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Le racisme persiste dans le système de santé, déplorent des leaders autochtones

Un gros plan sur Garrison Settee. Il est vêtu d'un habit traditionnel et d'une coiffe autochtone.

Deux systèmes de santé existent, soit un pour les citoyens canadiens et un pour les Autochtones, déplore le grand chef de MKO, Garrison Settee, pour illustrer l’inégalité des soins offerts.

Photo : Photo soumise par Melanie Ferris

Zoé Le Gallic-Massie

Le problème du racisme persiste au sein du système de santé du Manitoba, disent des leaders autochtones dans une conférence de presse mardi.

Plusieurs leaders autochtones ont pris part à une conférence de presse diffusée sur la page Facebook de Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO), un organisme qui représente 26 Premières Nations de la province.

Bernice Thorassie, qui travaille à MKO, cite l’exemple récent d’une aînée membre d'une communauté éloignée du nord de la province qui a dû prendre l’autobus dans la nuit de dimanche à lundi pour se rendre à Winnipeg pour des soins médicaux.

La dame de 70 ans est partie de Thompson, à environ 760 km au nord de Winnipeg.

L’autobus n’avait pas d’appareil chauffant. Des couvertures étaient disponibles, mais cela n’était pas suffisant pour la réchauffer.

Environnement Canada a d’ailleurs publié un avertissement de froid extrême avec des températures entre -30 °C et -40 °C pour plusieurs régions durant quatre nuits consécutives, dont celle de lundi.

L’aînée est arrivée à Winnipeg frigorifiée, déplore Mme Thorassie.

Cette situation n’est pas un cas isolé, selon Bernice Thorassie. Elle affirme recevoir plusieurs appels chaque jour pour des problèmes reliés aux transports médicaux.

Des soins offerts épouvantables

Durant la même conférence, Brian Wood, un membre de la Première Nation crie d'O-Pipon-Na-Piwin (South Indian Lake), a déclaré que sa femme, Carol Wood, s'était blessée à la jambe après avoir été bousculée par un chien et être tombée au sol.

À la clinique où il s’est rendu, l’infirmière a affirmé que la jambe n’était pas cassée, selon M. Wood. Elle a recommandé à Brian et Carol Wood de rentrer à la maison et d’attendre pour prendre un autre rendez-vous.

La jambe de Carol présentant un gros bleu près du genou.

« Je savais qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas avec ma femme parce qu'elle pleurait de douleur », dit Brian Wood. Il a l’impression que sa femme, Carol,Wood, n’a pas été prise au sérieux.

Photo : Photo soumise par Brian Wood

Deux jours plus tard, le 13 janvier, Brian Wood a dû faire 300 kilomètres en voiture jusqu'à Thompson pour que sa femme reçoive des soins médicaux.

Peu de temps après son arrivée aux urgences, les médecins ont pris des radiographies de la jambe de Mme Wood et ont détecté deux fractures.

Je trouve cela [ces soins] épouvantable, affirme Brian Wood. Personne ne devrait être traité de cette façon.

Brian Wood, membre de la Première Nation crie d'O-Pipon-Na-Piwin

Deux systèmes de santé existent, soit un pour les citoyens canadiens et un pour les Autochtones, déplore le grand chef de MKO, Garrison Settee, pour illustrer l’inégalité des soins offerts.

Appel aux solutions

Le président-directeur général de Keewatinohk Inniniw Minoayawin, Barry Lavallee, compare la situation de plusieurs Autochtones à celle de Joyce Echaquan, morte à l’Hôpital de Joliette au Québec.

Selon lui, beaucoup de membres du personnel dans les hôpitaux utilisent des stéréotypes et ostracisent les patients.

Tous les chefs vous donneront des centaines d’exemples d’injustice, note M. Lavallee.

Barry Lavallee, aussi médecin à l’Université du Manitoba dans un département de programme médical, offrira cette semaine une formation à des étudiants de l’Université pour éviter les inégalités en matière de soins offerts.

La chef de la Première Nation crie d'O-Pipon-Na-piwin, Shirley Ducharme, a entendu parler de nombreux cas où des Autochtones souffrent, faute d'avoir reçu des soins dans les hôpitaux.

L’organisme à but non lucratif MKO prendra part à une réunion virtuelle organisée par le gouvernement fédéral les 27 et 28 janvier sur le thème Traiter le racisme dans le système de santé canadien.

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