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Les votes de grève se multiplient dans le secteur collégial à la CSQ

Sonia Éthier parle dans un micro. Derrière elle, on peut lire sur le mur : Agir aujourd'hui pour leur avenir.

Selon la présidente de la CSQ, Sonia Éthier, la grève ne sera pas nécessaire si le gouvernement du Québec décide de « négocie[r] sérieusement ».

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La Presse canadienne

Le secteur collégial de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) accumule les votes en faveur de la grève alors que la négociation avec Québec sur le renouvellement des conventions collectives n'avance ni sur le plan salarial ni sur le plan normatif, signale mardi la centrale syndicale.

La CSQ et ses trois fédérations du secteur collégial – enseignants, professionnels et employés de soutien – ont rencontré la presse pour faire le point sur l'état de la négociation, après un an, et sur l'appui au vote de grève qui s'ensuit.

Les membres sont présentement consultés sur un mandat de cinq journées de grève, à être tenues au moment jugé opportun.

Et cet appui est soutenu, d'après les résultats obtenus à ce jour. Par exemple, chez les enseignants de cégep, 10 syndicats sur les 11 qui ont tenu leur assemblée générale jusqu'ici ont voté en faveur du mandat de grève.

Au sein des deux autres fédérations aussi : 16 syndicats en faveur sur 19 qui ont tenu leur assemblée à ce jour et 9 syndicats sur les 10 qui ont tenu leur assemblée.

Si le gouvernement s'assoit aux tables de négociation, s'il négocie sérieusement, s'il met des sommes nécessaires pour la réussite des étudiants et l'amélioration des conditions de travail, on n'aura peut-être pas nécessairement besoin de les exercer, ces jours de grève, a souligné la présidente de la CSQ, Sonia Éthier.

Mme Éthier a affirmé que sur le plan normatif, les négociations n'avancent guère, même si ces clauses touchent l'aide aux élèves, comme l'emploi de psychologues ou le soutien aux élèves ayant des besoins particuliers.

On manque de personnel. Il y a une recrudescence des étudiants avec des besoins particuliers, a indiqué Valérie Fontaine, présidente de la Fédération du personnel de soutien de l'enseignement supérieur.

Il faudrait davantage de techniciennes en éducation spécialisée, en travail social, a-t-elle affirmé.

Une majorité de membres a pensé démissionner, selon un sondage

La CSQ a aussi présenté les résultats d'une consultation auprès de ses membres, selon laquelle 54 % d'entre eux auraient songé à quitter leur emploi au cours des dernières années. Ils évoquent la surcharge de travail, particulièrement depuis la pandémie, et le manque de soutien dans leurs différentes tâches.

Chez les professionnels, 76 % affirment qu'il manque de personnel dans les cégeps pour répondre aux besoins et 79 % jugent que cela a même une incidence sur la qualité des services aux étudiants, a souligné Éric Cyr, président de la Fédération du personnel professionnel des collèges.

Interrogé à ce sujet, le cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur Danielle McCann n'a pas voulu commenter le contenu des négociations sur le renouvellement des conventions collectives.

Il a toutefois dit comprendre que la pandémie entraîne un contexte de travail qui est difficile et qui a requis beaucoup d'adaptation de la part de tous. Tous ont dû modifier leurs façons de faire, de travailler, a-t-il rappelé.

Le cabinet a également souligné que de l'argent pour aider les enseignants, il y en a eu sous diverses formes.

Il en veut pour preuve les 215 millions de dollars injectés dans le réseau depuis l'arrivée en poste de Mme McCann.

De plus, l'été dernier, 375 millions de dollars ont été annoncés pour l'ensemble de l'enseignement supérieur, soit 300 millions pour l'aide financière aux études et 75 millions pour l'achat d'équipement informatique et le soutien pédagogique sous diverses formes (ce qui peut inclure l'embauche d'assistants et de techniciens).

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