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Les 2 à 9 ans invités à porter le masque à Québec, mais pas à Lévis

Le réseau de la santé n'a pas les mêmes façons de faire dans toutes les régions

Une personne porte un masque pour se protéger de la COVID-19.

Une nouvelle recommandation de l'INSPQ est appliquée de manière variable dans les établissements de santé.

Photo : iStock

Une nouvelle recommandation concernant le port du masque pour les enfants est appliquée de manière variable dans le réseau de la santé au Québec. Dans la Capitale-Nationale, plusieurs établissements demandent maintenant aux 2 à 9 ans de le porter tandis que juste de l’autre côté du fleuve, dans Chaudière-Appalaches, ce n’est pas le cas.

Depuis la semaine dernière, le CIUSSS de la Capitale-Nationale a une nouvelle mesure de prévention de la COVID-19. Dès qu’un enfant de moins de 10 ans met les pieds dans un de ses établissements, un masque pédiatrique jetable est remis à son parent.

Le port du masque est alors recommandé pour l’enfant, sauf s’il ne le tolère pas ou s’il correspond à certains critères d’exclusion, comme s’il est atteint d’un trouble du spectre de l’autisme.

Or, la mère d’un enfant de 4 ans avec des besoins spéciaux a été prise de court il y a quelques jours, lorsqu’elle s’est présentée dans un établissement du CIUSSS pour le suivi de son enfant en physiothérapie.

Sous le couvert de l’anonymat, afin de conserver de bonnes relations avec l’établissement, la mère raconte que le gardien à l’entrée exigeait que son enfant porte le masque, alors qu’il en est incapable en raison de son retard de développement.

J’ai pris un masque et j’ai essayé, mais il n’y avait aucun moyen qu’il porte un masque! [...] Mettre un masque, ça suppose de ne plus le toucher après. Comment on peut demander ça à un enfant de quatre ans avec des besoins particuliers?

La mère d'un enfant qui s'est confiée à Radio-Canada sous le couvert de l'anonymat

Pour le traitement de physiothérapie, il a été convenu que son enfant pouvait retirer le masque. La mère reconnaît que lors du rendez-vous suivant, la même fermeté n’a pas été appliquée à l’entrée de l’établissement.

Elle remet néanmoins en question cette nouvelle pratique au CIUSSS de la Capitale-Nationale. À part créer des frais pour acquérir tous ces masques, je ne sais pas à quoi ça va servir! lance-t-elle.

Géométrie variable

Le CIUSSS a décliné notre demande d’entrevue. Par courriel, le porte-parole Mathieu Boivin explique que la mesure découle d’une nouvelle recommandation faite par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), début janvier.

M. Boivin assure que le port du masque est laissé à la gouverne du parent. Si l‘enfant n’est pas en mesure de le tolérer, une certaine souplesse devrait être possible, écrit-il.

Il est important de souligner que le fait de ne pas pouvoir porter le masque ne vient en aucun cas compromettre la prestation de services ou la réalisation de la thérapie.

Mathieu Boivin, porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale

Néanmoins, les autres établissements de santé dans la région ont visiblement choisi de faire les choses de façon différente.

De l’autre côté du fleuve, au CISSS de Chaudière-Appalaches, on ne fait pas la promotion du port du masque chez les 2 à 9 ans qui fréquentent les milieux de soins.

La porte-parole Mireille Gaudreault confirme que des masques pédiatriques sont bel et bien disponibles, mais qu’ils sont offerts aux parents qui en font la demande.

Quant au CHU de Québec, qui gère cinq hôpitaux dont le Centre mère-enfant, on affirme ne pas avoir véritablement changé les façons de faire en place depuis des mois.

Le CHU de Québec applique la recommandation de l'INSPQ de façon moins stricte.

Le CHU de Québec applique la recommandation de l'INSPQ de façon moins stricte.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

Le porte-parole Bryan Gélinas explique que des masques étaient déjà remis aux usagers dans les unités de soins. Des masques pour enfants sont aussi disponibles et sont remis aux parents, mais le CHU n’insiste pas pour qu’ils soient portés.

Des accrochages

L’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec dit avoir été mis au courant que des tensions sont survenues au cours des derniers jours entre certains parents, cliniciens et établissements de santé.

On sait qu'il y a des zones où il y a un peu plus de permissivité, il y en a d'autres où il y en a un peu moins, mais ça se trouve à être quand même balisé , résume le président de l’Ordre, Denis Pelletier.

Il suffit de trouver un terrain d'entente et généralement, on réussit à trouver une zone où le confort de l'un et de l'autre est acquis.

Denis Pelletier, président de l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec

M. Pelletier indique que la compréhension de cette mesure varie grandement entre un enfant de 2 ans et un autre de 9 ans, mais il affirme que c’est une question de bon jugement pour les cliniciens qui doivent les traiter.

Denis Pelletier, président de l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec, en entrevue Facetime avec Radio-Canada

Denis Pelletier, président de l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec, en entrevue Facetime avec Radio-Canada

Photo : Facetime / Capture d'écran

Pas une obligation

Contacté par Radio-Canada, l’INSPQ confirme que le port du masque médical jetable est recommandé dans tous les milieux de soins depuis le 8 janvier dernier.

Cela vaut pour les usagers de tous les âges, qu’ils soient atteints de la COVID-19 ou non, en fonction de la tolérance de chacun. Le Dr Jasmin Villeneuve, médecin-conseil à l’INSPQ, rappelle qu’il s’agit d’une simple recommandation.

Ce n'est pas une obligation, [ça n'a] pas force de loi.

Dr Jasmin Villeneuve, médecin-conseil à l'INSPQ pour le dossier des infections nosocomiales

Il appartient donc aux établissements d’expliquer pourquoi et comment ils appliquent cette recommandation, dit-il.

M. Villeneuve indique que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) aurait le pouvoir de transformer cette recommandation en obligation.

Un homme sur un écran

Le Dr Jasmin Villeneuve, médecin-conseil à l'INSPQ, en entrevue sur Skype avec Radio-Canada

Photo : Skype / Capture d'écran

Par courriel, le porte-parole du MSSS Robert Maranda confirme qu’aucune directive spécifique n’a été envoyée aux établissements en ce sens [et que] les établissements sont libres d’appliquer les recommandations ou non.

M. Maranda dit d’ailleurs ne pas savoir quels établissements à travers le Québec ont appliqué cette recommandation. Pour le savoir, il faudrait les contacter individuellement, indique-t-il.

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