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Fonds fédéraux et COVID-19 : le N.-B. est le moins dépensier, conclut une étude

L'édifice de l'Assemblée législative.

Le Nouveau-Brunswick dépense moins que toute autre province en matière de lutte contre la COVID-19, selon le Centre canadien de politiques alternatives.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick dépense moins que toute autre province en matière de lutte contre la COVID-19 tout en laissant de côté des millions de dollars du gouvernement fédéral, selon le Centre canadien de politiques alternatives, qui présente les conclusions de son étude à ce sujet.

Selon ce groupe national de réflexion, le Nouveau-Brunswick est la province la moins dépensière en consacrant en moyenne 7500 $ par habitant à des programmes en matière de COVID-19. Ailleurs en Atlantique, la Nouvelle-Écosse dépense 8500 $ par habitant, l’Île-du-Prince-Édouard 8600 $ et Terre-Neuve-et-Labrador 9180 $.

Entre-temps, selon le Centre canadien de politiques alternatives, le Nouveau-Brunswick n’a pas dépensé des fonds qu’il aurait pu obtenir du gouvernement fédéral, dont 5,9 millions de dollars pour les soins de santé, l’équipement de protection personnelle, les tests de dépistage et les soins de longue durée.

David Macdonald.

David Macdonald, économiste principal au Centre canadien de politiques alternatives, conseille au Nouveau-Brunswick de profiter de tous les fonds fédéraux disponibles.

Photo : CBC

Ils ont aussi des fonds non attribués. C’est-à-dire qu’il y a une ligne dans le budget qui dit COVID-19, mais il n'y a pas vraiment de plan pour cet argent-là. Alors, il y a des sources de fonds fédéraux, des sources dans le budget même pour qu’ils puissent dépenser cet argent puis essayer de combattre la pandémie, affirme l’économiste principal au Centre canadien de politiques alternatives, David Macdonald.

De plus, le Nouveau-Brunswick n’a pas réclamé au fédéral les fonds suivants, selon le Centre canadien des politiques alternatives :

  • 30 millions de dollars pour appuyer les salaires de travailleurs essentiels;
  • 19,7 millions de dollars pour appuyer les soins de longue durée;
  • 9,6 millions de dollars pour la création rapide de logements abordables.

La Coalition pour l'équité salariale du Nouveau-Brunswick dit être consternée. Elle rappelle que le supplément mensuel de 500 $ accordé pendant quatre mois au personnel des soins de première ligne qui gagne moins de 18 $ l'heure a pris fin en juillet et que ce personnel est maintenant confronté à une hausse du nombre de cas de COVID-19 dans certains foyers de soins. La présidente de la Coalition, Frances LeBlanc, presse le gouvernement d’aider ces travailleurs.

Les édifices du complexe.

Au total, 34 employés et résidents du foyer de soins spéciaux Manoir Belle Vue, à Edmundston, ont contracté la COVID_19 jusqu'à présent.

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Le personnel de soins vit beaucoup de stress et fait de son mieux pour assurer sa propre sécurité et celle des résidents. Pourtant, il demeure sous-payé. Il est temps d'être juste et de faire preuve de compassion envers toutes ces personnes qui fournissent des services aux personnes âgées, aux personnes vivant avec un handicap ou une maladie mentale, aux femmes fuyant la violence et aux enfants, affirme Frances LeBlanc, citée dans un communiqué.

La reconnaissance ne leur suffit pas pour vivre. La valeur de leur travail doit se refléter dans leur salaire, ajoute-t-elle.

Infrastructures et municipalités

Le Nouveau-Brunswick a également laissé des millions de dollars du gouvernement fédéral pour divers programmes d'infrastructure et pour les municipalités. C’est une erreur monumentale, selon Pierre-Marcel Desjardins, professeur d'économie à l'Université de Moncton.

Les taux d’intérêt sont historiquement bas. On sait que ça va rester bas. La province pourrait emprunter à des taux d'intérêt très bas pour investir. Moi, je ne suis pas fervent de simplement transférer des chèques, mais d’aller de l’avant avec des mesures porteuses qui vont aider d’une part la reprise, mais surtout la croissance et le développement de la province au cours des prochaines années, explique Pierre-Marcel Desjardins.

On veut des finances publiques saines pour, face à une crise être en mesure d’agir. Là, on est en crise. C'est le temps d'agir.

Pierre-Marcel Desjardins, professeur d'économie à l'Université de Moncton

L’opposition dénonce la situation

Le chef intérimaire du Parti libéral, Roger Melanson, juge que l’étude du Centre canadien des politiques alternatives est documentée et solide. Il qualifie l’approche du gouvernement de Blaine Higgsd’effort le moins dépensier au pays.

Roger Melanson dit croire que ces programmes exigent que les provinces investissent une somme équivalente à celle d’Ottawa et que le premier ministre Higgs ne veut pas dépenser cet argent.

Blaine Higgs a déclaré à l’Assemblée législative, en novembre, que la province recevait 218 millions de dollars d’Ottawa pour des programmes en matière de COVID-19 et qu’elle avait dépensé 167 millions de dollars jusqu’à ce moment. M. Higgs a ajouté durant la période de questions que son gouvernement dépenserait plus que prévu dans des catégories particulières. Il a expliqué qu'il était impossible à ce moment de déterminer combien d’argent exactement.

Le chef du Parti vert, David Coon, affirme qu’il est impossible de débattre des chiffres à l’Assemblée législative lorsque cette dernière ne siège pas. Il estime que le gouvernement Higgs tente de ne dépenser que le minimum pour lutter contre la COVID-19 et qu’il laisse la majorité des dépenses au gouvernement fédéral.

Selon le Centre canadien de politiques alternatives, 99 % des dépenses du Nouveau-Brunswick directement liées à la COVID-19 proviennent de fonds fédéraux.

Blaine Higgs a aussi écarté en novembre la demande des libéraux d’augmenter les dépenses en soulignant que le nombre de cas de COVID-19 était encore relativement faible et que l’économie montrait des signes d’amélioration.

Le gouvernement dit tenter d’obtenir tous les fonds

Un porte-parole du gouvernement, John McNeil, affirme que la province s’est assuré d’avoir accès aux fonds du gouvernement fédéral en matière de COVID-19 ou est en train de négocier avec Ottawa pour les avoir au complet.

Le ministère du Développement social, qui supervise les soins de longue durée, a obtenu chaque dollar disponible du fédéral pour certains programmes, notamment en matière de prévention des infections, de plans de stabilité de la main-d’oeuvre et de création d’ailes d’isolation dans des foyers de soins, explique M. McNeil.

Le ministère de la Santé prévoit pour sa part qu’il aura besoin de tous les fonds disponibles, assure M. McNeil.

Le compte-rendu complet de ces dépenses des deux ministères ne sera connu qu’à la fin de l’exercice financier courant puisque la situation change régulièrement avec l’évolution de la pandémie, précise-t-il.

Un feu de circulation rouge à côté d'une pancarte indiquant le Nouveau-Brunswick.

Le Nouveau-Brunswick a annoncé la semaine dernière une aide financière pour les entreprises touchées par les phases orange et rouge. Ces fonds provinciaux ne sont pas inclus dans l'étude du Centre canadien de politiques alternatives, souligne un porte-parole du gouvernement.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Le Centre canadien de politiques alternatives indique que son étude est à jour au 31 décembre 2020. John McNeil dit qu’elle est basée sur des données qui étaient disponibles en septembre et que le Nouveau-Brunswick et Ottawa travaillent toujours sur des ententes de financement.

Le gouvernement de Blaine Higgs a annoncé la semaine dernière une aide financière de 5000 $ pour les entreprises touchées par les mesures de restriction en phase orange et rouge pendant au moins une semaine du début octobre à la fin de mars. Ces fonds, qui proviennent entièrement de la province, précise John McNeil, ne sont pas inclus dans le rapport du Centre canadien de politiques alternatives.

En décembre, après des mois de discussion avec le fédéral et de débats avec l'opposition sur les fonds non réclamés en matière d’infrastructure pour appuyer l’économie malmenée par la pandémie, le provincial a commencé à approuver des projets avec son budget d’immobilisations.

Ces projets comprennent notamment la rénovation de l’édifice du 19e siècle qui abrite des bureaux et la tribune de la presse parlementaire à Fredericton, ils sont financés à 80 % par le fédéral, mais ils sont aussi trop récents pour être inclus dans l’étude du Centre canadien de politiques alternatives.

Avec des renseignements de Sophie Désautels, de Radio-Canada, et de Jacques Poitras, de CBC

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