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Grèves envisagées dans les écoles du Québec

Des enfants dessinent sur un tableau avec des craies.

Des enseignants songent à déclencher une grève.

Photo : getty images/istockphoto / Tomwang112

Des enseignants songent à déclencher une grève de cinq jours au cours des prochaines semaines au Québec.

Les négociations avec le gouvernement étant au point mort, la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) évalue présentement la situation en prenant les mandats de grève. Des votes sont en cours. Si la Fédération va de l’avant, le personnel de l’éducation décrétera la grève au moment opportun.

Ce sont les enseignants qui ont demandé à leurs syndicats de partir en grève. [...] C’est la première fois que je vois ça en 30 ans de carrière. C’est comme s’ils n’en peuvent plus, déplore la présidente Josée Scalabrini.

Dans les régions de Chaudière-Appalaches et de la Capitale-Nationale, le mandat de grève inclurait les enseignants du primaire et du secondaire des centres de services scolaires des Découvreurs, des Navigateurs et de Beauce-Etchemin.

L’autre grand syndicat de l’enseignement du Québec, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) pourrait également déclencher une grève. Ce n’est pas ce qu’on veut, mais c’est possible, commente Daniel Gauthier, président du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec qui représente les enseignants des centres de services scolaires des Premières-Seigneuries et de la Capitale. Son syndicat est membre de la FAE.

La convention collective du personnel de l’éducation est échue depuis près d’un an. Josée Scalabrini et Daniel Gauthier dénoncent l’absence de bonne foi du gouvernement dans les négociations.

De meilleures conditions de travail réclamées

Consciente que le contexte pandémique accentue les retards d’apprentissage, Josée Scalabrini affirme que ce sont les élèves qui seront les premiers récompensés si les enseignants obtiennent une amélioration significative de leur profession.

Elle juge qu’il faut d'abord et avant tout plus de services dans les écoles. Nous souhaitons que quand un élève a des besoins, qu'on ne fasse pas de délestage ou qu’on ne dise pas on n’ait pas l’argent pour donner le service.

Daniel Gauthier donne l'exemple des orthopédagogues qui doivent souvent s'occuper de deux écoles entières. Dans tous nos jeunes qui ont des difficultés, nous finissions par envoyer celui qui a moins de misère parce qu’il a plus de chances de s’en sortir, déplore-t-il.

Selon la FSE, il faut aussi revoir la composition des classes. Il y a souvent trop d’élèves en difficulté dans une classe, et par conséquent les élèves qui ont seulement besoin d’un petit coup de pouce sont laissés en plan.

La diminution des ratios pourrait être une option, croit Josée Scalabrini. Selon elle, l’amélioration de l’enseignement passe également par la valorisation de la profession d’enseignant. Le milieu fait présentement face, en pleine pandémie, à une pénurie de personnel. Nos enseignants sont dans la précarité, l’employeur ne donne pas de permanence. [...] En plus, les enseignants du Québec sont les moins bien payés au Canada.

Selon les dernières données de Statistique Canada, le salaire annuel d’un enseignant au Québec avec 10 ans d’expérience est de 61 684 $. Il est de plus de 94 000 $ en Ontario et en Alberta. La moyenne canadienne est de 84 228 $.

Invitée à se prononcer sur la possibilité d’une grève dans les écoles, l'attachée de presse du ministre de l’Éducation, Geneviève Côté, répond par courriel : Nous ne commenterons pas les négociations en cours.

C’est aussi ce qu’a répondu Kevin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec.

Dans le cadre des présentes négociations, nous travaillons fort aux tables afin de convenir de mesures qui permettront d’offrir à nos enseignants de meilleures conditions de travail et davantage de soutien aux élèves, écrit par courriel Florent Tantet, attaché de presse de la présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, responsable des négociations.

Il explique notamment que le gouvernement a déposé une nouvelle façon de reconnaître les enseignants qui accepteront d’agir comme enseignants émérites et libéré les enseignants de la surveillance des récréations en projet pilote.

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