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La médecin hygiéniste de la santé publique presse la province de rouvrir les écoles à Ottawa

Une classe vide, les chaises levées sur les bureaux.

La médecin hygiéniste de la santé publique à Ottawa, la Dre Vera Etches, demande à l'Ontario de permettre la réouverture des écoles (archives).

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Radio-Canada

La Dre Vera Etches, médecin hygiéniste de Santé publique Ottawa (SPO), demande à la province de permettre la réouverture des écoles de la capitale fédérale, jugeant que la pandémie est devenue gérable. Parents et professeurs ont toutefois un avis mitigé sur la question.

Le niveau de transmission communautaire à Ottawa est similaire ou inférieur à ce qu'il était à notre apogée, en octobre, lorsque les écoles étaient ouvertes, et nous avons géré ce niveau de COVID-19 dans les écoles, a fait valoir la Dre Etches lors d’une séance d'information, mardi.

La semaine dernière, l'Ontario a annoncé que les écoles de quatre bureaux de santé publique de l'est de la province pourraient rouvrir lundi. Les établissements scolaires d’Ottawa ne figuraient pas sur la liste. La province n’a pas encore indiqué quand les classes pourront reprendre en présentiel dans la capitale fédérale.

Selon la Dre Etches, la situation de la pandémie à Ottawa ne justifie plus la fermeture des écoles.

Au cours des dernières semaines, la Ville d’Ottawa a observé une baisse constante de la transmission de la COVID-19 sur son territoire. Mardi, SPO n'a signalé que 23 nouveaux cas de coronavirus depuis les dernières 24 heures. SPO a indiqué du même coup que le taux de positivité des tests est tombé à 3 %, contre 4,6 % il y a deux semaines.

La Dre Vera Etches, médecin hygiéniste de Santé publique Ottawa.

La Dre Vera Etches, médecin hygiéniste de Santé publique Ottawa (archives)

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Si les nouveaux cas de la maladie avaient à augmenter à nouveau, la Ville d’Ottawa serait en mesure de contrôler la situation dans ses écoles, selon la Dre Etches.

Je n'utilise jamais le mot "sûr". Mais ce dont j'ai bon espoir, c'est que nous pouvons gérer les niveaux de COVID-19 pour réduire la transmission dans les écoles, tout comme nous l'avons fait à l'automne, dit-elle.

La Dre Etches a souligné l’importance pour la santé mentale des élèves de reprendre les cours. Elle a aussi mis la lumière sur le défi que représente l’enseignement à domicile des enfants pour les parents en télétravail.

Des réactions mitigées chez les parents et enseignants

Anne Vinet Roy, la présidente de l'Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens ne voit pas pourquoi on s'empêcherait de retourner à l'école alors que SPO le demande.

Cette dernière souligne que l'apprentissage en ligne est loin d'être optimal et que cela représente un défi de taille pour les enfants, les enseignants et les parents. Selon elle, les préoccupations des enseignants concernent plutôt la concentration de leurs élèves et ce que le retour en classe peut représenter.

Anne Vinet Roy en entrevue dans son bureau. Derrière elle une immense plante et une bibliothèque bien garnie.

Mme Vinet Roy croit également que les exigences du ministère en termes de présence à l'écran sont difficiles à atteindre.

Photo : Radio-Canada

Ça prend beaucoup de planification et le fait que le gouvernement attend toujours à la dernière minute pour prendre ces décisions-là, c’est difficile pas seulement pour le personnel enseignant, mais pour les familles aussi, explique-t-elle.

Sophie Cathelineau est enseignante et a aussi de jeunes enfants. Elle se dit très en colère contre le gouvernement qui, à son avis, ne semble pas prioriser le retour en classe malgré la diminution des cas de COVID-19 dans la région.

Là, il est vraiment temps d'un retour à l'école, c'est urgent.

Une citation de :Sophie Cathelineau, mère de famille et enseignante

Le télétravail jumelé aux cours en ligne de ses enfants fait en sorte que la famille vit à un rythme qui est insoutenable, selon elle. Mes journées se résument à accompagner mes enfants, enseigner à mes enfants et à enseigner à mes propres élèves au secondaire, fait-elle valoir.

Pour sa part, Iamia Sabbagh, de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l'Ontario aurait préféré voir davantage de mesures de protection misent en place avant de penser à la réouverture des écoles.

La fédération réclame entre autres que l'on diminue à 15 le nombre d'élèves par classe, que la ventilation soit améliorée et que des tests de dépistage soient mis à la disposition des écoles.

Interrogé sur la question mardi, le Dr Paul Roumeliotis, médecin hygiéniste du Bureau de santé de l'est de l'Ontario (BSEO), a laissé entendre que les écoles de la région pourraient rouvrir au plus tard à la deuxième semaine de février.

Portrait du docteur devant le Centre Nav à Cornwall.

Le médecin-conseil en santé publique et président-directeur général du Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO), le Dr Paul Roumeliotis (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

On est sur la bonne voie. Si vous me demandez si je suis sûr qu’on va rouvrir [les écoles] le 9 ou le 10 février, je vous répondrai oui. Est-ce qu’on va rouvrir avant? Je ne suis pas sûr. C’est une chose à discuter avec le ministère, a-t-il indiqué.

Dans les régions de l’Ontario où les élèves ont repris le chemin de l’école cette semaine, des mesures de protection ont été ajoutées, notamment un processus de dépistage plus rigoureux, des masques obligatoires pour les élèves de la première à la troisième année et des masques obligatoires à l'extérieur lorsque la distanciation sociale n’est pas possible.

D’après un reportage de Kimberley Molina de CBC et de Jérémie Bergeron

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