a poussé un soupir de soulagement en apprenant le sursis accordé aux itinérants qui combattent le froid au quotidien.

Une dame accorde une entrevue à la caméra.

Annie Castonguay, directrice adjointe au BRAS Outaouais. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Il y avait plusieurs personnes qui restaient dans leur tente pour éviter de se promener en allant dans une halte-chaleur [...] On avait peur que des gens aient des engelures en campant dans le secteur Mont-Bleu. Maintenant, ce ne sera plus un problème pour ceux qui veulent se déplacer vers une halte-chaleur, a-t-elle avancé, rassurée.

Le directeur général de la Soupière de l'amitié de Gatineau, Mathieu Déziel, accueille aussi d’un bon œil la nouvelle. Selon lui, la judiciarisation des personnes vulnérables n’est pas la solution.

Dans la région de l’Outaouais jusqu’à présent, la tolérance des policiers a bien fonctionné, mais on n’avait pas de garantie. Là au moins, on a une garantie que les itinérants ne seront pas judiciarisés davantage, a salué M. Déziel.

Avec les informations de Marielle Guimond

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