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Il y a 35 ans, la navette Challenger explosait en plein vol

La navette Challenger en plein vol juste avant son explosion le 28 janvier 1986

La navette Challenger explose en plein vol le 28 janvier 1986.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 28 janvier 1986, ce qui devait être une mission banale pour la navette Challenger tourne à la catastrophe. L’engin spatial explose en plein vol, traumatisant l’opinion publique et mettant en relief des failles techniques, mais aussi administratives, à l’Agence spatiale américaine (NASA).

Du banal à l’horreur en 75 secondes

Depuis un quart de siècle que les Américains nous avaient habitués à des vols dans l’espace hautement sophistiqués, mais presque routiniers, l’horrible catastrophe de Challenger aujourd’hui nous ramène à une dimension des choses plus réaliste.

Bernard Derome

C’est par cette phrase que, le 28 janvier 1986, l’animateur Bernard Derome commence la couverture au Téléjournal de la plus importante tragédie de l’ère de l’exploration spatiale américaine.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Téléjournal, 28 janvier 1986

Plus tôt, à 11 heures 38 minutes, comme le confirme le reportage du journaliste Réal D’Amours, la navette Challenger décollait du centre spatial John F. Kennedy situé à Cape Canaveral, en Floride.

Challenger s’élançait avec deux heures de retard.

La nuit avait été froide en Floride. De la glace s’était formée sur la tour de lancement et à la base d’un des moteurs.

Il a fallu la faire fondre avant que l’engin spatial puisse prendre son envol.

À huit kilomètres au-dessus de la Terre, l’équipage de Challenger reçoit l’ordre de pousser les moteurs à pleins gaz.

Presque immédiatement, la navette, en direct devant les télévisions du monde entier, explose et se désintègre.

On déplore le décès des cinq hommes et des deux femmes qui composaient l’équipage de Challenger.

Une des victimes a cependant un profil qui diffère des autres.

Christa McAuliffe était la première civile à participer à une mission de toute l’histoire de la NASA.

Vive émotion

C’était une femme ordinaire qui voulait faire des choses extraordinaires.

Nancy Pick, journaliste au Concord Monitor

Le décès de l’institutrice de 37 ans provoque une très vive émotion au sein de la presse et de l’opinion publique américaines.

C’est particulièrement vrai dans la ville de Concord, au New Hampshire, où vivait Christa McAuliffe.

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Le Point, 30 janvier 1986

Le journaliste Pierre Devroede présente, le 30 janvier 1986, un reportage à l’émission Le Point qui recueille le bouleversement ressenti dans la capitale du New Hampshire et des témoignages d’appréciation envers l’enseignante.

L’émission est animée par Simon Durivage.

Une de ses plus proches amies parle de la volonté de Christa McAuliffe de voir ses élèves dépasser leurs limites.

Si le chagrin est particulièrement vif en ce qui concerne la disparition de Christa McAuliffe, c’est qu’elle symbolisait le rêve américain auquel aspire l’Américain moyen.

La NASA avait invité cette simple civile à participer à la grande aventure de l’exploration spatiale aux côtés de scientifiques et de militaires chevronnés.

L’émotion se mêlait également de frustration, voire de colère, envers la NASA.

C'est la journaliste Nancy Pick qui nous l'apprend.

Les élèves de Christa McAuliffe, profondément choqués par la catastrophe, ont remis à la bibliothèque de leur école les livres qu’ils avaient empruntés sur le programme spatial américain.

Les commentaires de Nancy Pick laissent aussi entendre que Christa McAuliffe a été sacrifiée par la NASA.

Elle n’avait pas le même niveau de préparation que les autres membres de l’équipage, croit la journaliste.

Un rapport accablant

Dans un temps très bref de cinq mois, une commission d’enquête présidentielle dépose son rapport sur l’explosion qui a détruit la navette Challenger.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Téléjournal, 9 juin 1986

L’animateur du Téléjournal du 9 juin 1986, Bernard Derome, et deux reportages des journalistes Francine Bastien et Charles Tisseyre confirment que les conclusions de l’enquête sont accablantes.

L’enquête, menée par l’ancien secrétaire d’État américain William Rogers, blâme sévèrement la NASA pour la tragédie de la navette Challenger.

Le responsable immédiat de l’accident est un joint d’étanchéité défectueux, comme le confirme William Rogers.

Mais au-delà cette défaillance technique, il existe une cause beaucoup plus profonde qui explique la catastrophe.

La NASA, conclut le président de la commission d’enquête dans son rapport, est gérée de manière lamentable.

La direction de la NASA, par exemple, a ignoré les multiples avertissements de ses propres ingénieurs qui croyaient vulnérables les joints d’étanchéité lorsqu’il faisait froid ou qu'il gelait.

Au total, la commission d’enquête exige des modifications à une quarantaine de systèmes qui souffrent de défaillances techniques.

Les experts et le rapport d’enquête montrent spécialement du doigt les moteurs.

Leur fragilité avait été observée et dénoncée lors de plusieurs missions et rendait presque inévitable une tragédie lors d’un prochain lancement.

Une autre recommandation est d’installer un système d’éjection pour les équipages de la navette Challenger.

Ce dispositif n’existait pas lors du vol du 28 janvier 1986.

Dans toute l'histoire de l'exploration spatiale, quatre cosmonautes russes et 17 astronautes américains sont morts lors de missions spatiales.

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