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Procès de Michel Venne : la défense s'attaque à la crédibilité de la plaignante

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Michel Venne marche dans un couloir du palais de justice de Québec.

Michel Venne au palais de justice de Québec

Photo : Radio-Canada

Les avocats de Michel Venne se sont attaqués à la crédibilité de la plaignante, qui a été contre-interrogée mardi, en affirmant entre autres qu'elle avait tronqué un enregistrement d'une discussion avec Lise Payette présenté à la police.

L'ex-journaliste Michel Venne est accusé de lui avoir fait des attouchements en 2008, alors qu'il était son patron.

Quelques années après les gestes allégués, l'ex-ministre Lise Payette a invité chez elle la présumée victime pour lui demander de signer une lettre qui disculpe Michel Venne.

La plaignante s'est exécutée, avant de regretter son geste, pour finalement téléphoner à Lise Payette en 2017. L'enregistrement de cette conversation a été présenté mardi devant le tribunal.

Extrait

Les avocats de Michel Venne veulent faire exclure de la preuve cet enregistrement, dans lequel Mme Payette suggère à la plaignante de ne pas porter plainte.

Ils reprochent à la jeune femme d'avoir manipulé le document audio.

La première version transmise à la police durait un peu plus de 11 minutes. Lors de l'enquête préliminaire, la plaignante a expliqué avoir coupé le début et la fin de la conversation.

La défense a cependant demandé d'obtenir la version complète, qui dure 22 minutes.

Les avocats de Michel Venne ont découvert que la plaignante avait apporté une quinzaine de modifications au total. Un passage où Lise Payette affirme que c'est la plaignante elle-même qui a rédigé la lettre a notamment été supprimé.

Hier, la présumée victime a témoigné que c'était plutôt l'ex-ministre qui lui avait dicté quoi écrire.

La présumée victime s'effondre en larmes

La jeune femme a éclaté en sanglots en se remémorant sa rencontre avec Lise Payette.

C'était assez spectaculaire que la ministre de la Condition féminine me dise de ne pas porter plainte, a souligné la plaignante lors de son contre-interrogatoire mardi.

Lise Payette sur le plateau de <i>Tout le monde en parle </i>en 2016.

Lise Payette sur le plateau de Tout le monde en parle en 2016

Photo : Radio-Canada/Karine Dufour

L'avocate de Michel Venne, Me Lida Sara Nouraie, insiste beaucoup sur les échanges entre la plaignante et Lise Payette.

« Un monument historique »

Lors de la rencontre, la présumée victime n'a pas expliqué à Mme Payette comment Michel Venne aurait mis sa main sur sa hanche avant de l'approcher de son sexe.

Il aurait fait ce geste alors qu'il était en situation d'autorité par rapport à l'adolescente de 17 ans, à l'été 2008.

La présumée victime s'est dite intimidée par sa rencontre avec un monument historique.

Lise Payette a alors abordé avec elle des rumeurs concernant son ami et invité la présumée victime à signer une lettre pour le disculper.

C'est au moment d'indiquer dans quel contexte elle a signé la lettre, dictée par Lise Payette, que la plaignante a perdu sa contenance.

Je me suis dit, crisse, pourquoi il a fait ça? s'est rappelée la jeune femme, en pleurs.

Elle raconte que Lise Payette l'a implorée de penser à la femme et aux enfants de l'ex-journaliste.

Je me suis dit, fuck, je ne veux pas faire de tort à sa famille, avant de signer la lettre à contrecœur.

Elle s'en veut aujourd'hui d'avoir plié sous les arguments de Lise Payette.

Je n'aurais pas dû la signer, la maudite lettre, a lâché la présumée victime durant le contre-interrogatoire.

Le contre-interrogatoire de la présumée victime devrait se poursuivre jusqu'à mercredi.

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