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Quand son emploi est jugé non essentiel : témoignage d’une barbière

Tous les travailleurs ne sont pas égaux devant la pandémie. La deuxième vague de la pandémie rend ces écarts entre industries encore plus grands. Radio-Canada braque les projecteurs sur les travailleurs qui ont un emploi jugé non essentiel.

Une femme devant son commerce.

Après que le gouvernement ontarien de Doug Ford a déclaré l'État d'urgence, Sabryna a beaucoup médité devant son commerce.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Peu de temps après avoir ouvert son propre salon de barbier en septembre, la Timminoise Sabryna Larrivée a dû arrêter de couper des cheveux pour une durée indéterminée.

Dès l'ouverture de son salon, et jusqu’au 26 décembre, date à laquelle le gouvernement ontarien a reconfiné la province, Sabryna travaille sans relâche du matin jusqu’à tard le soir dans le but d’amasser des fonds pour faire des rénovations.

Au départ, Doug Ford planifiait un déconfinement dans le Nord de la province le 9 janvier. Un repos forcé que Sabryna a pris avec le sourire.

J’avais finalement du temps pour me relaxer, relate la jeune femme qui planifiait faire des rénovations avec son beau-père durant cette pause, afin d’accueillir une deuxième chaise de barbier.

Cependant, quelques jours plus tard, Doug Ford a déclaré l’état d’urgence jusqu’au 11 février, prolongeant ainsi le confinement.

Une femme dans un salon de barbier.

Alors que les chaises de son salon sont toutes vides, Sabryna se questionne sur son avenir.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Si cette pause forcée mine son rêve de jeunesse, la jeune entrepreneure s’inquiète d’abord et avant tout de ne pas revoir de sitôt le sourire de ses clients.

Quand j’ai recommencé à travailler pendant la première la vague, c’était choquant de ne pas voir le sourire des gens. Oui, je le sais, qu’on protège notre santé avec les masques. Ne plus recevoir de sourires, c’est un gros changement dans ma vie.

Une citation de :Sabryna Larrivée, propriétaire de 13 Avenue Barber Shop

Elle ajoute que le sourire de ses clients est essentiel dans la pratique de son métier.

J’ai trouvé ça tellement difficile, de déterminer quelle coupe je vais faire avec les clients qui doivent tous porter le masque. La moitié de leur visage est couvert, précise-t-elle.

Une femme pose avec un homme après une coiffure.

Sabryna s'ennuie des sourires de ses clients.

Photo : Courtoisie Sabryna Larrivée

Son plus beau chèque de paye était de voir le sourire de satisfaction de ses clients après une coupe, dit-elle.

On ne voit plus cette expression. C’était satisfaisant de voir que la job est bien faite. Maintenant, on est un peu dans le mystère. Le sourire, c’est une chose qui me manque, ajoute la jeune femme de 25 ans.

Consultez notre série sur les travailleurs jugés non essentiels :

Un rêve de jeunesse

Depuis toute jeune, Sabryna rêve d’avoir son propre salon. Elle a parcouru le monde afin de peaufiner son art, avec des séjours à Las Vegas, Montréal et en France.

L'artiste est revenue s’établir dans sa ville natale, comme elle a toujours vu un besoin criant pour ce métier à Timmins, surnommé la ville au cœur d’or.

Il y a beaucoup d’hommes dans cette petite communauté de mineurs. Il y a très peu de salons de barbier dans le Nord de l’Ontario.

Une citation de :Sabryna Larrivée, propriétaire du 13 Avenue Barber Shop

En septembre 2020, la globe-trotter décide de réaliser son rêve, même si elle se doutait bien qu’un deuxième confinement pourrait frapper de nouveau.

J’ai quand même décidé d'aller au bout de mon idée, même si la COVID-19 était dans le monde. J’ai décidé de ne pas mettre ma vie sur pause et de suivre mon rêve.

Une femme coupe les cheveux.

En début de semaine, Sabryna Larrivée est allé porter un C.V. dans une pizzeria.

Photo : Sabryna Larrivée

Maintenant, je vis sur l’économie de mes rénovations pour survivre, se désole Sabryna qui voit tous ses efforts s’effondrer.

Dans les derniers jours, la coiffeuse a même recommencé à écrire des curriculum vitae. Une chose qu’elle n’avait jamais faite depuis le secondaire.

Penser à une autre carrière, c’est fou dans un sens, s’émeut Sabryna.

Retourner livrer de la pizza comme quand j’étais au secondaire. Ça me fait peur de penser à quelque chose d’autre.

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