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COVID-19 : Québec pourrait alléger les restrictions dans l’Est-du-Québec

Un agent de la paix contrôle une automobile à La Pocatière, à la sortie 439 de l'autoroute 20.

Le printemps dernier, des barrages avaient été installés à l'entrée des régions de l'Est-du-Québec pour limiter l'entrée de gens provenant de l'extérieur de la région (archives).

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Radio-Canada

Québec songe à alléger les restrictions sanitaires dans certaines régions de la province où le nombre de cas de COVID-19 est moins élevé, « si la tendance se maintient ».

Le premier ministre François Legault affirme que son gouvernement prendra sa décision la semaine prochaine en prévision du 8 février, date où le couvre-feu doit se terminer. Il se dit conscient que l’évolution de la pandémie est très différente d’une région à une autre.

L’Est-du-Québec pourrait faire partie des régions visées par l'allégement des mesures, puisque les nouveaux cas de COVID-19 et le nombre d'hospitalisations y sont plus faibles qu’ailleurs dans la province.

Il y a encore des cas actifs dans toutes les régions du Québec. Il y a des régions où il y en a moins, il y a des régions où ça va mieux dans les hôpitaux, a affirmé François Legault.

Mardi, aucun nouveau cas de COVID-19 n'a été recensé sur la Côte-Nord et au Bas-Saint-Laurent, et un seul cas a été enregistré en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine. Malgré ces données encourageantes, il faut faire preuve de prudence, précise le premier ministre.

Il reste des dizaines, voire des centaines de cas actifs dans ces régions-là.

François Legault, premier ministre du Québec

Or, mardi, sur la Côte-Nord, six cas de COVID-19 sont toujours actifs, au Bas-Saint-Laurent, il y en a 24, tandis que 9 personnes sont toujours atteintes de la maladie en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

Le premier ministre Legault a cependant précisé que la COVID-19 ne sera pas le seul facteur pris en compte dans la décision du gouvernement. La pénurie de main-d’œuvre et la capacité des hôpitaux seront aussi évaluées.

Un travailleur de la santé s'apprête à entrer dans une zone chaude d'un hôpital.

Une zone chaude dans un hôpital (archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’Est-du-Québec demande des assouplissements

Sur la Côte-Nord, la députée de Duplessis, Lorraine Richard, souhaite que les Nord-Côtiers retrouvent en bonne partie de leurs libertés à partir du 8 février.

Selon elle, la situation sanitaire actuelle ne justifie pas que les autorités imposent à la Côte-Nord les mêmes restrictions qu'aux grands centres qui sont davantage touchés par la pandémie.

On a dû avoir un confinement total sans vraiment avoir les nombres significatifs ou les cas d'hospitalisation à la hausse pour avoir de telles mesures. Je souhaite qu'on regarde la réalité de notre terrain, indique Mme Richard.

Lorraine Richard lors d'une entrevue avec Radio-Canada.

La députée de Duplessis, Lorraine Richard (archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Dans le même ordre d'idée, le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier propose un système de seuil pour justifier aux résidents de sa région un potentiel reconfinement si les cas de COVID-19 devaient augmenter.

Ce qu'on souhaite, c'est de tenir en compte de la réalité sur le terrain. Ce que je demandais à la santé publique, c’est de mettre en place en place des seuils, que ce soit basé sur le taux de propagation ou le pourcentage d'occupation des lits pour la COVID.

Le maire de Sept-Îles dans son bureau.

Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

C’est aussi l’avis des membres de la Table régionale des élues et élus municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL). Dans un communiqué, ils indiquent s’attendre à un assouplissement des mesures sanitaires après le 8 février, si la situation sanitaire se maintient.

Le président de la Table et préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé, a également tenu à saluer les efforts de la population du Bas-Saint-Laurent, qui permettront peut-être d’alléger les consignes sanitaires.

Notre situation est très stable actuellement et c’est principalement attribuable au respect des mesures de prévention par les Bas-Laurentiens et à l’excellent travail du personnel de notre réseau de santé qui intervient efficacement en cas d’éclosion, dit-il.

Pour sa part, le directeur de la santé publique de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Yv Bonnier-Viger, estime qu’il faut tenir compte de la situation épidémiologique de chacune des régions pour établir les restrictions sanitaires, comme le permettait le système de paliers de couleurs. Il suggère également que les consignes associées à chacune des couleurs soient revues pour les rendre plus adaptées à l'évolution de la pandémie.

Yv Bonnier-Viger lors d'un entretien sur Skype.

Le directeur de la Santé publique pour la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, Yv Bonnier-Viger.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran Skype

Le retour des barrages?

Le gouvernement n’a pas non plus pris de décision concernant un possible retour des barrages routiers entre les régions du Québec, si les consignes sanitaires devaient être allégées dans certaines d’entre elles.

Le gouvernement affirme qu’il est difficile de limiter les déplacements non essentiels tout en permettant aux travailleurs de se déplacer d’une région à une autre.

De plus, si des policiers sont déployés pour réaliser des contrôles routiers, il en restera moins pour faire respecter les autres consignes en place.

On va voir ce qui est prioritaire comme surveillance à donner aux policiers.

François Legault, premier ministre du Québec

La proximité des régions avec les grands centres est un autre facteur qui pourrait être pris en considération dans la décision du gouvernement de fermer ou non les régions aux déplacements non essentiels.

À la lumière des impacts des barrages routiers mis en place lors de la première vague, la TREMBSL demande au gouvernement provincial de recommencer à contrôler les déplacements non essentiels entre les régions.

Michel Lagacé, maire de Saint-Cyprien et préfet de la MRC de Rivière-du-Loup

Michel Lagacé est préfet de la MRC de Rivière-du-Loup et président de la Table régionale des élu(e)s municipaux du Bas-Saint-Laurent (archives).

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

De son côté, le docteur Yv Bonnier-Viger, estime que pour que des barrages routiers entre les régions soient efficaces, ils doivent être très stricts. Il est d’avis que les barrages aléatoires sont suffisants pour dissuader les voyageurs de se déplacer sans raison essentielle.

Si on installe des barrages, il faut qu’ils soient étanches, dit-il. Je ne suis pas certain que l’investissement nécessaire pour faire ça en vaille la peine.

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