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Pas de chèque en blanc pour CBC, demande un syndicat de journalistes

La nouvelle Maison de Radio-Canada.

La Guilde des médias du Canada demande à CBC/Radio-Canada d'améliorer la diversité dans ses rangs.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude.Taliana

Le syndicat représentant la majorité des journalistes de CBC/Radio-Canada, à l'extérieur du Québec et de Moncton, demande au CRTC de ne pas accepter la demande du diffuseur public d'obtenir plus de flexibilité.

Nous vous exhortons à ne pas donner un chèque en blanc au diffuseur public [...] si vous le faites, ça pourrait vouloir dire la fin des émissions de nouvelles locales, a lancé Kim Trynacity, présidente de la Guilde canadienne des médias (GCM) pour CBC, lors de cette douzième journée d'audiences devant le CRTC.

Les nouvelles régionales seront-elles remplacées par des Facebook en direct ou des listes de top 10?, a-t-elle ajouté.

Elle a rappelé que, pendant la pandémie, CBC a suspendu temporairement ses bulletins de nouvelles locales à la télé.

La GCM veut donc que le CRTC maintienne les obligations actuelles de licences de CBC/Radio-Canada en matière de programmation de nouvelles locales à la télévision et à la radio.

Elle a aussi demandé à CBC/Radio-Canada d'améliorer la diversité dans ses rangs, tant en ce qui concerne l'embauche et la rétention que la promotion des groupes de minorités visibles et des Autochtones.

La direction de CBC/Radio-Canada reconnaissait, il y a deux semaines, avoir encore du chemin à faire.

Tandem : ça va trop loin

La GCM a joint sa voix à celle du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Radio-Canada pour s'opposer au service de publicité Tandem.

La GCM déplore que le diffuseur public ait lancé ce programme pour créer du contenu qui ressemble à de vraies nouvelles.

C'est mauvais, a indiqué Mme Trynacity. En cette ère de désinformation croissante, c'est un choix déconcertant.

Elle a tenu à rappeler que la GCM ne s'oppose pas à la publicité sur les ondes de CBC/Radio-Canada, parce qu'elle permet au diffuseur public de garder la tête hors de l'eau. Par contre, Tandem va trop loin, a-t-elle affirmé.

Ne pas oublier les aînés

La demande de CBC de réduire ses heures de programmation originale à la télé conventionnelle fera mal à nos membres, a déploré Trish McAuliffe, de la Fédération nationale des retraités.

Plusieurs aînés sont technophiles et utilisent Internet [...], mais ils l'utilisent moins que d'autres groupes plus jeunes et peuvent avoir de la difficulté à faire le saut vers le numérique seulement, a-t-elle expliqué.

Mme McAuliffe a aussi rappelé que plusieurs retraités vivent avec un revenu fixe, ce qui rend difficile l'accès à des forfaits Internet plus chers avec une vitesse de téléchargement suffisante pour accéder aux contenus sur les plateformes de diffusion en ligne, comme GEM ou Tou.tv.

La Fédération témoignait avec le Centre pour la défense de l'intérêt public qui a plaidé pour que le CRTC renouvelle les licences du diffuseur, mais uniquement pour deux ans et non cinq comme le demande CBC/Radio-Canada.

Cela permettra au Parlement d'adopter le projet de loi C-10 qui donnera au CRTC le pouvoir de réglementer les plateformes numériques.

Le Centre soutient que le virage numérique ajoute de la pression sur CBC et que ses dirigeants s'égarent, notamment en demandant de réduire ses obligations de production, a expliqué John Lawford du Centre pour la défense de l'intérêt public.

Il explique que CBC compte dépenser plus d'un milliard de dollars d'ici 2023 dans les services numériques, mais prévoit obtenir des gains de seulement 228,5 millions de dollars.

Si c'était une compagnie privée, vous leur diriez : vous prenez un plongeon risqué vers le numérique, oui c'est le futur, mais ne perdez pas près de 800 millions pour le faire, trouvez une autre façon de faire ce virage, a dit M. Lawford.

Il craint que ces prévisions ne se traduisent par des compressions majeures, notamment s'il devait y avoir un changement de gouvernement.

CBC a un rôle à jouer dans la réconciliation

La maison de production autochtone Eagle Vision a expliqué au CRTC que le diffuseur public doit s'excuser pour le rôle qu'il a joué dans la propagation de désinformation au sujet des pensionnats autochtones.

Lisa Meeches, fondatrice de la maison de production, a affirmé que certains des reportages produits dans les années 50 et 60 sont toujours offerts dans les archives de CBC pour consultation sans aucune mise en garde ni excuse.

CBC ne s'est toujours pas excusée pour son rôle dans la production et la distribution de ces contenus, a-t-elle déploré. La réconciliation requiert que l'on reconnaisse les erreurs du passé. Il est grand temps que CBC s'excuse pour son rôle dans le génocide.

En juin 2015, la Commission de vérité et réconciliation du Canada avait conclu que les pensionnats autochtones avaient été l'outil central d'un génocide culturel à l'égard des Premières Nations.

Mme Meeches croit qu'un travail de réconciliation doit aussi avoir lieu en ce qui a trait au rôle de CBC dans ses reportages injustes au sujet du génocide contre les femmes et les filles autochtones assassinées et disparues.

Elle rappelle que l'une des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation était d'augmenter le financement du diffuseur public pour qu'il bonifie sa programmation autochtone tout en offrant des postes importants aux membres des Premières Nations.

Eagle Vision a demandé au CRTC d'obliger CBC à dépenser au moins 8 % de ses budgets de programmation et de développement en contenu autochtone. La compagnie de production veut aussi s'assurer que les postes créatifs dans ces productions soient occupés par des Autochtones.

Francophonie : Le temps des "attentes" est révolu

La Fédération culturelle canadienne-française a pour sa part réitéré certaines demandes qui ont été formulées la semaine dernière par les groupes francophones en situation minoritaire : leur offrir un meilleur reflet à l'antenne nationale aux heures de grande écoute.

Le temps des "attentes" et des "encouragements" est révolu pour les communautés francophones en situation minoritaire, a affirmé le président de la Fédération culturelle canadienne-française, Martin Théberge.

Ils demandent à Radio-Canada d'accroître la capacité régionale de générer une information locale de qualité et de multiplier les partenariats avec nos producteurs, artisans et travailleurs culturels sur le terrain.

Plus concrètement, cette proposition se traduirait par une demande au CRTC d'imposer une condition de licence à Radio-Canada : que le diffuseur public consacre au moins 9 % des dépenses totales d’émissions indépendantes du réseau et des plateformes à des émissions indépendantes réalisées par des producteurs basés hors Québec.

Où sont les enfants?

Dans un plaidoyer passionné, Michel Delorme, le directeur d'Atelier Radio Enfant et fondateur de l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires, a plaidé pour mettre fin à une discrimination systémique contre les enfants à la radio au pays.

Les enfants sont très mal servis par la radio au Canada, a-t-il affirmé. La radio est complètement orientée vers les adultes, sans aucune considération des besoins et des goûts des plus jeunes. C’est le silence absolu des enfants à la radio au Canada.

Il juge que l'offre proposée par Radio-Canada, comme MAJ, est complètement insuffisante.

Tout ce que les enfants font, on ne les entend pas à la radio, a-t-il déclaré.

Il croit que Radio-Canada pourrait aider avec la production et la transmission des émissions par et pour les enfants.

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