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Malaise cardiaque en ski de fond : un décès rappelle les défis pour les secours

L'aire écologique Châteaudun à Trois-Rivières est prisée des amateurs de marche et de ski de fond.

L'aire écologique Châteaudun, à Trois-Rivières, est prisée des amateurs de marche et de ski de fond.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Un homme de 64 ans a été emporté par une crise cardiaque jeudi dernier alors qu’il s’adonnait au ski de fond dans le boisé Châteaudun, à Trois-Rivières. Un décès subit qui met en lumière les défis de l'intervention dans les sentiers hors route et l’importance de connaître les manœuvres de réanimation cardiorespiratoire (RCR).

Johanne Lafleur est encore bouleversée par les événements. La Trifluvienne a reçu une formation en secourisme il y a quelques années, mais elle n'avait jamais eu à la mettre en pratique... jusqu'à ce jour.

Je me rends compte qu'on devrait tous avoir ce cours-là. Je viens de le vivre...

Johanne Lafleur

Elle faisait une marche dans ce parc du secteur de Cap-de-la-Madeleine, comme elle a l'habitude de le faire, lorsqu'elle a été interpellée par un autre marcheur. Avez-vous un téléphone? Avez-vous un téléphone? lui a-t-on répété, non sans cacher le sentiment d'urgence.

Elle a donc appelé le 911, puis a assisté d'autres passants qui avaient commencé le massage cardiaque avant l'arrivée des secours. D'ailleurs, la conjointe du sexagénaire, qui a préféré ne pas être identifiée, est infiniment reconnaissante de la rapidité avec laquelle les passants ont pris le contrôle de la situation.

Johanne Lafleur a gardé son sang-froid et a réconforté de son mieux la dame en état de choc. Ça semblait interminable avant que les secours arrivent. C'est normal parce qu'on est tellement dans l'émotion, relate-t-elle, consciente également des défis pour les équipes de secours. Sur la piste de ski de fond, ce n'est pas évident de nous trouver.

Chaque minute compte

La Fondation des maladies du coeur et de l'AVC évalue les chances de survie, en cas d'arrêt cardiaque, à seulement 10 %.

La Fondation note aussi que le temps de réponse moyen des services d'urgence se situe entre six et sept minutes.

Dans ce cas-ci, 16 minutes se sont écoulées entre l'appel au 911 et le début de la défibrillation par les ambulanciers. L'homme se trouvait à environ 600 mètres du début de la piste de ski de fond.

Une fondeuse regarde le panneau de l'aire écologique Châteaudun.

Les ambulanciers qui sont intervenus au boisé Châteaudun pour secourir un fondeur avaient une bonne connaissance des lieux, ce qui est rarement le cas dans les milieux hors piste.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Une équipe de sauvetage hors route a été mobilisée, impliquant le déploiement de neuf pompiers qui ont pu évacuer le fondeur. Le départ de l’ambulance vers l’hôpital s’est effectué 43 minutes après avoir reçu l’appel.

Quand un événement survient dans un lieu difficile d'accès, l'idéal est d'avoir une personne qui peut attendre les secours et les guider, note le directeur des opérations de la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie.

La localisation des bénéficiaires est beaucoup plus difficile à cause du manque de repères visuels.

Jean-Robert Rupp Nantel, directeur des opérations à la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie

Dans ce cas-ci, les ambulanciers connaissaient le terrain, ce qui a contribué à raccourcir les délais d'intervention, selon Jean-Robert Rupp Nantel.

Il insiste sur l'importance d'avoir en tout temps un moyen de communication pour demander de l'aide.

Prévenir les arrêts cardiaques

L'Association des cardiaques de la Mauricie offre du soutien et de l'accompagnement aux personnes qui ont des problèmes cardiaques ou des facteurs de risques, ainsi qu'à leurs proches.

Mais parfois, il n'y a aucun problème connu. Comme dans ce cas-ci. Rien ne laissait présager le drame.

Le sexagénaire était très actif, nous explique sa conjointe. Il faisait de l'exercice au quotidien : du ski de fond et de la raquette en alternance, tous les jours.

L'Association des cardiaques de la Mauricie souligne l'importance de s'échauffer avant d'entamer un effort physique soutenu.

L'Association des cardiaques de la Mauricie souligne l'importance de s'échauffer avant d'entamer un effort physique soutenu.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

En guise de prévention, l'activité physique quotidienne est le meilleur comportement à adopter selon Marilyn Roy, kinésiologue à l'Association des cardiaques de la Mauricie. Quelques précautions doivent néanmoins être prises.

C'est de toujours commencer avec un échauffement, dit-elle, donc d'y aller tranquillement pour permettre au corps de s'adapter, de s'échauffer graduellement un peu cinq, six, sept minutes, avant d'augmenter un peu l'intensité de l'effort.

La kinésiologue invite les sportifs à être attentifs aux signaux d'essoufflement. Il faut être capable d'avoir une discussion, un échange et ne pas être à bout de souffle, précise-t-elle.

Le mois de février est le Mois du cœur, nommé ainsi par la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada, qui sensibilise la population à la recherche et à la prévention.

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