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Mort de Joyce Echaquan : la campagne de sociofinancement près du but

Une femme prend part à une manifestation pour réclamer que justice soit faite pour Joyce Echaquan.

La mort de Joyce Echaquan a suscité l'indignation, tant chez les communautés autochtones que chez les non-Autochtones.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Presque quatre mois, jour pour jour, après la mort de Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette, une campagne de sociofinancement lancée pour subvenir notamment aux besoins du conjoint de la victime et de leurs enfants est tout près de son objectif de 350 000 $. Pour l’organisatrice de la campagne, toutefois, il ne s’agit que d’une étape d’un long parcours.

Au bout du fil, Chantal Chartrand confirme que cette campagne (Nouvelle fenêtre) a permis d’amasser, jusqu’à maintenant, près de 344 000 $ depuis son lancement. Une partie de l’argent a déjà été retirée et placée dans des fonds pour les enfants, précise-t-elle.

Les donateurs se demandaient comment on utiliserait l’argent; cela a déjà été fait pour les enfants. Ce sont des placements à long terme. Le père a aussi pu accéder à des fonds immédiatement, avec la période de Noël qui arrivait, etc.

Quand nous arriverons à 350 000 $... Je continue de regarder s’il y a des gens qui donnent. Et si nous parvenons à 350 000 $, je vais demander au papa, par respect, si on décide de fermer la campagne. Après tout, cela demande quand même du temps, puisque je tiens à répondre aux gens qui font des dons, pour les remercier, ajoute-t-elle.

Mme Chartrand, qui est elle-même Autochtone – une Innue de Uashat mak Mani-utenam –, a été mise au courant du drame par la cousine de la victime. Ce couple-là a sept enfants, et ce n’est pas une famille qui est des plus fortunées… [La cousine] m’a expliqué l’histoire, et ça m’a tout de suite interpellée. Comme je suis moi-même Autochtone, ce drame qui touche la communauté m’a poussée à me demander comment je pourrais aider à ma façon.

Après avoir effectué une collecte de fonds immédiate pour payer les frais de la famille Echaquan, qui venait de Manawan pour être à Joliette lorsque le drame s'est produit, Mme Chartrand a suivi la famille pendant près de trois jours… la soirée de la visite, j’ai dormi dans mon véhicule, dans le stationnement du motel, pour être près de la famille.

Pour moi, c’était naturel d’aider, d’être là et d’écouter.

Chantal Chartrand

Mme Chartrand précise d’ailleurs que les fonds amassés dans le cadre de la campagne de sociofinancement ne sont pas politiques, ne sont pas pour payer les frais d’avocat… c’est pour payer les frais de la famille.

Régler un problème de fond

Outre le fait de combler les besoins financiers de la famille Echaquan, Mme Chartrand espère que le gouvernement du Québec prendra le taureau par les cornes pour combattre le racisme au sein de la société, y compris le système de santé.

Je sais que ce n’était pas la première fois que les Atikamekw étaient insatisfaits (du système de santé), qu’il y avait des propos racistes… Je suis un peu déçue que l’on ait juste déplacé le problème, dit-elle à propos du départ de Daniel Castonguay, l’ancien PDG du Centre intégré de santé et des services sociaux de Lanaudière. L'ex-fonctionnaire avait déclaré qu’il n’était pas au courant des problèmes de mauvais traitements et de propos racistes envers les membres de la communauté de Manawan, notamment à l’hôpital de Joliette.

On a peut-être déplacé le problème, mais ledit problème n’est pas réglé pareil.

L’affaire Echaquan continue aussi de faire son chemin du côté des autorités québécoises. Le Bureau du coroner doit se pencher sur la mort de la femme autochtone à partir du mois de mai. Une plainte pourrait ensuite être déposée contre l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, le cas échéant.

En attendant, la famille Echaquan, qui a retenu les services d’une firme d’avocats, ne souhaite pas faire davantage de commentaires.

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