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Mont-Tremblant demande l’aide de Québec contre son propre service de police

La municipalité des Laurentides presse le gouvernement du Québec d'abolir son service de police pour le remplacer par la Sûreté du Québec.

Des gyrophares.

Le conseil municipal de Mont-Tremblant demande l'abolition de son service de police depuis plus d'un an.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

La Ville de Mont-Tremblant demande à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, de remplacer dans les plus brefs délais son service de police municipale par la Sûreté du Québec (SQ). Les relations entre la municipalité et ses policiers se sont détériorées à un point tel que le maire craint pour la sécurité de ses citoyens.

La situation est insoutenable, ça prend une décision rapide. On ne veut pas attendre qu'il y ait une situation regrettable, s'inquiète le maire Luc Brisebois.

En décembre 2019, la municipalité s'est adressée au ministère de la Sécurité publique pour abolir son service de police. L'objectif était de faire des économies de 2 millions de dollars par année tout en bénéficiant d'une plus vaste gamme de services.

De plus, les 18 autres municipalités de la MRC des Laurentides sont déjà desservies par la SQ. Les élus y voient donc une façon d'uniformiser le service.

Mais la demande de Mont-Tremblant n'est pas passée comme une lettre à la poste et la situation a dégénéré entre les élus et les policiers.

Le maire de Mont-Tremblant, Luc Brisebois.

Le maire de Mont-Tremblant, Luc Brisebois.

Photo : Radio-Canada

Il y a de l'intimidation qui s'est faite au niveau des élus, soutient le maire Brisebois, qui s'est lui-même placé sous la protection du programme de lutte contre l'intimidation des élus de la SQ.

Et il ne serait pas le seul élu à faire l'objet de représailles.

À Lac-Tremblant-Nord, la mairesse a logé une plainte et ils ont refusé de se rendre [sur place]. Après, un citoyen a fait la même chose et ils ont refusé de se déplacer en prétextant que la mairesse était d'accord avec l'abolition du corps policier, raconte Luc Brisebois.

La municipalité a également transféré son service de répartition à Blainville, les répartitrices ne voulant plus travailler de nuit de peur d'être à leur tour victimes d'intimidation.

Bras de fer entre le syndicat et la municipalité

La fraternité des policiers réfute toutes ces allégations. C'est complètement faux, c'est de la mauvaise foi et c'est mensonger, s'exclame Serge-Alexandre Bouchard, le président de la Fraternité des policiers de la Ville de Mont-Tremblant. Il reconnaît cependant que le climat de travail est toxique à la centrale de police.

Le syndicat soutient que la décision des élus de se départir de son corps policier n'est pas motivée par un souci d'économie ou d'amélioration du service, mais plutôt par un conflit de travail qui fait rage entre la municipalité et ses policiers.

Le problème, c'est qu’à cause d'un conflit de travail entre la fraternité et la direction de la Ville, les citoyens risquent de perdre un service hors pair qu'ils ont depuis des années au profit de la Sûreté du Québec. [...] Au lieu de s'asseoir et de régler ça avec nous, [les élus] aiment mieux se débarrasser en nous envoyant à la Sûreté du Québec.

Serge-Alexandre Bouchard, président de la Fraternité des policiers de la Ville de Mont-Tremblant

Le syndicat s'est adressé au Tribunal du travail pour faire invalider la résolution du conseil municipal qui prévoit le changement de service policier. Il plaide que tout ceci n’a pour seul et unique but que de se débarrasser du conflit de travail en question.

Le président de la fraternité des policiers, Serge-Alexandre Bouchard.

Le président de la fraternité des policiers, Serge-Alexandre Bouchard.

Photo : Radio-Canada

La population n'est pas victime de la partie de bras de fer qui se joue entre la municipalité et les policiers, assure M. Bouchard. Et dans ce contexte, il ne comprend pas l'urgence de la municipalité de demander à la ministre Guilbault de trancher. D'autant plus qu'elle veut entreprendre une réforme de la police au Québec et qu'elle attend les recommandations du comité sur la modernisation de la police qui doit déposer son rapport le 27 mai prochain.

Cette réforme pourrait prévoir un meilleur financement des services de police municipaux, croit le syndicat, et par conséquent, l'argument des économies avancé par la Ville de Mont-Tremblant ne tiendrait plus la route.

Mais pour le maire, l'attente n'est pas une option.

On a besoin de la confiance et de la collaboration de nos policiers et, en ce moment, on l'a perdue depuis longtemps cette confiance-là. Et là, il y a aussi des impacts sur les opérations de la COVID. Le gouvernement nous demande d'être plus fermes, mais on a du mal à remplir la commande.

Luc Brisebois, maire de Mont-Tremblant

La ministre Guilbault a rencontré les deux parties l'automne dernier, mais n'a toujours pas tranché.

À son cabinet, on répond que le processus décisionnel suit son cours. On précise que la Loi sur la police ne prévoit pas de délai maximal quant à la prise de décision de la ministre à l’égard d’une demande d’abolition d’un corps de police.

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